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Le cancer de l’uretère, parfois associé à celui du bassinet, appartient au groupe des tumeurs urothéliales du haut appareil urinaire. C’est une maladie rare qui touche davantage les hommes de plus de 60 ans, notamment les fumeurs. Le diagnostic se base sur l’imagerie et l’endoscopie, et sa prise en charge repose principalement sur la chirurgie, parfois complétée par une chimiothérapie adaptée au profil tumoral.

Cancer de l’uretère - Facteurs de risque, symptômes et pronostic

Qu’est-ce que le cancer de l’uretère ou du bassinet ?

Le cancer de l’uretère ou du bassinet se développe à partir des cellules urothéliales qui tapissent l’intérieur des voies urinaires supérieures :

  • Bassinet (la cavité du rein),
  • Uretère (le canal reliant le rein à la vessie).

Ces tumeurs représentent environ 4 % des cancers du haut appareil urinaire (Manuel Merck, 2025), la majorité étant des carcinomes urothéliaux. Elles peuvent toucher une seule zone ou s’étendre simultanément au bassinet et à la vessie. Dans les formes avancées, la tumeur infiltre la paroi, les tissus voisins ou donne naissance à des métastases.

Les cancers du haut appareil urinaire partagent de nombreuses caractéristiques biologiques avec ceux de la vessie. Les patients ayant déjà présenté une tumeur vésicale ont donc un risque accru de développer ultérieurement une tumeur de l’uretère ou du bassinet.

Quels sont les facteurs de risque du cancer de l’uretère ?

Le tabagisme constitue le facteur de risque principal. La consommation de tabac multiplie par 2 à 3 le risque de carcinome urothélial. Les substances contenues dans la fumée sont éliminées par les reins et concentrées dans l’urine, où elles exercent un effet toxique sur l’épithélium urothélial. D’autres facteurs sont connus :

  • Antécédents de tumeur de la vessie,
  • Syndrome de Lynch, prédisposition héréditaire augmentant le risque de cancer colorectal et des voies urinaires,
  • Prise prolongée de cyclophosphamide (agent chimiothérapeutique),
  • Consommation ancienne de phénacétine (analgésique aujourd’hui interdit),
  • Exposition professionnelle à des amines aromatiques (industrie textile, colorants, caoutchouc, aluminium),
  • Néphropathie endémique des Balkans liée à des toxines végétales contenant des acides aristolochiques,
  • Infections ou calculs rénaux chroniques provoquant une irritation prolongée de la muqueuse,
  • Radiothérapie antérieure de l’abdomen ou du pelvis.

Les hommes sont plus souvent atteints que les femmes, et la fréquence augmente après 65 ans.

Le Centre Finistérien de Radiothérapie et d’Oncologie dispose d’un plateau technique complet permettant d’intégrer la radiothérapie dans les rares situations où elle est indiquée (traitement symptomatique ou complément après chirurgie non complète).

Quels sont les symptômes du cancer de l’uretère ?

Le symptôme le plus fréquent est une hématurie, c’est-à-dire la présence de sang dans les urines, parfois visible à l’œil nu. Elle peut être intermittente, indolore et/ou microscopique. D’autres signes peuvent apparaître :

  • Douleurs lombaires ou sur le flanc liées à l’obstruction de l’uretère,
  • Brûlures urinaires ou pollakiurie si la vessie est également touchée,
  • Fatigue, perte d’appétit ou amaigrissement inexpliqué dans les formes évoluées.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer de l’uretère. Ils doivent néanmoins motiver une consultation rapide auprès d’un urologue pour éliminer un cancer des voies urinaires. Le diagnostic repose sur plusieurs examens :

  • Un scanner ou urographie avec injection de produit de contraste pour visualiser la voie excrétrice et identifier le type de lésion,
  • Une cytologie urinaire afin de rechercher la présence de cellules malignes,
  • En cas de doute, une urétéroscopie sous anesthésie générale pour visualiser la tumeur et pratiquer une biopsie,
  • Une IRM peut compléter le bilan pour contrôler l’extension locale.

Après confirmation histologique, un bilan d’extension recherche une atteinte ganglionnaire ou métastatique (scanner abdomino-pelvien, radiographie thoracique). Le traitement dépend ensuite du grade et du stade tumoral.

Quel est le taux de survie pour le cancer de l’uretère ?

Le pronostic dépend du stade tumoral et de la profondeur de l’invasion. Les tumeurs superficielles localisées présentent un taux de guérison très élevé, alors que les formes invasives ont un taux de survie à 5 ans moins optimiste. 

En France, les données globales pour les cancers du tractus urinaire supérieur (bassinet, uretère, parenchyme rénal) montrent une survie nette à 5 ans d’environ 70 % (Santé Publique France, 2024). Mais les chiffres précis concernant le seul cancer de l’uretère sont rares. 

Dans la plupart des registres, il est regroupé avec les tumeurs du bassinet ou les cancers du rein, ce qui limite les informations spécifiques sur son pronostic réel. Le traitement de référence repose sur la néphro-urétérectomie totale qui consiste à retirer le rein, l’uretère et une portion de vessie. Selon la taille et le grade, des techniques conservatrices peuvent être envisagées, à savoir une résection partielle ou une destruction laser. 

Une chimiothérapie à base de cisplatine améliore la survie pour les formes à haut risque. Des thérapies ciblées sont désormais proposées pour les patients inéligibles au cisplatine.  

Questions fréquentes sur le cancer de l'uretère

Le cancer de l’uretère est-il toujours associé à celui du rein ?

Non. Il peut apparaître de manière isolée dans l’uretère, mais environ un tiers des patients présentent ou présenteront également une tumeur de la vessie.

Peut-on traiter le cancer de l’uretère sans retirer le rein ?

Oui, dans certains cas de tumeur localisée de bas grade, une ablation endoscopique au laser permet de préserver la fonction rénale, avec une surveillance ultérieure rapprochée.

La radiothérapie a-t-elle une place dans le traitement du cancer de l’uretère ?

Elle reste exceptionnelle. Elle peut soulager une douleur ou stabiliser une lésion inopérable.

Quels sont les signes d’alerte du cancer de l’uretère à ne pas ignorer ?

Toute hématurie, même unique, doit motiver un examen clinique. La détection précoce améliore énormément les chances de guérison.

Article écrit le 18/12/2025, vérifié par l'équipe oncologique du CFRO