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#Cancer#Vaccination papillomavirus#Institut privé de Radiothérapie de Metz

20/07/2026

Rôle des HPV dans le développement des cancers des sinus

Les papillomavirus humains (HPV) sont impliqués dans une partie des cancers ORL, notamment le . Leur implication dans les cancers des sinus et des fosses nasales est moins fréquente. Elle concerne surtout certains sous-types tumoraux avec des mécanismes qui sont encore en cours d’analyse, et une expression qui peut varier selon les localisations. Dans ces tumeurs rares, le HPV n’est en effet pas systématique et il ne s’agit pas d’une cause isolée. Il fait partie d’un ensemble de facteurs et son rôle dépend du type histologique et du contexte tumoral. 

Rôle des HPV dans le développement des cancers sinausaux

HPV et cancers des sinus paranasaux

Les cancers des sinus paranasaux représentent moins de 3 % des cancers ORL (InfoCancer). Ils regroupent plusieurs types : le carcinome épidermoïde est le plus courant mais on rencontre aussi des adénocarcinomes ou des formes plus rares. L'implication du virus HPV concerne principalement le carcinome épidermoïde non kératinisant, dont les sont plus souvent associées à des infections par des HPV à haut risque oncogène. Dans les formes kératinisantes, ce lien n'est pas toujours présent car d'autres facteurs sont plus souvent impliqués, notamment le tabac et les expositions professionnelles — à la différence du HPV à haut risque impliqué dans la . Un autre facteur potentiel est la transformation maligne du papillome inversé. Il s'agit d'une naso-sinusienne — dont la distinction avec les formes malignes est essentielle — capable d'évoluer en carcinome épidermoïde dont certaines formes sont associées au HPV.

Prévalence du HPV dans les cancers des sinus

La prévalence du HPV dans les cancers des sinus varie selon les études avec des écarts qui sont liés aux techniques de détection. Une méta-analyse regroupant plus de 1400 cas estime cette prévalence à environ 25,5 % dans les carcinomes épidermoïdes naso-sinusiens (Pang et al., 2021). Une analyse plus récente retrouve une proportion proche, avec environ un tiers des tumeurs en relation avec des HPV oncogènes (Henrion et al., 2025). Mais ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. La détection d'ADN viral seule ne suffit pas à conclure à un rôle oncogène : elle ne permet pas de distinguer une infection transitoire d'une infection active. Les approches combinant ADN, ARNm E6/E7 et marqueurs cellulaires donnent des estimations plus basses mais plus fiables. La localisation joue aussi : les cavités les plus exposées aux flux aériens (fosse nasale, ethmoïde) ont des taux nettement supérieurs aux sinus plus profonds. Le HPV est plus fréquent dans ces zones probablement parce qu’elles sont plus exposées aux sécrétions, mais le mécanisme exact n’est pas clairement identifié.

Prévalence du HPV dans les cancers naso-sinusiens

Population / ContextePrévalence HPVRéférence
Carcinomes épidermoïdes naso-sinusiens~25,5 %Pang et al., 2021 (>1400 cas)
Tumeurs liées à HPV oncogènes~1/3 des casHenrion et al., 2025
Papillomes naso-sinusiens~60 %Goldman-Lévy et al. (35 cas)
Papillomes avec transformation maligne~80 %Goldman-Lévy et al.
Cancers des sinus / total cancers ORL< 3 %InfoCancer

 

Papillomes naso-sinusiens et HPV

Les papillomes naso-sinusiens sont une forme à part. Pour ces lésions, la présence du HPV est fréquente mais pas systématique. Dans une série de 35 cas, le virus était retrouvé dans 60 % des papillomes (Goldman-Lévy et al.) avec une prédominance des génotypes de bas risque, en particulier les types 6 et 11. Des HPV à haut risque, comme les types 16 et 18, étaient également identifiés mais en proportion plus faible. En évoluant, le lien devient plus marqué. Parmi les formes ayant présenté une transformation maligne, le HPV était en effet détecté dans 80 % des cas. Cette fréquence suggère un rôle possible dans la progression tumorale. Néanmoins, certains papillomes ne contiennent aucun HPV. Des lésions négatives peuvent évoluer vers un carcinome. Une autre hypothèse est parfois avancée : le virus pourrait intervenir tôt dans le processus tumoral puis devenir indétectable. Un mécanisme transitoire, évoqué sous le terme de hit-and-run, qui rend l’interprétation encore plus complexe.

Diagnostic des cancers des sinus et HPV

Le diagnostic des cancers des sinus se déroule en plusieurs étapes : l’examen clinique, l’endoscopie nasale, l’imagerie et la biopsie. En ce qui concerne l’évaluation du statut HPV tumoral, la détection d’ADN viral seule ne permet pas de conclure à un rôle oncogène. Les stratégies actuelles reposent donc sur une combinaison d’analyses :

  • Détection de l’ADN viral
  • Mise en évidence d’une activité virale (ARN E6/E7)
  • Marqueurs indirects comme la p16

Dans les cancers naso-sinusiens, la p16 ne constitue pas un marqueur suffisant à elle seule. Des discordances sont évoquées entre p16 et la présence réelle d’HPV oncogène. Lors de la prise en charge à l’Institut Privé de Radiothérapie de Metz, le statut HPV est interprété en lien avec la totalité du bilan et notamment les données histologiques et l’extension tumorale.

 

Stratégie diagnostique du statut HPV dans les cancers des sinus

ÉtapeMéthodeLimite ou remarque
1Examen clinique et endoscopie nasalePremière orientation diagnostique
2Imagerie (scanner / IRM)Évaluation de l’extension tumorale
3BiopsieAnalyse histologique indispensable
4Détection ADN viralSeule insuffisante pour conclure
5Mise en évidence ARNm E6/E7Confirme une activité virale active
6Marqueur p16Non suffisant seul / discordances possibles
7Combinaison ADN + ARNm + p16Estimation plus fiable du statut HPV

Quel est le traitement du cancer des sinus en cas de HPV ?

À ce jour, les traitements des cancers des sinus peuvent comprendre une chirurgie, une radiothérapie et, selon les cas, une dont il existe plusieurs types selon les protocoles. Ces stratégies thérapeutiques, notamment la concomitantes, ne sont pas établies en fonction du statut HPV. Le statut HPV est actuellement seulement étudié comme biomarqueur potentiel notamment dans les carcinomes épidermoïdes non kératinisants. Il constitue donc un élément d’analyse supplémentaire, mais ne suffit pas à lui seul à orienter le pronostic ou la stratégie de traitement.

HPV et pronostic des cancers des sinus

Le pronostic des cancers des sinus associés au HPV est toujours en cours de discussion. Certaines études ne montrent pas de différence significative de survie entre des tumeurs HPV positives et négatives. D’autres suggèrent des variations selon les sous-groupes, mais sans consensus à ce stade. Les éléments déterminants sont le stade tumoral, l’extension locale et les possibilités de traitement.

 

Références bibliographiques

  • Lee RH, van Zante A, Goldschmidt E et al.. "HPV-associated Sinonasal Squamous Cell Carcinoma.". J Neurol Surg Rep. 2025. 86(1):e1-e3.
  • de Paiva JPG, Roldán DG, de Oliveira Vasconcelos RA et al.. "Clinicopathological Profile of HPV-related Multiphenotypic Sinonasal Carcinoma: A Systematic Review.". Head Neck Pathol. 2025. 19(1):94.
  • Cohen E, Coviello C, Menaker S et al.. "P16 and human papillomavirus in sinonasal squamous cell carcinoma.". Head Neck. 2020. 42(8):2021-2029.
  • Samir K. El‐Mofty, Danielle W. Lu. "Prevalence of High-Risk Human Papillomavirus DNA in Nonkeratinizing (Cylindrical Cell) Carcinoma of the Sinonasal Tract". The American Journal of Surgical Pathology. 2005.

Questions fréquentes sur la vaccination HPV et le cancer des sinus

Le HPV peut-il causer un cancer des sinus ?

Oui, le HPV peut être impliqué dans certains cancers des sinus, mais il n'en est pas la cause unique. Il concerne principalement le carcinome épidermoïde non kératinisant des sinus paranasaux. D'autres facteurs jouent un rôle important : tabac, expositions professionnelles au bois, au cuir, au nickel ou à l'amiante. Le HPV est détecté dans environ 25 à 33 % des carcinomes épidermoïdes naso-sinusiens selon les études.

Quelle est la prévalence du HPV dans les cancers des sinus ?

La prévalence du HPV dans les cancers des sinus est estimée à environ 25,5 % dans les carcinomes épidermoïdes naso-sinusiens, selon une méta-analyse portant sur plus de 1400 cas. Des analyses récentes suggèrent qu'environ un tiers des tumeurs seraient liées à des HPV oncogènes. Ces chiffres varient selon les techniques de détection utilisées et la localisation anatomique des tumeurs.

Quels types de HPV sont associés aux cancers des sinus ?

Les cancers des sinus sont principalement associés aux HPV à haut risque oncogène, notamment les types 16 et 18. Dans les papillomes naso-sinusiens, on retrouve également des HPV de bas risque comme les types 6 et 11. Les HPV à haut risque sont davantage impliqués dans les formes ayant évolué vers un carcinome, détectés dans environ 80 % des cas de transformation maligne.

Le HPV est-il lié aux papillomes naso-sinusiens ?

Oui, le HPV est fréquemment associé aux papillomes naso-sinusiens, mais pas de façon systématique. Le virus est retrouvé dans environ 60 % des cas. Parmi les papillomes ayant évolué vers un carcinome, le HPV est détecté dans 80 % des cas, ce qui suggère un rôle possible dans la progression tumorale. Certains papillomes restent néanmoins HPV négatifs et peuvent tout de même évoluer vers un cancer.

Comment diagnostiquer la présence du HPV dans un cancer des sinus ?

Le diagnostic du statut HPV dans les cancers des sinus repose sur une combinaison d'analyses : détection de l'ADN viral, mise en évidence d'une activité virale par l'ARN E6/E7, et marqueurs indirects comme la p16. La détection d'ADN seule ne suffit pas à confirmer un rôle oncogène. Dans les tumeurs naso-sinusiennes, la p16 seule n'est pas un marqueur fiable en raison de possibles discordances avec la présence réelle du HPV.

Le statut HPV influence-t-il le traitement du cancer des sinus ?

Non, le statut HPV n'oriente pas actuellement les décisions thérapeutiques pour les cancers des sinus. Le traitement peut comprendre une chirurgie, une radiothérapie et une chimiothérapie selon les cas, indépendamment du statut HPV. Ce dernier est étudié comme biomarqueur potentiel, notamment dans les carcinomes épidermoïdes non kératinisants, mais il ne suffit pas à lui seul à guider le pronostic ou la stratégie de traitement.

Le HPV améliore-t-il le pronostic d'un cancer des sinus ?

Le lien entre HPV et pronostic des cancers des sinus n'est pas établi. Contrairement aux cancers oropharyngés HPV positifs, qui bénéficient d'un pronostic généralement meilleur, les études sur les cancers des sinus ne montrent pas de consensus. Certaines ne retrouvent pas de différence significative de survie entre tumeurs HPV positives et négatives. Les facteurs pronostiques déterminants restent le stade tumoral, l'extension locale et les possibilités de traitement.

Les cancers des sinus sont-ils fréquents ?

Non, les cancers des sinus paranasaux sont des tumeurs rares. Ils représentent moins de 3 % de l'ensemble des cancers ORL. Plusieurs types histologiques existent : le carcinome épidermoïde est le plus courant, mais on rencontre aussi des adénocarcinomes et des formes plus rares. Leur rareté rend difficile la réalisation de grandes études cliniques, ce qui explique en partie les incertitudes persistantes sur le rôle exact du HPV dans ces tumeurs.

Article écrit le 20/07/2026, vérifié par L'équipe médicale de l'Institut Privé de Radiothérapie de Metz - IPRM