Le cancer de la prostate est un des cancers masculins les plus fréquents en France et dans le monde. Bien que la chimiothérapie fasse partie de l’arsenal thérapeutique traditionnellement utilisé dans la lutte contre la plupart des cancers, elle est rarement administrée dans le contexte d’un cancer de la prostate.

Pour cause, la chimiothérapie permet avant tout d’éviter les récidives en éliminant les cellules cancéreuses qui pourraient s'être disséminées dans l’organisme.

Or, le cancer de la prostate a la particularité d’évoluer lentement et de ne se métastaser que très rarement. Il est habituellement diagnostiqué à un stade précoce de son évolution, ce qui fait de lui un cancer a très bon pronostic.

traitement chimiothérapie prostate

La chimiothérapie du cancer de la prostate

La chimiothérapie est un traitement systémique administré par voie intraveineuse (injection) ou orale (comprimés). Un traitement systémique s’oppose aux traitements locaux : au lieu de traiter une zone bien localisée, il agit dans tout l’organisme.

Les traitements systémiques que l’on retrouve fréquemment dans la lutte contre le cancer sont la chimiothérapie et, dans une moindre mesure, l’hormonothérapie, l’immunothérapie et les thérapies ciblées. Les traitements locaux sont la chirurgie et la radiothérapie.

Bien qu’ils soient souvent administrés en synergie, il est essentiel de distinguer les traitements locaux et systémiques, qui n’ont ni le même mode d’action ni les mêmes indications.

Les traitements locaux permettent de cibler une zone précise de l’organisme afin d’éliminer une tumeur localisée et délimitée. Tant que la tumeur cancéreuse est encore localisée, les traitements locaux peuvent suffire à éliminer un cancer au stade précoce de son évolution.

Les traitements systémiques agissent sur l’ensemble du corps pour éliminer de petites cellules cancéreuses dispersées dans tout l’organisme.

Habituellement, un cancer débute par la formation d’une tumeur délimitée et localisée. Puis, au fil de son évolution, il va produire de multiples petites cellules cancéreuses qui vont se disséminer dans l’organisme pour former des métastases.

Intérêts de la chimiothérapie du cancer de la prostate

Dans la plupart des cas, le cancer de la prostate est connu pour se limiter à des formes locales et pour ne pas former de métastases au terme de son évolution.

Pour cause, il s’agit le plus souvent d’une tumeur à évolution lente, qui apparaît principalement chez les personnes âgées.

L’âge du patient, en plus de la nature même du cancer, joue en faveur d’un bon pronostic : en général, une tumeur cancéreuse évolue toujours plus lentement chez un patient âgé, car les cellules d’un organisme âgé – saines et cancéreuses - se multiplient plus lentement.

La chimiothérapie n’est donc que rarement administrée dans le cadre du traitement du cancer de la prostate parce que ces derniers sont habituellement diagnostiqués à un stade précoce de leur évolution et présentent un faible risque de récidive.

Elle devient le traitement de référence dans le cas, rare, du cancer de la prostate métastatique résistant à l’hormonothérapie.

De fait, il arrive parfois que certains cancers de la prostate soient diagnostiqués tardivement, ou bien qu’ils présentent, du fait de leurs caractéristiques propres, une agressivité accrue associée à un haut risque de récidive.

Lorsque le cancer est agressif et présente un fort risque de récidive, la chimiothérapie adopte une portée préventive elle intervient en complément de traitement local pour éliminer les cellules cancéreuses disséminées dans l’organisme.

Lorsque le cancer de la prostate a atteint un stade métastatique, une guérison complète n’est habituellement pas envisageable. La chimiothérapie adopte alors une portée palliative, et prend souvent le relais de l'hormonothérapie.

Elle permet ainsi de réduire les symptômes du cancer pour accroître la qualité de vie du patient et de ralentir l’évolution de la maladie pour allonger sa longévité.

Modalités de la chimiothérapie du cancer de la prostate

Dans le cadre d’un cancer de la prostate, la chimiothérapie est administrée par injection intraveineuse. Les deux molécules utilisées sont le docétaxel et, en cas d’échec du docétaxel, le cabazitaxel.

Ces deux agents antitumoraux sont administrés au rythme de 10 cures espacées de 21 jours. Ils agissent en ralentissant ou en bloquant la division cellulaire. Les cellules cancéreuses se caractérisant par une division cellulaire particulièrement rapide, elles sont les premières affectées par les agents antitumoraux.

Toutefois, les cellules saines en division sont également détruites par les agents antitumoraux, ce qui donne lieu aux effets secondaires de la chimiothérapie.

Effets secondaires de la chimiothérapie du cancer de la prostate

Les effets secondaires de la chimiothérapie varient d’un cancer à l’autre et d’un patient à l’autre. Leur intensité et leur nature dépendent de chaque patient, et ne sont pas liées à l’efficacité du traitement.

Les effets indésirables les plus communément observés sont les troubles digestifs (diarrhées, vomissements, nausées, constipation, etc.) et les lésions des muqueuses buccales, anales et digestives.

Une chute des cheveux et une fragilisation de la peau (rougeur, sécheresse, inconfort, etc.) peuvent également survenir, ainsi qu’une modification des cellules sanguines pouvant provoquer fatigue, essoufflement, sensibilité accrue aux infections et troubles de la coagulation.

Il est important de noter que la plupart des effets secondaires de la chimiothérapie peuvent être correctement pris en charge par la médecine moderne et certaines disciplines de soins de support.

Si vous souffrez ou pensez souffrir d’effets secondaires de votre chimiothérapie, même à distance de votre traitement, n’hésitez pas à vous tourner vers votre équipe médicale. La prise en charge des effets secondaires de la chimiothérapie fait partie intégrante de votre parcours de soins.

La chimiothérapie est donc rarement indiquée dans le cadre de la prise en charge du cancer de la prostate. Elle intervient le plus souvent dans une portée palliative, lorsque le cancer ne répond plus à l’hormonothérapie.

Toutefois, même lorsqu’une guérison complète n’est plus envisageable, la chimiothérapie peut offrir de longs mois ou de longues années de répit aux patients atteints d’un e cancers de la prostate métastatiques.

Bien que ses effets secondaires puissent effrayer, ils sont aujourd’hui très bien pris en charge par la médecine moderne et ne devraient pas éloigner les patients de ce traitement efficace contre le cancer.

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