Différences entre cancer de l’endomètre et hyperplasie endométriale atypique
Une anomalie de l’endomètre peut être découverte dans des contextes très variés comme un saignement inhabituel, des règles qui changent, ou même au cours d’une exploration réalisée pour une autre raison. L’analyse du prélèvement permet alors de distinguer deux atteintes différentes : une hyperplasie endométriale atypique (ou lésion précancéreuse de l’endomètre) ou un cancer de l’endomètre. En France, le cancer du corps de l’utérus concerne 8 224 femmes chaque année (INCa).
Certaines tumeurs évoluent progressivement à partir de lésions précancéreuses, mais ce n’est pas toujours le cas.

Lésion précancéreuse de l’endomètre : qu’est-ce qu’une hyperplasie atypique ?
L’hyperplasie endométriale correspond à un épaississement anormal de la muqueuse de l’utérus. Elle regroupe plusieurs formes qui diffèrent selon l’aspect des cellules et l’organisation du tissu :
- Les hyperplasies sans atypies (dites simples ou complexes) traduisent une stimulation hormonale excessive. Les cellules conservent un aspect proche de la normale et le risque de transformation cancéreuse reste faible.
- L’hyperplasie endométriale atypique, en revanche, associe une prolifération glandulaire à de véritables anomalies cellulaires. L’architecture du tissu est désorganisée, les noyaux sont atypiques et sans infiltration des tissus de soutien. C’est cette forme qui est considérée comme une lésion précancéreuse.
Dans certaines classifications, l’hyperplasie atypique est désignée sous le terme de néoplasie intra-épithéliale endométriale (EIN). Les deux termes décrivent en fait la même atteinte et correspondent aux formes qui présentent le potentiel évolutif le plus élevé. Elle est plus fréquemment diagnostiquée chez des femmes ménopausées, mais peut également être observée plus tôt, notamment chez des patientes présentant certains facteurs de risque :
- Obésité ou diabète,
- Cycles anovulatoires chroniques ou syndrome des ovaires polykystiques,
- Certaines tumeurs ovariennes sécrétrices d’œstrogènes,
- Des prédispositions génétiques associées au cancer de l’endomètre, comme le syndrome de Lynch,
À savoir L’hyperplasie atypique n’est pas un cancer. Il s’agit cependant d’une anomalie cellulaire qui nécessite une prise en charge ou une surveillance en raison de son potentiel évolutif.
Comment différencier un cancer de l’endomètre d’une hyperplasie ?
Sur le plan clinique, la distinction est souvent délicate. Les deux atteintes peuvent se manifester par des symptômes proches ce qui explique pourquoi l’examen clinique et l’imagerie ne suffisent pas à trancher. Les signes les plus fréquemment observés dans les deux types de lésions sont :
- Un saignement utérin anormal après la ménopause ou entre les règles
- Des règles plus abondantes ou irrégulières
- Des pertes vaginales inhabituelles
Comment l’hyperplasie endométriale atypique est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic repose essentiellement sur l’analyse du prélèvement biopsie de l’endomètre. Il peut être réalisé en consultation, lors d’une hystéroscopie ou par curetage lorsque le prélèvement initial est insuffisant. L’échographie peut montrer un endomètre épaissi, mais elle ne permet pas de connaitre la nature de la lésion. Seule l’analyse anatomopathologique permet de distinguer une hyperplasie bénigne, une hyperplasie atypique ou un cancer de l’endomètre.
Une hyperplasie atypique reste limitée à la muqueuse endométriale. Le cancer apparaît lorsque les cellules franchissent la membrane basale et infiltrent le stroma. Ce franchissement marque le passage à une forme invasive. Les circonstances de découverte sont variées. Chez certaines femmes, il s’agit de saignements anormaux, mais chez d’autres, la lésion est identifiée lors d’un bilan d’infertilité ou de troubles du cycle. Après la ménopause, tout saignement doit motiver une consultation médicale.
Comment peut-on traiter une hyperplasie de l’endomètre ?
Lorsque le diagnostic d’hyperplasie atypique est confirmé, le traitement de référence est l’hystérectomie car elle permet de supprimer le risque d’évolution vers un cancer. Cette option est privilégiée chez les femmes ménopausées ou celles qui ne souhaitent plus de grossesse. Mais chez certaines femmes plus jeunes, une prise en charge conservatrice peut être discutée.
Elle repose sur un traitement par progestatifs dans certaines situations spécifiques (lésion limitée à l’endomètre, absence de signe invasif, possibilité d’un suivi étroit…). Des biopsies régulières sont alors nécessaires pour surveiller l’évolution de la muqueuse.
Quel traitement en cas de cancer de l’endomètre ?
Lorsque le cancer de l’endomètre est confirmé, la chirurgie constitue la base du traitement si l’état général de la patiente le permet. Selon les caractéristiques de la tumeur, l’intervention peut être associée à des prélèvements ganglionnaires pelviens et para-aortiques, afin de préciser l’extension de la maladie.
Les résultats anatomopathologiques vont ensuite orienter les traitements complémentaires. Une radiothérapie externe ou une curiethérapie peut être proposée pour réduire le risque de récidive locale. Dans ce cadre, le Centre de cancérologie Les Dentellières intervient dans la prise en charge des patientes qui nécessitent un traitement par irradiation, avec des techniques adaptées aux volumes à traiter.
Dans les formes plus avancées, une chimiothérapie ou une hormonothérapie peut être envisagée selon les caractéristiques de la tumeur.
Questions fréquentes sur les différences entre un cancer de l’endomètre et une hyperplasie atypique
Quels sont les premiers signes de cancer de l’utérus (cancer de l’endomètre) ?
Le signe le plus d’un cancer de l’utérus fréquent est le saignement utérin anormal. Après la ménopause, un épisode isolé suffit à justifier une consultation. Avant la ménopause, des règles inhabituelles ou des pertes entre les cycles peuvent révéler une anomalie endométriale.
Quels sont les symptômes principaux d’une hyperplasie endométriale ?
Ils sont proches de ceux d’un cancer débutant : saignements irréguliers, règles plus abondantes, parfois aucun symptôme pendant une longue période.
L’hyperplasie atypique peut-elle disparaître spontanément ?
Une régression est parfois observée lorsque le déséquilibre hormonal se corrige, mais elle n’est pas considérée comme fiable. Une hyperplasie atypique nécessite toujours une évaluation médicale et un suivi.
Toutes les hyperplasies atypiques évoluent-elles en cancer de l’endomètre ?
Non. Toutefois, environ 30 % des hyperplasies atypiques non traitées évoluent vers un cancer, ce qui justifie une prise en charge adaptée dès le diagnostic.
Article écrit le 19/02/2026, vérifié par l'équipe oncologie des Dentellières
