Le cancer du poumon à petites cellules est une forme de cancer particulièrement agressive, pour laquelle la prise en charge chirurgicale, pierre angulaire de la lutte contre le cancer, n’est souvent pas envisageable. Dans ce contexte, la radiothérapie et la chimiothérapie se positionnent alors comme des armes thérapeutiques de choix. Bien que le pronostic du cancer du poumon à petites cellules soit souvent défavorable, la radiochimiothérapie permet habituellement d’améliorer significativement la qualité de vie des patients et de prolonger leur espérance de vie dans de bonnes conditions.

Le cancer du poumon à petites cellules

Le cancer du poumon à petites cellules est un carcinome bronchique, une tumeur maligne se développant à partir des cellules des bronches. Il s’agit d’une tumeur neuroendocrinienne, un groupe de pathologies cancéreuses pouvant atteindre de multiples organes – notamment digestifs, présentant des caractéristiques communes. Ces tumeurs sont composées de cellules de petite taille extrêmement actives, qui se multiplient rapidement. Ces différentes caractéristiques en font un cancer redoutable, car il évolue très vite en métastases et rend difficile, voire impossible, la mise en œuvre de thérapies locales ciblées, et plus particulièrement de traitements chirurgicaux. On estime que la plupart des cancers bronchiques à petites cellules sont hautement corrélés au tabagisme. Ils représentent entre 15 % et 20 % de tous les cancers du poumon, et présentent un pronostic des plus délicats. Pour cause, il s’agit d’une pathologie silencieuse qui ne provoque de symptômes qu’à son stade métastatique. Plus de la moitié des cancers du poumon à petites cellules sont diagnostiqués lorsqu’ils se sont déjà métastasés.

Cancer du poumon à petites cellules : quelle approche thérapeutique ?

Les caractéristiques propres au cancer neuroendocrinien qu’est le cancer du poumon à petites cellules impliquent une stratégie thérapeutique relativement restreinte. L’élaboration d'un protocole de traitement dépend, en outre, du profil du patient. Le diagnostic de la maladie étant habituellement réalisé alors que le cancer s’est déjà infiltré, une chirurgie curative n’est pas envisageable. Parmi les armes thérapeutiques traditionnelles de la lutte contre le cancer, il ne reste donc que la radiothérapie et la chimiothérapie. Lorsque ces thérapies sont utilisées en synergie, on parle de radiochimiothérapie.  Outre la radiochimiothérapie, certains essais cliniques peuvent permettre aux patients de bénéficier de traitements novateurs toujours à l’étude. Parmi ces traitements innovants, l’immunothérapie offre des résultats prometteurs et peut être proposée à certains patients souffrant d’un cancer du poumon à petites cellules.

Radiothérapie et cancer du poumon à petites cellules

Dans le cadre de la prise en charge du cancer du poumon à petites cellules, la radiothérapie peut adopter différentes dimensions : curative, palliative ou préventive. Son utilisation dépend tant des caractéristiques, du stade et du grade du cancer, que du profil et du projet de vie du patient.

Radiothérapie curative du cancer du poumon à petites cellules

Lorsqu’elle est utilisée en association avec une chimiothérapie, la radiothérapie du cancer du poumon adopte souvent une portée curative, c’est-à-dire destinée à obtenir une guérison relativement durable. Différents types de radiothérapie peuvent être utilisés dans le cadre d’une radiochimiothérapie du cancer du poumon à petites cellules. Les séances d’irradiation ont alors lieu en même temps que la chimiothérapie. La radiothérapie stéréotaxique d’ablation fait figure de traitement de référence. Elle permet d’administrer des doses de radiations plus élevées et avec plus de précision que la radiothérapie externe classique. Les tissus sains des poumons sont alors mieux préservés, ce qui amoindrit les effets indésirables immédiats et les séquelles durables.

Radiothérapie palliative du cancer du poumon à petites cellules

La radiothérapie palliative du cancer du poumon à petites cellules peut parfois être associée à une chimiothérapie. Elle est privilégiée chez certains patients présentant des facteurs de comorbidité ou atteints de cancers de stades avancés. L’objectif est alors d’améliorer la qualité de vie du patient, sans nécessairement espérer de guérison. L’irradiation des zones les plus atteintes par les cellules cancéreuses permet de diminuer la taille des tumeurs pour amoindrir et contrôler au mieux les symptômes de la maladie. Le traitement palliatif peut également permettre de ralentir la propagation du cancer afin d’accroître la durée de vie du patient dans les meilleures conditions possibles.

Radiothérapie préventive du cancer du poumon à petites cellules

Puisque le cancer du poumon à petites cellules tend à se métastaser rapidement, et se trouve souvent déjà au stade métastatique lorsqu’il est diagnostiqué, un traitement préventif peut être indiqué pour préserver au mieux les zones de l’organisme encore saines. Dans ce cadre, le patient peut se voir proposer une radiothérapie prophylactique du cerveau, les tissus cérébraux étant souvent les premières cibles des métastases du cancer bronchique à petites cellules. L’irradiation prophylactique cérébrale (IPC) à irradier le cerveau du patient dans l’optique de retarder, ou d’éviter, le développement d’une tumeur cérébrale secondaire. Il s’agit d’éliminer d’éventuelles métastases dont on soupçonne la présence, sans nécessairement les voir lors d’examens d’imagerie médicale. On estime que la radiothérapie préventive permettrait de réduire de 50% l’envahissement cérébral du cancer du poumon à petites cellules. La radiothérapie s’affirme comme un traitement de choix du cancer du poumon à petites cellules, dans une optique tant curative que préventive. Associée à la chimiothérapie, elle offre même une perspective de guérison durable aux patients ne pouvant pas bénéficier de traitements chirurgicaux.

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