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Tableau récapitulatif sur le dépistage du cancer du sein et ses performances

En France, le dépistage organisé du cancer du sein permet de détecter 60 % des cancers à un stade précoce, mais moins d’une femme sur deux y participe.

Indicateur-clé

Données principales

Enjeux identifiés

Public concerné

Femmes de 50 à 74 ans sans facteur de risque

Améliorer l’adhésion au programme

Fréquence

Tous les 2 ans

Maintenir la régularité du suivi

Prise en charge

100 % Assurance maladie (sans avance de frais)

Réduire les inégalités d’accès

Double lecture

Deux radiologues experts

Sécurisation du diagnostic

Détection précoce

60 % des cancers détectés à un stade précoce

Amélioration du pronostic

Survie à 5 ans

88 %

Bénéfice du diagnostic précoce

Taux de participation 2023-2024

46,3 %

Objectif européen : 70 %

Résultats rassurants

92,6 % sans anomalie

Limiter les freins et les peurs

Résumé sur le dépistage du cancer du sein et ses résultats

  • Programme national généralisé en 2004.
  • Mammographie gratuite tous les 2 ans pour les femmes de 50 à 74 ans.
  • Examen clinique associé à une mammographie avec double lecture systématique.
  • 61 214 nouveaux cas diagnostiqués en 2023 ; 12 757 décès en 2022.
  • Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez la femme.
  • 60 % des cancers détectés à un stade précoce grâce au dépistage.
  • Taux de survie à 5 ans estimé à 88 % si le diagnostic est précoce.
  • Taux de participation 2023-2024 : 46,3 % (objectif européen : 70 %).
  • Freins principaux : absence de symptômes perçus, crainte de la douleur, peur du diagnostic.
  • Inégalités territoriales d’accès au dépistage organisé.
  • Recommandation institutionnelle : renforcer l’adhésion au programme organisé.

Cet article s’appuie sur des données validées par les autorités de santé (Inca, Assurance maladie, Cour des comptes, Santé publique France) et sur l’expérience des médecins du groupe ELSAN.

Qu'est-ce que le dépistage du cancer du sein ?

Le dépistage du cancer du sein a été généralisé en France en 2004 dans le cadre du Programme national de dépistage. Son objectif est double :

  • faire baisser la mortalité du cancer du sein,

  • mieux informer et améliorer la qualité des soins.

A quel âge faire la mammographie généralisée ?

Ce programme national s'adresse aux femmes âgées entre 50 et 74 ans qui ne présentent ni symptômes ni facteurs de risque. Il consiste à les inviter à se rendre auprès d'un radiologue agréé pour réaliser :

  • un examen clinique des seins,

  • une mammographie (deux clichés par sein de face et en oblique).

Santé des femmes : améliorer l'accès au dépistage du cancer du sein. Une soignante rassure une patiente torse nu avant de passer une mammographie.

La mammographie est-elle gratuite, fréquente ?

Ce rendez-vous  vous est proposé tous les deux ans, et est pris en charge à 100% par l'Assurance maladie, dans le cadre du dépistage organisé. Consultez votre compte Ameli. Vous n'avez pas d'avance de frais ni de reste à charge. Les clichés sont lus par deux radiologues experts.

Facteurs de risque

Bon à savoir : les femmes qui présentent un facteur de risque (antécédents familiaux etc.) , quel que soit leur âge, se voient proposer par leur médecin traitant une prise en charge individualisée. Joindre un ou une gynécologue.

Pourquoi est-ce important ?

Tumeurs du seins fréquentes

Selon les derniers chiffres des autorités sanitaires, les cancers du sein sont les cancers les plus fréquents et les plus mortels chez les femmes. 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023 : cela représente un tiers (33%) des cancers féminins. 12757 décès ont été déplorés en 2022 (données Inca septembre 2025). Il est donc primordial pour les femmes de se faire dépister.

Est-ce que le dépistage du cancer du sein est utile ?

Aujourd'hui, grâce au dépistage, 60% des cancers du sein sont découverts à un stade précoce. Il est donc important de vous faire dépister ! En outre, ce type de cancer bénéficie d'un bon pronostic s'il est dépisté tôt : le taux de survie à 5 ans est estimée à 88%. Les chances de guérison sont estimées comme élevées si le cancer est détecté à temps.

Autopalpation et palpation : à la recherche de signes, symptômes

En complément, tout au long de votre vie, vous pouvez pratiquer l'autopalpation et vous rendre chez votre médecin régulièrement afin de réaliser un examen clinique comprenant une palpation. Un examen clinique des seins est conseillé une fois par an à partir de 25 ans.

Dépistage du cancer du sein : comment ça marche ?

Tous les deux ans, si vous avez entre 50 et 74 ans, vous recevez un courrier d'invitation de l'Assurance maladie pour faire le dépistage du cancer du sein. Il y a 6 étapes :

  1. Vous pouvez prendre rendez-vous avec un radiologue ou un cabinet de radiologie sur cette carte en ligne.

  2. Vous vous rendez au centre de radiologie choisi. Vous aurez besoin de votre invitation, de votre carte Vitale, de votre attestation de complémentaire santé, des clichés de vos précédentes mammographies (si vous les avez)...

  3. vous passez une mammographie : vous placez vos seins, l'un après l'autre, entre deux plaques qui les compriment durant quelques secondes pour que les clichés soient pris. Cet examen peut se révéler douloureux pour certaines. N'hésitez pas à en parler avec les professionnel-les de santé sur place.

  4. Le ou la radiologue conduit un examen clinique par l'observation et la palpation.

  5. Le ou la radiologue vous donne de premiers résultats. Il peut vous faire passer un examen complémentaire en cas de besoin (échographie mammaire si nécessaire). Une double lecture (ou seconde lecture) des clichés a lieu afin de prendre le moins de risque de passer à côté de quelque chose.

  6. Vous recevez les résultats ensuite. Les résultats sont rassurants dans 92,6% des cas (absence d'anomalie). Dans 7.4% des cas, une anomalie peut être détectée. Il peut s'agir d'un kyste bénin. Il vous sera alors proposé soit une surveillance à court terme soit des examens complémentaires pour déterminer en quoi consiste cette anomalie. Il arrive qu'un cancer soit détecté dans 8 cas sur 1000. Dans ce cas, une orientation vers une équipe pluridisciplinaire vous sera proposée ainsi qu'un traitement personnalisé.

Invitation mammographie

En principe, les invitations pour le dépistage sont envoyées à l'occasion de vos 50 ans. Si ce n'est pas le cas, contactez la caisse de votre régime d'assurance maladie. Vous pouvez appeler au 3646 (service gratuit + coût de l'appel).

Quels sont les symptômes d'un cancer du sein ?

Pourquoi si peu de femmes font-elles le dépistage ?

Malgré les statistiques favorables -la mortalité par cancer du sein a baissé entre 1.6% par an entre 2010 et 2018, affirme l'Assurance maladie- seules 46.3% des femmes invitées à se faire dépister y ont participé en 2023-2024. Entre 2010 et 2011, ce taux a atteint son maximum de 52.7%. L'objectif fixé au niveau européen est de 70%. Au Danemark et en Finlande, 80% des femmes sollicitées y participent. Le taux de participation au dépistage augmente un peu si l'on tient compte du recours au dépistage individuel : 58.6% (EDP-Santé/Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques).

Quels sont les freins au dépistage ?

Pourquoi le taux de participation baisse-t-il ?

Selon le sondage Opinionway pour la Ligue contre le cancer (août 2023), les femmes qui n'ont pas donné suite à l'invitation faite par l'Assurance maladie ont donné notamment ces raisons :

  • je n'ai pas de symptômes (34%),

  • je crains d'avoir mal (20%),

  • j'ai peur qu'on m'apprenne que j'ai un cancer (16%),

  • je pense que le dépistage ne sert à rien (11%),

  • j'ai peur de me dénuder devant un médecin (10%),

  • j'estime que les centres de dépistage sont trop loin de mon domicile (10%),

  • je ne suis pas concernée (8%)...

Une disparité territoriale et sociale et une "concurrence" payante

Selon la Cour des comptes, saisie par la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, le dépistage organisé du cancer du sein reste un "dispositif efficace qui doit être renforcé. Dans son rapport publié le 28 janvier 2026, il indique qu'il présente plusieurs difficultés, notamment :

  • l'offre de dépistage est inégalement répartie sur le territoire, avec des écarts d’accessibilité liés à la densité de radiologues et aux délais d’obtention des rendez-vous;

  • un renoncement plus fréquent au dépistage organisé dans certains territoires et pour certaines catégories de femmes, malgré la gratuité;

  • l'organisation, en parallèle, d'un dépistage individuel réalisé à la demande des femmes ou des soignants, qui n'est pas intégralement remboursé et ne présenterait pas les mêmes garanties de qualité;

  • en outre, certaines femmes se verraient proposer un accès rapide à une mammographie de dépistage moyennant un dépassement d'honoraire !

Des choix marqués par l'appartenance sociale

Il existe des choix marqués par le statut social. Ainsi, le recours au dépistage du cancer du sein augmente avec le niveau de vie : il est 1.6 fois plus élevé chez celles qui appartiennent aux 10% les plus aisées que chez celles qui appartiennent aux 10% les plus modestes. En outre, plus le niveau de vie augmente, plus les femmes délaissent le dépistage organisé et choisissent le dépistage individuel, indique la dernière publication de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère de la Santé). Cet organisme avance deux hypothèses :

  1. les femmes concernées ont eu des pratiques de prévention avant 50 ans et les ont maintenues après cet âge (suivi régulier par mammographie avant 50 ans);
  2. il existe des "différences de suivi et d’accès aux soins directement liées aux professionnels de santé présents" sur leur lieu de vie. 

Comment améliorer le dépistage du cancer du sein ?

La Cour des comptes recommande notamment "de renforcer l’adhésion au dispositif organisé, notamment en conditionnant la pratique de l’imagerie sénologique à la participation au programme, et d’anticiper ses évolutions."

Prévention du cancer du sein

De son côté, l'Inca liste certains projets qui tentent d'améliorer la participation des femmes au dépistage du cancer du sein. Le projet Constances (Inserm), par exemple, s'attache à cibler une population qui évite souvent les consultations gynécologiques. Cela concerne souvent les femmes en situation d'obésité ou touchées par le diabète. Par ailleurs, le projet Mammobile, en Normandie, vise à aller à la rencontre de femmes qui vivent dans des zones rurales ou prioritaires, avec un camion aménagé.

Le dépistage organisé du cancer du sein constitue un dispositif efficace de santé publique dont l’impact pourrait être significativement renforcé par une meilleure participation des femmes.

Sources

Cet article médical a été écrit par un rédacteur expert santé et SEO (EEAT et YMYL), Pierre Luton. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic. 

Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.

Vos questions fréquemment posées sur le dépistage du cancer du sein et des cancers des femmes :

Qu’est-ce que le dépistage des cancers féminins ?

Plusieurs dépistages des cancers sont proposés aux femmes. Parmi eux, deux dépistages dits organisés, encadrés par les autorités sanitaires :

Un dépistage individuel est proposé aux femmes qui présentent des facteurs de risque.

D'autres dépistages existent mais ils ne sont pas systématiques et dépendent des facteurs de risque éventuels : cancer des ovaires.

Rappelons que, parmi les dépistages organisés, figure le dépistage du cancer colo-rectal qui concerne hommes et femmes tous les deux ans. Ce cancer est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes. 

Comment se déroule le dépistage du cancer du sein ?

Le dépistage du cancer du sein comprend une mammographie et un examen clinique. Le ou la soignante peuvent vous donner de premiers résultats à l'issue de la consultation et vous proposer éventuellement, si nécessaire, un examen complémentaire. Les résultats complets vous sont envoyés après deux lectures réalisées par deux experts différents. En cas de présence d'une anomalie, un rendez-vous vous sera proposé afin d'envisager la suite. Des examens complémentaires peuvent être requis pour déterminer la nature de l'anomalie. Pensez qu'un cancer du sein a de grande chance d'être pris en charge avec succès s'il est diagnostiqué au plus tôt.

À partir de quel âge peut-on faire un dépistage du cancer du sein ?

Le cancer du sein bénéficie d'un dépistage organisé au niveau national à partir de 50 ans, car 80% des cancers du sein se développent après cet âge. Après 74 ans, un suivi individualisé est proposé aux femmes. 

Pourquoi ne pas faire de mammographie avant 40 ans ?

Des médecins peuvent vous prescrire une mammographie avant l'âge de 40 ans si vous présentez des facteurs de risque (en cas de cancer du sein par le passé ou de prédisposition génétique comme une mutation des gènes BRCA 1 et BRCA 2). 

Comment recevoir une invitation pour le dépistage du cancer du sein ?

L'Assurance maladie vous envoie automatiquement, à partir de 50 ans, une invitation pour vous rendre dans un service de radiologie pour réaliser notamment une mammographie. Si cette invitation ne vous est pas parvenue, n'hésitez pas à joindre votre caisse.

Faut-il une ordonnance pour faire une mammographie de dépistage ?

Si vous êtes dans le cadre du dépistage systématique, l'invitation de l'Assurance maladie suffit avec le bon de prise en charge, ainsi que votre carte Vitale notamment. Si un médecin vous prescrit une mammographie, en dehors de ce contexte, vous aurez besoin de vous munir de son ordonnance pour passer l'examen et être prise en charge.

Prix mammographie ?

Dans le cadre du dépistage du cancer du sein, la mammographie est entièrement prise en charge par l'Assurance maladie, il n'y a ni avance ni reste à charge. Dans le cadre d'un suivi d'une femme présentant des facteurs de risque, la prise en charge est de 70%, le reste peut être complété éventuellement par votre complémentaire. Si les risques sont considérés comme élevés, la prise en charge peut se faire à 100% comme pour une affection de longue durée (ALD).

Article écrit le 02/03/2026, vérifié par Pierre Luton, Journaliste expert, spécialisé santé, social et référenceur SEO E-E-A-T