Le sarcome de Kaposi se manifeste souvent par des lésions cutanées violacées ou brunâtres, révélatrices d’une atteinte liée au virus herpès humain de type 8 (HHV-8). Cette maladie rare, plus fréquente chez les personnes immunodéprimées, peut également toucher les organes internes. Voici ses spécificités, les signes qui doivent alerter et les traitements disponibles selon les cas.

Premiers symptômes et prise en charge du sarcome de Kaposi

Qu’est-ce que le sarcome de Kaposi ?

Le sarcome de Kaposi est une tumeur maligne qui affecte les cellules tapissant les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Sa cause principale est l’infection par le virus HHV-8, souvent inoffensif chez les personnes en bonne santé, mais susceptible de provoquer cette pathologie en cas d’immunodépression. Cette affection se divise en quatre formes principales, chacune ayant des caractéristiques et des facteurs de risque spécifiques :

  • La forme classique, rare en France, touche principalement les hommes âgés, notamment ceux d’origine méditerranéenne ou d’Europe de l’Est. Elle se manifeste par des lésions localisées, évoluant lentement.
  • Le sarcome de Kaposi endémique, plus fréquent en Afrique subsaharienne, atteint souvent des individus jeunes, même en l’absence de VIH. Cette forme est particulièrement agressive et peut toucher des organes internes dès les premiers stades.
  • Le sarcome de Kaposi épidémique, également appelé sarcome associé au VIH, reste l’une des manifestations les plus connues du sida. Bien que sa prévalence ait diminué grâce aux traitements antirétroviraux, il reste une complication possible chez les personnes dont l’infection VIH est mal contrôlée.
  • Enfin, la forme iatrogénique se manifeste chez des patients sous traitement immunosuppresseur, notamment après une greffe d’organe. La réduction ou l’ajustement de ces traitements peut parfois permettre de freiner l’évolution de la maladie.

Les progrès en matière de santé publique, notamment le dépistage et le traitement du VIH, ont permis de réduire l’incidence de cette maladie. Toutefois, le sarcome de Kaposi peut encore être observé dans des populations vulnérables, où le diagnostic précoce reste indispensable pour limiter ses complications.  

Comment reconnaître un sarcome de Kaposi ? Symptômes et diagnostic

Les signes cliniques du sarcome de Kaposi varient selon les formes et les stades de la maladie. Les lésions cutanées en sont le symptôme le plus typique. Elles apparaissent sous forme de taches plates ou légèrement surélevées, souvent violacées, brunâtres ou rouges. 

Ces lésions se localisent fréquemment sur les jambes, les pieds, le visage ou la muqueuse buccale. Dans les formes avancées, elles peuvent devenir douloureuses ou s’ulcérer. Lorsque le sarcome de Kaposi affecte les organes internes, les symptômes deviennent plus variés et complexes. Une atteinte pulmonaire peut provoquer une toux, un essoufflement ou une gêne respiratoire. Si le tube digestif est touché, des douleurs abdominales, des saignements ou des troubles de la digestion peuvent survenir. 

Le diagnostic repose principalement sur une biopsie des lésions cutanées, qui permet d’identifier les cellules spécifiques au sarcome de Kaposi. En complément, des examens d’imagerie, tels que le scanner ou l’endoscopie, peuvent être réalisés pour évaluer l’étendue des lésions internes. Ces examens permettent de préciser le stade de la maladie et d’orienter la prise en charge. Il peut néanmoins être difficile de distinguer le sarcome de Kaposi d’autres pathologies cutanées ou systémiques. Une expertise dermatologique et oncologique est souvent nécessaire pour confirmer le diagnostic. 

Une fois la maladie identifiée, un suivi spécialisé permet de surveiller son évolution et d’adapter les traitements en fonction des besoins spécifiques du patient.  

Traitement du sarcome de Kaposi

Le traitement du sarcome de Kaposi dépend de plusieurs paramètres, comme la forme de la maladie, l’état immunitaire du patient et l’étendue des lésions. La prise en charge est adaptée au profil du patient en tenant compte de sa tolérance aux médicaments, de ses comorbidités et de ses attentes. Chaque type de sarcome de Kaposi nécessite une approche spécifique, combinant parfois plusieurs options thérapeutiques :

Forme classique

Dans les formes localisées, des traitements locaux sont souvent privilégiés. La radiothérapie, utilisée sur les lésions cutanées, peut permettre de réduire leur taille et leur impact esthétique. La cryothérapie ou l’exérèse chirurgicale sont parfois envisagées pour des lésions isolées et accessibles.

Forme épidémique (associée au VIH)

Pour les patients atteints de VIH, la priorité est de restaurer l’immunité grâce aux traitements antirétroviraux (ARV). Ce protocole de soins permet de stabiliser ou même de réduire les lésions chez une majorité de patients. Lorsque les lésions persistent ou progressent, une chimiothérapie systémique, comme les anthracyclines liposomales, peut être introduite.

Forme endémique et iatrogénique

Pour les patients atteints de la forme endémique, les traitements systémiques, incluant la chimiothérapie, sont souvent nécessaires, car les lésions internes peuvent rapidement impacter des fonctions vitales. Pour la forme iatrogénique, une réduction des traitements immunosuppresseurs peut permettre de freiner la progression de la maladie. Toutefois, cette approche doit être équilibrée pour éviter un rejet de greffe chez les patients transplantés.

Traitements innovants

Dans les formes avancées ou résistantes, des thérapies ciblées, comme les inhibiteurs de l’angiogenèse, montrent des résultats prometteurs. Ces traitements bloquent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins nécessaires à la croissance tumorale. Ces options ne sont pas encore systématiques, mais elles représentent un espoir pour les patients ne répondant pas aux traitements classiques. Grâce aux avancées thérapeutiques, les patients atteints de sarcome de Kaposi disposent aujourd’hui de nombreuses options adaptées à leur situation.

 

Le sarcome de Kaposi reste une pathologie rare mais significative, en particulier chez les personnes immunodéprimées. Si les lésions cutanées sont les manifestations les plus visibles, l’atteinte d’organes internes peut entraîner des complications sévères. Un diagnostic précoce, fondé sur une expertise spécialisée, permet de mieux adapter les traitements, qu’il s’agisse de thérapies locales, systémiques ou innovantes. Aujourd’hui, une prise en charge personnalisée améliore nettement le pronostic et la qualité de vie des patients, à condition que la maladie soit identifiée et suivie sans délai.

Article écrit le 22/04/2025, vérifié par l'équipe oncologie des Dentellières

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