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#Cancer#Centre de Cancérologie Les Dentellières - Valenciennes

23/04/2026

Tumeurs malignes de l'intestin grêle : les différents traitements

Le cancer de l’intestin grêle est rare et sa prise en charge peut varier selon le type histologique. Les traitements choisis dépendent de la localisation, de l’extension de la maladie et de la possibilité d’une résection complète de la tumeur. L’adénocarcinome et les tumeurs neuroendocrines (TNE) sont les formes les plus fréquentes et les mieux documentées aujourd’hui. On vous explique les différents traitements des tumeurs malignes de l’intestin grêle.

Différents traitements des tumeurs malignes de l'intestin grèle

Quels sont les différents types de tumeurs de l’intestin grêle ?

L’intestin grêle peut être le siège de plusieurs types de tumeurs :

L’adénocarcinome et les tumeurs neuroendocrines sont les formes les plus courantes de tumeurs malignes de l’intestin grêle. L’adénocarcinome est souvent diagnostiqué dans le duodénum ou le jéjunum. La prise en charge que nous évoquons ci-dessous concerne principalement ces tumeurs car elles représentent la majorité des diagnostics. D’autres types de tumeurs existent (lymphomes, sarcomes) mais ils sont bien moins fréquents.

Le traitement chirurgical des tumeurs de l’intestin grêle

La chirurgie est le traitement de référence lorsque la tumeur est résécable. Le type d’intervention dépend de l’emplacement exact de la lésion et de son extension. Les adénocarcinomes situés dans le jéjunum ou l’iléon peuvent être traités par une résection segmentaire, parfois associée à un retrait du mésentère et des ganglions de drainage. Une hémicolectomie droite peut être indiquée lorsque la tumeur est localisée près de la jonction iléo-cæcale. 

Les tumeurs situées dans la partie proximale du duodénum peuvent nécessiter une (procédure de Whipple), intervention également utilisée dans le traitement du cancer du pancréas. 

Les formes avancées, qui peuvent évoluer vers une , ne permettent pas toujours de retirer complètement la tumeur. Dans ce cas, une chirurgie palliative peut tout de même être envisagée pour soulager les symptômes. Le geste peut être une dérivation pour contourner une obstruction, la mise en place d’une endoprothèse ou le traitement d’une perforation. Ces interventions ne sont donc pas à visée curative mais elles améliorent le confort au quotidien.

Certaines résections étendues peuvent conduire à un syndrome de l’intestin court entraînant des troubles de l’absorption avec la nécessité de mettre en place un suivi nutritionnel spécialisé.

La chimiothérapie pour le cancer de l’intestin grêle

La fait partie de la prise en charge de l’adénocarcinome de l’intestin grêle. Les protocoles peuvent reposer sur différentes associations :

  • FOLFOX (leucovorine, 5-fluorouracil, oxaliplatine)
  • CAPOX (capécitabine et oxaliplatine)
  • FOLFIRI (leucovorine, 5-FU, irinotécan)
  • FOLFOXIRI
  • Des traitements par 5-FU ou capécitabine seuls, selon le contexte

La chimiothérapie peut être administrée après une résection chirurgicale lorsqu’il existe un risque accru de récidive. Elle peut aussi être proposée dans les formes non résécables pour réduire la taille tumorale, soulager les symptômes ou stabiliser la maladie. En cas de récidive, les oncologues du peuvent choisir un protocole différent de celui déjà reçu. 

Les varient selon les protocoles. Les plus courants sont : diarrhées, nausées, baisse des globules, neuropathies périphériques, fatigue, troubles cutanés… Par ailleurs, la décision d’administrer une chimiothérapie dépend de l’état de santé général du patient, du stade de la maladie et de l’équilibre entre efficacité attendue et tolérance.  

TRAITEMENTS DES TUMEURS MALIGNES DE L'INTESTIN GRÊLE SELON LE TYPE

Type de tumeurTraitement principalTraitements complémentairesCas particuliers
AdénocarcinomeChirurgie (résection)Chimiothérapie (FOLFOX, CAPOX...)Whipple si duodénum proximal
Tumeur neuroendocrine (TNE)Chirurgie si localiséeAnalogues de la somatostatineSurveillance active si évolution lente
Formes avancées / métastatiquesChirurgie palliativeChimiothérapie, immunothérapieMSI-H / dMMR requis pour immunothérapie
Fusion gène NTRKThérapie cibléeLarotrectinib ou entrectinibIndépendant du type histologique

Les autres traitements du cancer de l’intestin grêle

La radiothérapie ne fait pas partie des traitements systématiques dans l’adénocarcinome du grêle. Elle est plutôt proposée en palliatif, par exemple pour contrôler un saignement, réduire une douleur persistante ou soulager une compression locale. Certaines formes localisées peuvent recevoir une chimioradiothérapie lorsqu’une réduction tumorale est nécessaire avant une éventuelle intervention. Cependant cette situation est rare. 

Les thérapies ciblées concernent uniquement les tumeurs qui présentent une fusion du gène NTRK qui permet l’utilisation de molécules comme le larotrectinib ou l’entrectinib. Une immunothérapie peut être proposée quand la tumeur présente une instabilité microsatellitaire élevée (MSI-H) ou un déficit du système de réparation des mésappariements de l’ADN (dMMR), donc principalement dans les formes métastatiques qui ne répondent pas aux traitements classiques.

Cancer de l’intestin grêle : le traitement des TNE

Pour les tumeurs neuroendocrines (TNE), la chirurgie est le traitement le plus efficace lorsqu'elles sont localisées. Les analogues de la somatostatine permettent de contrôler les sécrétions hormonales et la progression dans les formes évolutives. D'autres options peuvent être envisagées selon le profil comme les thérapies ciblées, la radiothérapie interne vectorisée, la chimiothérapie pour les formes peu différenciées ou le traitement locorégional des , qui peuvent impacter le pronostic. Certaines TNE qui évoluent lentement peuvent bénéficier d'une surveillance active.  

PROTOCOLES DE CHIMIOTHÉRAPIE POUR L'ADÉNOCARCINOME DE L'INTESTIN GRÊLE

ProtocoleMolécules inclusesContexte d'utilisation
FOLFOXLeucovorine + 5-FU + oxaliplatineAdjuvant ou maladie avancée
CAPOXCapécitabine + oxaliplatineAdjuvant ou maladie avancée
FOLFIRILeucovorine + 5-FU + irinotécanMaladie avancée ou récidive
FOLFOXIRILeucovorine + 5-FU + oxaliplatine + irinotécanFormes agressives
5-FU / Capécitabine seulsMonothérapie fluoropyrimidineSelon état général du patient

FAQ – Les différents traitements des tumeurs malignes de l’intestin grêle

Est-ce que le cancer de l’intestin grêle se soigne ?

Oui, une guérison est possible lorsque la tumeur est résécable et totalement retirée. Dans les formes avancées, les traitements visent surtout à ralentir la progression et à contrôler les symptômes.

Quel est le traitement pour une tumeur de l’intestin grêle ?

La chirurgie est le traitement principal quand la tumeur est opérable. En cas de maladie avancée, d’autres options peuvent être proposées comme la chimiothérapie, la radiothérapie à visée symptomatique, les traitements ciblés (si une anomalie spécifique est trouvée) ou l’immunothérapie. Certaines tumeurs à évolution lente peuvent aussi bénéficier d’une surveillance active.

Comment savoir si l’on a un cancer de l’intestin grêle ?

Le diagnostic repose sur l’imagerie (avec scanner et entéroscanner), l’endoscopie, la biopsie et l’analyse des prélèvements.

Quel est le pronostic du cancer du grêle ?

Il dépend du type tumoral, du stade, des possibilités chirurgicales et de la réponse aux traitements. Les formes localisées opérables ont le meilleur pronostic. Selon Santé publique France, la survie nette standardisée à 5 ans est d’environ 57 % pour l’ensemble des cancers de l’intestin grêle diagnostiqués entre 2010 et 2015.

Article écrit le 23/04/2026, vérifié par L'équipe oncologique des Dentellières