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La radiothérapie intervient presque systématiquement dans la prise en charge du cancer de la prostate, notamment dans les formes localisées qui représentent aujourd’hui environ 80% des tumeurs diagnostiquées.

Le choix de recourir à une radiothérapie pour traiter un cancer de la prostate dépend de multiples facteurs, et est étudié par une équipe médicale pluridisciplinaire avec la coopération du patient.

Si ce traitement s’avère généralement d’une grande efficacité contre la plupart des tumeurs cancéreuses, il s’accompagne aussi de nombreux effets secondaires, et il est donc important de bien s’y préparer.

Cancer de la prostate et radiothérapie

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment rencontré en France. Il concerne exclusivement les hommes – la prostate étant l’un des organes de l’appareil reproducteur masculin – et touche davantage les personnes de plus de 65 ans.

La grande majorité des cancers de la prostate sont des adénocarcinomes, tumeurs se développant à partir des cellules du tissu conjonctif de la prostate, soit de son « enveloppe ».

Ces cellules se mettent alors à proliférer anormalement et de manière tout à fait anarchique, ce qui engendre la formation d’une tumeur. Au fil du temps, la tumeur évolue et ses cellules cancéreuses s’étendent au de-là de la prostate. 

Le stade d’évolution d’un cancer de la prostate est un élément décisif dans l’élaboration du protocole de traitement le mieux adapté. 

Généralement, les tumeurs de la prostate évoluent lentement, et la plupart d’entre elles sont diagnostiquées et traitées à un stade précoce, alors qu’elles sont encore localisées.

Dans ce contexte, la radiothérapie fait un traitement de choix. Pour cause, il s’agit d’un traitement local, qui offre une action ciblée, toujours plus précise à mesure que les techniques évoluent en la matière.

L’utilisation d’un traitement local permet de limiter les effets secondaires et séquelles durables en épargnant au maximum les tissus sains de l’organisme. Une alternative locale à la radiothérapie est la chirurgie.

Le choix de procéder à une radiothérapie ou à une chirurgie lors du traitement d’un cancer de la prostate est étudié tant au regard de la nature et du stade de la tumeur, que du profil et du projet de vie du patient.

De fait, les impacts du traitement et de ses effets secondaires sur la qualité de vie du patient peuvent peser très lourd dans la balance des avantages et des inconvénients de chaque option.

On considère actuellement que la radiothérapie et la chirurgie offrent un taux de survie très similaire à 5 ans.

Toutefois, la chirurgie engendre des effets secondaires, notamment urinaires et érectiles, plus importants à court et moyen terme, pouvant grandement nuire à la qualité de vie du patient.

Modalités du traitement du cancer de la prostate par radiothérapie

La radiothérapie consiste à irradier les cellules cancéreuses de la prostate à l’aide de rayons ionisants. Ces rayons détériorent l’ADN des cellules, qui ne peuvent alors plus se multiplier et tendent à se nécroser, puis à mourir.

L’effet des rayons ionisants sur les tumeurs n’est pas immédiat et ne touche pas l’ensemble des cellules au même moment. Il est nécessaire de procéder à plusieurs séances de radiothérapie pour obtenir les résultats recherchés.

De fait, les irradiations atteignent également les tissus sains avoisinant la tumeur, ce qui rendrait l’administration d’une seule forte dose d’irradiations dangereuse pour les organes proches de la prostate.

Le traitement se déroule donc habituellement par multiples séances de radiothérapie de 10 à 20 minutes (temps de préparation compris) 5 jours par semaine. 

Le nombre total de séances nécessaires dépend de chaque patient, mais on compte habituellement 4 à 8 semaines de traitement.

Aucune hospitalisation ou anesthésie n’est nécessaire, et l’administration de rayons ionisants est complètement indolore sur le moment.

Intérêts et efficacité de la radiothérapie dans la guérison du cancer de la prostate

La radiothérapie présente une grande efficacité contre le cancer de la prostate, avec des taux de survie de plus de 87% à 2 ans et 83% à 5 ans, très similaires à ceux offerts par la chirurgie.

Contrairement à la chirurgie, la radiothérapie peut être administrée à tous, y compris aux patients présentant des facteurs de comorbidité rendant impossible - ou délicate - une opération chirurgicale. 

Seuls certains patients ayant déjà reçu des irradiations ou présentant une fragilité accrue des organes avoisinant la prostate pourraient ne pas y être éligibles.

Il s’agit d’un traitement non abrasif et complètement indolore, qui permet habituellement au patient de conserver une vie normale durant sa thérapie. 

Les différents types de radiothérapies dans le traitement du cancer de la prostate

Les principaux types de radiothérapies utilisés dans la prise en charge du cancer de la prostate sont la radiothérapie externe, la plus traditionnelle, et la radiothérapie interne.

Radiothérapie externe

La radiothérapie externe utilise des rayonnements à haute énergie (rayons X) produits par un accélérateur à particules pour irradier et détruire les cellules cancéreuses.

Les rayons sont dirigés en faisceau vers la tumeur, et doivent passer à travers la peau du patient pour atteindre son cancer de la prostate. Aussi, la peau est exposée aux irradiations, ce qui peut être à l’origine d’effets secondaires locaux, qui deviennent peu fréquents avec les nouvelles techniques.

La radiothérapie externe est un traitement de référence du cancer de la prostate. Elle est utilisée en cas de tumeurs localisées, à risque faible et intermédiaire (ce qui correspond à la plupart des cancers de la prostate diagnostiqués aujourd’hui en France ) et souvent privilégiée pour les tumeurs à risque élevé.

Elle peut être administrée seule ou en association avec d’autres traitements, tels que la chirurgie, l’hormonothérapie ou la radiothérapie interne.

 

La radiothérapie externe est utilisée seule pour traiter les cancers prostatiques localisés à faible risque.

En présence d’un cancer de la prostate localisé à risque intermédiaire, elle peut être associée à une hormonothérapie courte (6 mois maximum).

La radiothérapie externe est aussi possible dans les cancers de prostate localisés à haut risque et localement avancés. Dans ce cas de figure, elle peut être associée à un curage ganglionnaire ou une hormonothérapie longue pendant maximum 3 ans.

La radiothérapie externe est parfois proposée en complément d’une chirurgie dans certaines formes de cancers de la prostate à haut risque.

Enfin, l’équipe de soins peut envisager une radiothérapie pour traiter les métastases osseuses.

Curiethérapie

La radiothérapie interne, ou curiethérapie, consiste à insérer une source de rayonnements radioactifs à l’intérieur de la prostate, au plus près des cellules cancéreuses.

La source des rayons prend le plus souvent la forme d’un implant permanent de grain d’iode 125. Plus rarement, l’implantation temporaire d’une source d’iridium 192 peut être pratiquée.

L’action de la radiothérapie interne est très localisée, et c’est une technique privilégiée dans le traitement des cancers de la prostate locaux à faible risque, souvent en association avec une radiothérapie externe.

La curiethérapie est une radiothérapie interne utilisée en traitement local du cancer de la prostate. On l’utilise dans certains cas de cancers de la prostate localisés. Elle est parfois associée à une radiothérapie externe.

Ce traitement consiste à insérer des sources radioactives dans la prostate de manière à détruire les cellules tumorales au plus près de la tumeur. La curiethérapie réduit fortement les risques d’effets secondaires aux tissus et organes proches sains, comme le rectum, le canal anal et la vessie.

Deux options sont possibles :

  • l’insertion d’implants permanents de grains d’iode 125 radioactifs, qui restent en place définitivement dans la prostate ;
  • la mise en place d’implants transitoires de sources d’iridium 192 (curiethérapie HDR), qui seront éliminés après le traitement d’irradiation.

L’efficacité des traitements de radiothérapie de la prostate

L’évolution des technologies permet aujourd’hui de proposer aux patients des traitements d’irradiation de plus en plus précis, afin de ne pas affecter les tissus sains. La radiothérapie stéréotaxique, nouvelle génération est une technique de radiothérapie à haute précision permettant de détruire les cellules cancéreuses. Elle apparaît comme une solution très efficace dans le traitement du cancer de la prostate.

La radiothérapie stéréotaxique appartient aux techniques de radiothérapie externe. Sa précision permet de délivrer des rayons au sein de la tumeur en épargnant au mieux les tissus sains. Les organes voisins sont ainsi épargnés par les radiations, ce qui présente l’avantage de réduire considérablement les risques d’effets secondaires. Ceux-ci se manifestent par des symptômes divers : troubles gastro-intestinaux, urinaires ou rectaux, diminution du taux de testostérone, dysfonction érectile, etc.

Radiothérapie prostate : quel est le taux de survie ?

La radiothérapie prostatique présente une très bonne efficacité pour lutter contre le cancer de la prostate. On observe en effet un taux de survie à 2 ans supérieur à 87 %, et un taux de survie à 5 ans proche de 83 %. Ces pourcentages sont plus ou moins similaires à ceux offerts par une intervention chirurgicale de la prostate.

Radiothérapie prostate, quelle efficacité ?

La radiothérapie présente de nombreux avantages et offre de très bons résultats pour soigner le cancer prostatique. Elle est proposée à de nombreux hommes pour traiter des tumeurs de différents stades ou pour soulager les patients dans le cadre d’un traitement palliatif. La radiothérapie de la prostate est l’un des traitements de référence dans ce type de cancer.

Effets secondaires de la radiothérapie dans le traitement du cancer de la prostate

Bien que les techniques de radiothérapie aient grandement évolué et continuent de gagner en précision, des atteintes des tissus sains avoisinant les cellules cancéreuses sont presque toujours inévitables.

Ce sont ces atteintes des tissus sains qui provoquent l’apparition d’effets secondaires, parfois durables. Il est essentiel de noter que les effets secondaires de la radiothérapie ont de multiples facettes et peuvent prendre des formes très variées chez chaque patient. 

À court terme, une fatigue généralisée peut se manifester. En cas de radiothérapie externe, la peau peut être irritée, sèche et perdre ses poils localement. Les techniques modernes comme la Radiothérapie par Modulation d’Intensité permettent de limiter ces effets.

Les autres effets secondaires communément recensés concernent les organes proches de la prostate pouvant avoir été irradiés : il s’agit essentiellement du système digestif, urinaire et reproducteur.

Des diarrhées, crampes abdominales, irritations anales ou saignements rectaux peuvent survenir, ainsi que des douleurs et difficultés lors de la miction, fuites urinaires, émissions de sang dans les urines.

Les effets secondaires observés à moyen et long terme peuvent apparaître des mois ou années après la fin du traitement.

La présence de sang dans les selles et les urines peut perdurer, et la fréquence d’émission de selles et d’urines peut être durablement modifiée.

Des dysfonctionnements érectiles apparaissant progressivement sont également communs, accompagnant une infertilité.

La radiothérapie est généralement très efficace dans le traitement du cancer de la prostate, mais elle s’accompagne parfois d’effets secondaires durables pouvant altérer la qualité de vie du patient.

Il est essentiel d’échanger avec votre équipe médicale si vous observez des effets secondaires, et ce même des années après la fin de votre traitement.

Différentes thérapies, pas toujours médicamenteuses, peuvent vous aider à retrouver une bonne qualité de vie sur le long terme.

Le recours à la chimiothérapie pour soigner le cancer de la prostate

La chimiothérapie constitue généralement le dernier recours pour soigner le cancer de la prostate, avant d’envisager une prostatectomie. La radiothérapie est privilégiée, car elle permet de cibler précisément les cellules cancéreuses, tandis que la chimiothérapie touche l’ensemble des organes, ce qui provoque davantage d’effets secondaires délétères.

Le collège de médecins qui décide de la nature des traitements opte généralement pour l’hormonothérapie lorsque le cancer :

  • résiste à la radiothérapie ;
  • forme des métastases ;
  • présente un risque élevé de prolifération ;
  • est découvert à un stade avancé ;
  • récidive.

 

L’hormonothérapie consiste à contrer l’action des hormones masculines favorisant la croissance des cellules cancéreuses. Elle peut être prescrite seule ou en association avec un autre traitement : chirurgie ou chimiothérapie.

La chimiothérapie représente le traitement de référence des cancers de la prostate métastatiques, devenus résistants à l’hormonothérapie. Le recours aux agents anticancéreux empêche les cellules de proliférer et les détruit.

Les effets secondaires de la chimiothérapie

Les effets de la chimiothérapie dans le cadre du traitement du cancer de la prostate se manifestent par une altération du tube digestif, pouvant aller de la bouche à l’anus : ulcérations buccales, nausées, vomissements, diarrhées ou constipation.

La chimiothérapie engendre souvent la perte des cheveux, ainsi qu’une modification de la formule sanguine. Le patient se sent souvent fatigué et la baisse du nombre de ses globules blancs favorise l’apparition d’infections.

Questions réponse sur le cancer de la prostate

Qu'est-ce que le PSA et quel son rôle ?

PSA est l'abréviation de Prostate Specific Antigen (antigène spécifique de la prostate). Le mot « spécifique » souligne qu’il s’agit d’une protéine caractéristique produite uniquement par les cellules de la prostate, qu'il s'agisse de cellules normales ou de cellules cancéreuses. Aucune autre cellule de l'organisme ne produit de PSA. Le rôle du PSA dans l’organisme masculin est de fluidifier le sperme et de favoriser le déplacement des spermatozoïdes. Le PSA est également libéré dans la circulation sanguine par les cellules normales de la prostate et peut être mesuré par un simple test sanguin.

Qu'est-ce qu'un test PSA ?

Le test PSA, antigène spécifique de la prostate est le test de référence dans le diagnostic du cancer de la prostate. Il, permet en complément d’autres examens, une détection précoce du cancer de la prostate, un élément essentiel permettant d’augmenter les chances de guérison du cancer de la prostate. Les recommandations concernant le dépistage du cancer de la prostate par dosage de PSA sont les suivantes :

  • Tous les hommes âgés de plus de 50 ans
  • Les hommes afro-américains âgés de 45 ans ou plus
  • les hommes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate à l'âge de 40 ans. Une augmentation du taux d'PSA peut être le signe d'un cancer de la prostate ; cependant, une augmentation du taux d'PSA peut également être causée par une hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), une hypertrophie de la prostate.

Qu'est-ce que le cancer de la prostate ?

La première étape est le développement du cancer de la prostate et sa croissance à l'intérieur de la glande prostatique. Pour des raisons inconnues, une ou plusieurs cellules saines de la prostate se transforment en cellules cancéreuses de la prostate et commencent à se développer. La caractéristique de tout cancer est la croissance des cellules cancéreuses par la reproduction ou la fabrication d'autres cellules cancéreuses. Pendant une longue période, le cancer de la prostate se développe uniquement à l'intérieur de la prostate et est contenu par la capsule qui entoure la prostate.

Quelles sont les chances de guérison du cancer de la prostate ?

Comprendre la signification de la guérison du cancer de la prostate est l'une des choses les plus importantes apprises lors des recherches sur le cancer de la prostate. On vise un taux de PSA inférieur à 0,2 ng/ml après plusieurs mois de traitement et son maintien à ce niveau pendant 10 ans ou plus. Lorsqu'il est détecté à un stade précoce, le cancer de la prostate est traitable et les taux de survie à long terme sont élevés ; toutefois, c’est à l’oncologue radiothérapeute de déterminer de manière individuelle le processus thérapeutique de votre cancer. Les traitements dépendent de l'agressivité du cancer de la prostate et de son stade développement. Dans les stades précoces de détection, le cancer de la prostate présente une espérance de vie très positive avec plus de 95% de survie après 5 ans.

Quels sont les symptômes du cancer de la prostate ?

Le cancer de la prostate provoque rarement des symptômes urinaires, tels qu'un jet faible et lent. Les symptômes urinaires sont normalement causés par la compression de l'urètre due à une hypertrophie de la prostate, appelée hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Le premier signe ou symptôme du cancer de la prostate (autre qu'un taux élevé de PSA ou un toucher rectal positif) est généralement une douleur osseuse due à des cellules cancéreuses qui se sont propagées aux os, ce qui est un signe de maladie à un stade avancé.

Comment savoir si vous avez un cancer de la prostate ?

Une augmentation de l'antigène spécifique de la prostate (PSA) et/ou un toucher rectal positif, effectués par votre oncologue ou votre urologue, peuvent indiquer un cancer de la prostate ; cependant, une biopsie de la prostate est nécessaire pour déterminer un diagnostic précis de cancer de la prostate.

Article écrit le 11/01/2021 , vérifié par Equipe médicale du centre de cancérologie de Metz Modifié le 14/07/2022 , vérifié par Equipe médicale du centre de cancérologie de Metz

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