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Le cancer de la prostate est particulièrement répandu en France. Puisqu’il s’agit du cancer masculin le plus fréquent, sa prise en charge est considérée comme un enjeu de santé publique majeur. À l’heure actuelle, le choix de la stratégie thérapeutique la mieux adaptée dépend principalement du stade de l’évolution et de l’agressivité de la maladie, ainsi que de l’état de santé général du patient et de ses souhaits. Aussi, les cancers de la prostate diagnostiqués à un stade précoce, intermédiaire ou avancé de leur évolution appellent des solutions thérapeutiques distinctes et n’offrent pas les mêmes marges de manœuvre.

Infographie : les stades du cancer de la prostate

Stade cancer prostate

Quels traitements pour le cancer de la prostate à faible risque, stade I et II ?

Le cancer de la prostate est dit « à faible risque » lorsque ses caractéristiques permettent d’estimer qu’il évolue lentement, est peu agressif et/ou qu’une récidive est peu probable avec un traitement adapté. Habituellement, il s’agit de cancers se trouvant au stade I ou au stade II de leur évolution, voire de certains cancers de stade III encore limités et peu agressifs. Le cancer est alors une tumeur isolée et localisée, qui ne s’est pas étendue aux tissus et organes voisins. C’est la forme qui offre habituellement le plus d’options thérapeutiques, et le meilleur pronostic. Dans cette configuration, le traitement privilégié est la résection chirurgicale. Elle consiste en une ablation complète de la prostate (prostatectomie), parfois associée à une ablation des ganglions lymphatiques. La radiothérapie peut être prescrite en complément de la chirurgie, afin de réduire les risques de récidive. On parle alors de radiothérapie adjuvante. La chimiothérapie est rarement indiquée dans la prise en charge de cancers de la prostate à faible risque. Il arrive que le patient soit inopérable, généralement en raison de comorbidités rendant toute intervention chirurgicale particulièrement risquée. Le refus d’une chirurgie peut également être un souhait du patient. Dans ces conditions, le cancer de la prostate à faible risque peut être traité uniquement par radiothérapie, par chimiothérapie, ou par chimioradiothérapie (association de radiothérapie et chimiothérapie). La radiothérapie stéréotaxique, une technique innovante particulièrement précise, peut offrir un résultat comparable à la chirurgie. On qualifie d’ailleurs cette technique de radiochirurgie. Enfin, la simple surveillance est parfois privilégiée. Les patients âgés, chez qui la maladie progresse particulièrement lentement, sont de bons candidats à cette alternative.

Quels traitements pour le cancer de la prostate à risque intermédiaire, stade III ?

Le cancer de la prostate est dit « à risque intermédiaire » lorsqu’il se trouve à un stade III localement avancé ou à un stade IV sans métastases. La tumeur cancéreuse n’est, dès lors, plus isolée et bien délimitée, mais s’est infiltrée aux tissus voisins et menace d’atteindre d’autres organes proches du site primitif, puis, inéluctablement, de se métastaser. Le traitement de référence face à un cancer de la prostate à risque intermédiaire demeure la chirurgie oncologique, associée à une radiothérapie et à une hormonothérapie. Là encore, la chimiothérapie est rarement prescrite, mais peut intervenir en cas de récidive ou lorsque le cancer ne répond pas aux premiers traitements. Si la résection chirurgicale de la prostate n’est pas possible, en raison de comorbidités ou de la localisation de la tumeur, la radiothérapie externe stéréotaxique, ou radiochirurgie, peut constituer une alternative. Elle est toutefois limitée aux tumeurs de petite taille.

Cancer métastatique  : quel traitement pour le cancer de la prostate de stade IV ?

Le cancer de la prostate métastatique est la forme la plus avancée de la maladie. Il correspond au stade IV avec des métastases. La formation de métastases intervient lorsque les cellules cancéreuses voyagent à travers l’organisme pour envahir n’importe quel organe, même les plus éloignés de la prostate. Le cancer n’est alors plus localisé, mais étendu au corps tout entier. Habituellement, le cancer de la prostate métastatique n’offre pas d’espoir de guérison totale. Toutefois, un traitement palliatif peut permettre d’accroître la longévité du patient et d’améliorer significativement son confort. Par ailleurs, il est important de ne pas baisser les bras à l’annonce d’un cancer métastatique : la maladie touche habituellement les personnes âgées (74 ans en moyenne), chez qui elle progresse généralement lentement. Un traitement palliatif suffit donc parfois à ralentir suffisamment l’évolution de la maladie pour que les patients puissent atteindre une longévité « normale » et décèdent d’une autre cause. Le traitement de référence face à un cancer de la prostate métastatique est rarement local. La chirurgie est habituellement exclue, la balance bénéfices/risques n’étant pas en sa faveur. Elle demeure envisageable lorsqu'une tumeur entraîne des symptômes gênants, auquel cas elle peut permettre d’améliorer la qualité de vie du patient. La radiothérapie peut être administrée dans le même objectif, en ciblant une tumeur volumineuse provoquant des symptômes qui détériorent la qualité de vie du patient. La chimiothérapie, quant à elle, peut permettre d’éliminer en partie les métastases qui voyagent l’organisme du patient. C’est souvent le traitement palliatif de référence pour les cancers de stade très avancé. Tous les cancers de la prostate ne traitent pas de la même manière, et tous n’offrent pas les mêmes alternatives. Aussi, il est essentiel de noter que les cancers de la prostate traités à un stade précoce de leur évolution peuvent généralement bénéficier de thérapies moins lourdes et plus efficaces. Au stade très avancé de la maladie, il convient habituellement de privilégier un traitement palliatif qui permet d’améliorer, parfois significativement, le confort des patients, ainsi que d’accroître leur longévité. Quel que soit le stade d’évolution du cancer de la prostate, la radiothérapie conserve une place importante dans sa prise en charge, notamment depuis l’essor des techniques stéréotaxiques pouvant offrir aux patients inopérables les mêmes chances que celles apportées par la chirurgie.

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