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    Dépistage du cancer colorectal : que se passe-t-il après 74 ans ?

#Cancer#Cancer colorectal#Cancer du côlon#Gastro-entérologie#Mars bleu#Prévention et dépistage

31/03/2026

Dépistage du cancer colorectal : que se passe-t-il après 74 ans ?

Les progrès réalisés dans le dépistage du ont permis de lui donner un cadre propice à la prévention et la sécurité de tout un chacun. Le test immunologique proposé dans ce cadre est ainsi recommandé tous les deux ans pour les patients entre 50 et 74 ans. Ce qui bien sûr ne le dispense pas , tout particulièrement en cas d'antécédents familiaux ou de comorbidités. Contrairement aux personnes plus âgées.

L'âge limite n'a en effet pas été défini par hasard : le dépistage systématique du cancer colorectal n'est en effet plus proposé après 74 ans. Il est même déconseillé, saignement rectal ou non. Revenons sur les raisons de cette restriction et les solutions proposées aux personnes concernées. 

👨‍🏫Vue d'ensemble👨‍🏫 Dépistage colorectal après 74 ans : logique clinique étape par étape

ÉtapeConstatsConséquence pratique
1. Pourquoi dépister entre 50 et 74 ans ?Le test immunologique détecte le sang occulte ; cancer souvent silencieux au début ; bénéfice maximal à cet âge.Dépistage systématique tous les 2 ans.
2. Pourquoi arrêter à partir de 75 ans ?Coloscopie obligatoire en cas de test positif ; risque de complication ↑ après 70–75 ans ; bénéfice ↓ par espérance de vie plus courte.Fin du dépistage organisé car la balance bénéfice‑risque devient défavorable.
3. Problème : hausse de l'incidence à partir de 75 ans50 % des cancers colorectaux surviennent après 75 ans ; +1,4 %/an chez ≥75 ans ; +4,1 %/an chez ≥90 ans.Les seniors restent très exposés malgré l’arrêt du dépistage systématique.
4. Facteurs de risque après 74 ansÂge avancé, antécédents personnels/familiaux, prédispositions génétiques, maladies inflammatoires intestinales, mode de vie, expositions professionnelles.Surveillance renforcée si profil à risque.
5. Comment détecter à partir de 75 ans ?Sang dans les selles, troubles digestifs persistants, douleurs, perte de poids, fatigue anormale.Détection basée sur symptômes + consultation médicale immédiate.
6. La coloscopie : au cas par casRisques opératoires plus élevés mais pas incompatibles chez des patients en bon état général.Coloscopie au cas par cas, selon l’état global et l’espérance de vie.
7. Nouvelles alternatives adaptéesTest sanguin en développement (Guardant Health) détectant 87 % des cancers précoces.Futur dépistage plus simple et plus acceptable pour les plus âgés.

🔎Dans les grandes lignes🔍 Le dépistage colorectal pour les seniors

Le dépistage du cancer colorectal repose en France sur un test immunologique proposé aux personnes de 50 à 74 ans, âge où les bénéfices sont maximalement supérieurs aux risques. L'obstacle consiste moins en le test que la coloscopie à laquelle il conduit en cas de résultat positif. Or, les risques de complications augmentent nettement après 70–75 ans, tandis que le bénéfice attendu diminue, car il faut parfois plusieurs années pour qu’un polype évolue en cancer. Ainsi, passé 74 ans, la balance bénéfice‑risque commence à pencher en défaveur du patient, d’où l’arrêt du dépistage systématique.

Ce seuil reste pourtant problématique, car près d’un cancer colorectal sur deux survient après 75 ans, et son incidence continue d’augmenter chez les seniors. Pour ces patients, la détection repose sur la vigilance clinique : sang dans les selles, troubles digestifs prolongés, douleurs, fatigue anormale ou perte de poids. La coloscopie peut encore être envisagée au cas par cas selon l’état général. De nouvelles perspectives émergent, notamment un test sanguin prometteur détectant 87 % des cancers à un stade précoce, offrant peut‑être bientôt une alternative simple et adaptée aux seniors pour améliorer le diagnostic

Pourquoi le dépistage du cancer colorectal n'est-il plus proposé après 74 ans ?

Rappel : les spécificités du programme national de dépistage du cancer colorectal

Le programme national de en France s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans. Ils sont invités à réaliser tous les deux ans un test immunologique permettant de rechercher du sang occulte dans leur prélèvement de selles, un indicateur précoce d’éventuelles lésions cancéreuses ou précancéreuses. Ce dispositif, coordonné par l’Assurance Maladie, repose sur une stratégie simple en trois étapes :

  • l’envoi d’une invitation personnalisée ;
  • la réalisation du test à domicile ;
  • son analyse en laboratoire.

En cas de résultat positif, une est recommandée afin de confirmer ou non la présence d’une anomalie et de retirer tout susceptible d'évoluer en tumeur. Ce dépistage organisé joue un rôle essentiel dans la réduction de la mortalité liée au cancer colorectal, souvent asymptomatique à son stade initial, ainsi que pour sa prévention. En effet : plus il est détecté tôt, moins les traitements sont lourds et plus les chances de guérison augmentent : 9 sur 10 d'entre eux se soignent en cas de diagnostic précoce.

Pourquoi la coloscopie n'est-elle généralement pas recommandée après 75 ans ?

Si le dépistage organisé ne concerne pas les patients de plus 74 ans, cela tient beaucoup moins au test immunologique qu'à la coloscopie prescrite en cas de résultat positif. Quel que soit l'âge, l'opération présente des risques de complications, bien que rares, estimées à entre 1 et 4,5 pour 1000 coloscopies réalisées. Le décès pendant l'opération est également possible de l'ordre d'entre 1 sur 18 000 et 1 sur 10 000 selon les estimations. Plusieurs facteurs et antécédents personnels peuvent faire varier ces risques, mais dans les deux cas, ils croissent sensiblement passé 74, voire même 70 ans.

Au-delà de 75 ans, la balance bénéfice‑risque d’une coloscopie devient ainsi moins favorable : les risques opératoires augmentent tandis que ses bénéfices attendus diminuent, faute d’une espérance de vie suffisante pour en tirer pleinement avantage. Pour les professionnels de santé, aborder ce sujet délicat nécessite une approche personnalisée tenant compte de l’état général du patient, de ses antécédents et de ses préférences. Toutefois, expliquer clairement ces enjeux permet d’orienter vers des décisions éclairées et adaptées à l’âge, à la santé globale et aux objectifs de vie de chacun. En somme, après 75 ans, la coloscopie n’est généralement recommandée que lorsque le contexte médical le justifie réellement, afin de garantir un dépistage colorectal à la fois pertinent, sécurisé et centré sur le patient.

Quels sont les risques liés au cancer colorectal après 75 ans ?

Cet âge butoir n'en demeure pas moins problématique vis-à-vis du cancer colorectal, qui se contracte après 75 ans dans la moitié des cas. Ce qui, par conséquent, empêche la moitié des dépistages dans des conditions optimales. 

Incidence du cancer colorectal chez les seniors

D'autant plus que chez les patients de 75 ans et plus, on observe une tendance à la hausse en termes d'incidence. Entre 1988 et 2022, (circonscrite au département de l'Hérault) relève des variations annuelles moyenne, pour le dépistage du cancer du côlon :

  •  +1,4% de cas chez les 75 ans et plus ;
  • +4,1% chez les 90 ans et plus.

Ainsi que, pour celui du rectum :

  • -0,3% chez les 75 ans et plus ;
  • +4% chez les 90 ans et plus.

Par ailleurs, si les statuts métastatiques inconnus ont considérablement diminué chez les patients très âgés, les gagnent quant à elles du terrain, et ce quel que soit l'âge échantillonné.

Après 74 ans : des facteurs de risque spécifiques ?

Après 74 ans, les facteurs du cancer colorectal restent globalement les mêmes qu’avant ; l’âge en décuple simplement le niveau de risque. Il s'agit principalement de :

  • L’âge avancé lui-même ;
  • Les antécédents personnels (polypes, autres cancers) ;
  • Les antécédents familiaux au premier degré de cancers colorectaux, surtout avant 65 ans ;
  • Les prédispositions génétiques cancérogènes (, polypose adénomateuse familiale) ;
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin de longue durée ;
  • Le mode de vie (alimentation riche en viandes rouges, tabagisme, surpoids, sédentarité...) ;
  • Certaines expositions professionnelles anciennes (amiante).

Prévention des seniors : comment faire un test colorectal après 74 ans ?

Comment détecter un cancer du côlon après 74 ans ?

L'arrêt du dépistage individuel systématique des personnes de plus 74 ans ne signifie pas celui de la prévention ; l'approche diagnostique change simplement de forme. En l'absence du test de dépistage, la détection du cancer colorectal repose essentiellement sur la vigilance face à l'apparition de symptômes évocateurs. Notamment :

  • Saignements dans les selles ;
  • Troubles digestifs/du transit prolongés ;
  • Douleurs abdominales chroniques ;
  • Perte de poids inexpliquée ; 
  • Fatigue anormale et persistante.

Coloscopie après 70 ans : fréquence et indications

Si la coloscopie est fortement déconseillée à partir de 75 ans (et peu encouragée dès 70), elle demeure envisageable et prescriptible sur avis du médecin traitant, uniquement au cas par cas. Les signes symptomatiques clairement perceptibles parmi ceux listés ci-dessus et/ou un risque personnel élevé peuvent justifier le recours à la coloscopie par un , en fonction de l'état de santé général du patient, son espérance de vie estimée ainsi que ses comorbidités. En cas d'antécédent familial au premier degré, un patient est invité à pratiquer une coloscopie tous les 5 ans dès 45 ans. Il n'est guère rare, chez cette catégorie spécifique de personnes, de poursuivre ce suivi au-delà de 75 ans.

Une prise de sang pour détecter le cancer du côlon ?

Les progrès réalisés autour de la prévention du cancer colorectal s'accompagnent également de nouveaux dispositifs destinés à en améliorer la prise en charge. repose sur la gêne des patients vis-à-vis du prélèvement fécal et de la coloscopie, pourtant les seules manières de le détecter. C'est le constat à partir duquel la société californienne Guardant Health s'est récemment consacrée au développement d'une nouvelle méthode de diagnostic, qui ne consisterait qu'en .

Au-delà de l'obstacle "culturel" que cette méthode permettrait de contourner, un simple prélèvement sanguin offrirait surtout une solution bien plus accessible aux personnes âgées, pour qui la préparation d’une coloscopie peut représenter une contrainte physique et logistique importante. En détectant 87 % des cancers colorectaux au stade précoce, cette approche est observée avec une grande attention, même si elle doit encore progresser dans l’identification des polypes précancéreux, nettement mieux repérés par les méthodes "conventionnelles". Néanmoins, ces résultats traduisent une dynamique encourageante : la recherche continue d’ouvrir la voie à des méthodes de dépistage plus simples, plus confortables et plus susceptibles d’être adoptées, notamment par les seniors. De quoi nourrir l’espoir d’un diagnostic plus précoce et d’une meilleure prise en charge du cancer colorectal dans les années à venir.

Pourquoi le kit de dépistage du cancer du côlon n'est plus proposé après 74 ans, et pas uniquement la coloscopie ?

Le kit de dépistage n’est plus proposé après 74 ans parce qu’il fait partie d’un dispositif en deux étapes : un test immunologique suivi, en cas de résultat positif, d’une coloscopie, indispensable pour confirmer ou écarter un cancer. Or, après 75 ans, les risques liés à la coloscopie augmentent sensiblement — saignements, perforations, infections — en raison de la fragilité des tissus et des comorbidités plus fréquentes chez les personnes âgées

Comme ce test n’a d’intérêt que s’il peut être suivi d’une coloscopie, le programme national limite donc le dépistage systématique aux 50‑74 ans, tranche d’âge où la balance bénéfice‑risque reste favorable. Au‑delà, la détection doit se faire de manière individualisée, en fonction des symptômes et des antécédents du patient, plutôt que via un dépistage automatique.

Qu'est-ce que le test Hémoccult ?

Le test Hémoccult est simplement l'ancien examen de dépistage de référence du cancer colorectal, remplacé en 2015 par le test immunologique, plus sensible et donc plus susceptible de détecter les stades précoces. Il s'agissait d'un test au gaïac (substance extraite du Guaiacum, arbre caribéen), très similaire au test immunologique.

Des selles anormales signifient-elles systématiquement un cancer colorectal ?

Non ! De nombreux troubles digestifs courants peuvent modifier l'apparence, la fréquence ou la texture des selles : infections bénignes, hémorroïdes, déséquilibres alimentaires, effets secondaires de médicaments ou simples variations du transit. Les symptômes potentiellement associés à un cancer colorectal (sang dans les selles, douleurs abdominales persistantes, troubles récents du transit, amaigrissement...) peuvent avoir de nombreuses causes non cancéreuses, et ne suffisent jamais à eux seuls à poser un diagnostic.

Toutefois, des selles anormales récentes et persistantes, notamment lorsqu’elles s’accompagnent de sang ou d’autres symptômes inhabituels, doivent pousser à consulter. Seul le médecin pourra recommander des examens complémentaires, comme une coloscopie, si nécessaire. Dans la grande majorité des cas, ces anomalies ne relèvent pas d’un cancer, mais leur cumul mérite une vérification pour en déterminer l’origine et rassurer le patient.

Qu'est-ce qu'une métastase à distance ?

Une métastase à distance est une tumeur formée par des cellules cancéreuses qui se sont détachées de la tumeur primitive et ont migré vers un autre organe via le sang ou la lymphe. Elle se développe sans contact direct avec la tumeur d’origine et prouve la capacité du cancer à se propager dans le corps. C’est donc le même cancer, mais implanté ailleurs, par exemple dans le foie, les poumons, les os ou le cerveau.

Article écrit le 31/03/2026Nx:, vérifié par Lothaire Berthier