Le cancer du pancréas est une pathologie insidieuse, souvent détectée à un stade avancé en raison de l’absence de symptômes précoces. 

Cette maladie grave peut cependant provoquer certains signes qui doivent mettre la puce à l’oreille et motiver une consultation médicale. Une prise en charge efficace repose sur la mise en place précoce d’un traitement.

Cancer du pancréas, symptomes, diagnostic et traitements

Qu’est-ce qu’un cancer du pancréas ?

Le cancer du pancréas se développe lorsque des cellules anormales se multiplient de manière incontrôlée dans le pancréas, une glande située derrière l’estomac. Le pancréas joue un rôle crucial dans la digestion et la régulation de la glycémie par la production d’enzymes digestives et d’hormones telles que l’insuline. 

L’anatomie du pancréas est complexe. Il est composé de trois parties : la tête, le corps et la queue. La majorité des cancers pancréatiques se développent dans la tête du pancréas. On distingue principalement deux types de cancer du pancréas : l’adénocarcinome, qui représente la grande majorité des cas, et les tumeurs neuroendocrines, plus rares. 

Les facteurs de risque d’une tumeur pancréatique peuvent inclure le tabagisme, l’obésité, la pancréatite chronique ou les antécédents familiaux de cancer. Les mutations génétiques et les antécédents héréditaires peuvent également augmenter le risque de développer cette maladie.

Est-ce que l'alcool peut provoquer un cancer du pancréas ?

Cancer du pancréas : les symptômes possibles

Le cancer du pancréas est souvent qualifié de cancer silencieux. Les premiers symptômes du cancer du pancréas sont donc généralement absents ou très discrets, rendant le diagnostic précoce difficile, ce qui pose la question de comment détecter un cancer du pancréas ? Cependant, certains signes peuvent alerter. 

Les symptômes peuvent inclure des douleurs abdominales ou dorsales persistantes, souvent liées à la pression de la tumeur sur les organes adjacents. Une perte de poids inexpliquée et une diminution de l’appétit sont fréquentes. La jaunisse, caractérisée par un jaunissement de la peau et des yeux, peut survenir si la tumeur obstrue le canal biliaire. 

Des troubles digestifs comme les nausées, les vomissements, un ventre gonflé et les changements dans les selles, notamment une diarrhée grasse, peuvent également être des indicateurs. Bien que ces symptômes puissent être associés à d’autres maladies moins graves, leur persistance doit inciter à consulter un médecin.

Ventre gonflé et troubles digestifs quand consulter ?

Un ventre gonflé est un symptôme très fréquent et, dans la grande majorité des cas, il n’a rien de grave. Il peut être lié à l’alimentation, au stress, à une constipation, à un syndrome de l’intestin irritable, à un reflux, ou à une infection digestive passagère. Ce qui change la lecture clinique, ce n’est pas le ballonnement isolé, c’est sa durée et surtout ce qui l’accompagne. 

Quand le gonflement s’installe sur plusieurs semaines, qu’il devient plus marqué après les repas, qu’il s’associe à une sensation de digestion lente, à une satiété rapide, à des nausées, à des vomissements, ou à une perte d’appétit, cela mérite un avis médical. Dans le cadre d’une atteinte pancréatique, les symptômes digestifs peuvent aussi être expliqués par une diminution des enzymes digestives, ce qui entraîne une digestion moins efficace, en particulier des graisses. 

Certaines personnes décrivent alors des selles plus volumineuses, parfois plus claires, malodorantes, qui flottent, ou difficiles à évacuer, avec une impression que les troubles digestifs ne ressemblent pas à ceux habituels. La difficulté est que ces signes ne sont pas spécifiques, ils peuvent aussi s’observer avec d’autres maladies du tube digestif ou de la vésicule biliaire. La bonne approche est donc de raisonner sur l’évolution. 

Un ballonnement qui va et vient selon les repas et s’améliore rapidement est plutôt rassurant. À l’inverse, un ballonnement qui progresse, qui s’accompagne d’un amaigrissement, d’une fatigue inhabituelle, ou d’une gêne persistante du haut de l’abdomen doit être exploré. Il ne s’agit pas de s’alarmer, mais d’éviter de banaliser un tableau qui persiste, surtout si les mesures simples ne changent rien, comme l’adaptation alimentaire ou le traitement d’une constipation. 

En pratique, une première consultation permet de rechercher une cause simple et de vérifier l’absence de signe de gravité. Le ou la médecin peut proposer des examens de première intention et orienter ensuite vers une imagerie plus précise si nécessaire. Il est aussi utile de consulter plus rapidement si l’un des éléments suivants apparaît :

  • Une perte de poids involontaire,
  • Des vomissements répétés,
  • Des douleurs du haut du ventre qui durent ou qui réveillent la nuit,
  • Une fatigue marquée qui s’installe,
  • Une dégradation rapide de l’état général.

Ces repères permettent de trier les situations bénignes, très fréquentes, et celles qui justifient un bilan plus complet.

Signes du cancer du pancréas les plus évocateurs au quotidien

Le cancer du pancréas est souvent qualifié de discret au début, parce que les premiers signes peuvent être absents ou se confondre avec des troubles digestifs courants. 

Malgré tout, certains symptômes sont plus évocateurs lorsqu’ils apparaissent sans explication claire, qu’ils s’installent progressivement, et qu’ils s’associent entre eux. La jaunisse en fait partie. Elle correspond à un jaunissement de la peau et du blanc des yeux, lié à une obstruction des voies biliaires lorsque la tumeur est située dans la tête du pancréas. Elle peut s’accompagner d’urines foncées, de selles décolorées, et de démangeaisons diffuses. Ce tableau doit conduire à consulter rapidement, car il nécessite des examens et une prise en charge sans tarder, même lorsque la personne ne ressent pas de douleur importante. Les douleurs constituent un autre signal fréquent. 

Elles siègent souvent dans le haut de l’abdomen, avec une irradiation vers le dos, parfois majorée en position allongée et parfois atténuée en se penchant en avant. Là encore, ce n’est pas la douleur isolée qui oriente, mais sa persistance, sa progression, et son association à d’autres signes comme une perte de poids, une fatigue inhabituelle, ou une baisse de l’appétit. L’amaigrissement involontaire et l’anorexie sont en effet des éléments régulièrement rapportés, car l’organisme supporte moins bien l’alimentation, et parce que la maladie modifie le métabolisme de façon globale. Un signe important, souvent méconnu, concerne la glycémie. 

Un diabète qui apparaît après 50 ans, ou un diabète déjà connu qui devient plus difficile à équilibrer sans raison évidente, peut faire partie des situations qui incitent à vérifier le pancréas, surtout s’il s’associe à une perte de poids ou à des douleurs persistantes. Cela ne veut pas dire que tout diabète révèle un cancer, mais que dans un tableau global, c’est un élément à prendre en compte. Enfin, les facteurs de risque aident à contextualiser sans conclure à eux seuls. 

Le tabagisme, le surpoids, l’obésité, certaines pancréatites chroniques, et des antécédents familiaux ou génétiques augmentent la probabilité, ce qui justifie d’être plus attentif en cas de symptômes persistants. L’objectif de ces repères est simple. 

Favoriser une consultation au bon moment, accélérer le diagnostic quand c’est nécessaire, et permettre une prise en charge adaptée, qui peut associer selon les cas chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie.

 

Comment savoir si l’on a un cancer du pancréas ? (Diagnostic)

Le diagnostic du cancer du pancréas repose sur plusieurs examens.

Échographie abdominale

Après un examen clinique, une échographie abdominale est prescrite. Elle permet d’observer le pancréas et de détecter d’éventuelles anomalies grâce à une sonde à ultrasons. Si une tumeur est détectée, ou si les images obtenues ne sont pas suffisantes, un scanner est indiqué.

Scanner

C’est l’examen clé. Il permet de visualiser de façon précise le pancréas et les organes qui l’entourent. Les images obtenues permettent de confirmer ou non la présence d’une tumeur maligne et de connaître sa localisation exacte et son volume. 

Si le diagnostic de cancer du pancréas est confirmé, le scanner permet aussi de visualiser les autres organes de l’abdomen et de savoir s’il est possible d’opérer ou non la tumeur. Si les clichés du scanner font fortement suspecter la présence d’un cancer, plusieurs examens complémentaires sont prescrits.

IRM

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) apporte encore plus de précisions et des informations complémentaires. Elle permet notamment de contrôler le foie pour exclure une possible atteinte.

Écho-endoscopie

Réalisée sous anesthésie générale à l’aide d’un endoscope et d’une sonde d’échographie, elle permet d’examiner le pancréas, de repérer et d’analyser les anomalies présentes, et de réaliser une biopsie.

Biopsie cancer du pancréas

Cette biopsie consiste à prélever des échantillons de la tumeur pour les soumettre à une analyse microscopique, pour confirmer le diagnostic et caractériser les cellules tumorales. La réalisation de la biopsie est réservée aux cas où la tumeur apparaît inopérable à l’imagerie ou lorsque l’on décide d’effectuer un traitement néoadjuvant pour réduire la taille de la tumeur avant l’opération. 

Elle n’est en revanche pas pratiquée lorsqu’il existe de fortes chances que la lésion soit cancéreuse, mais retirable chirurgicalement. Dans ce cas, la tumeur est d’emblée enlevée et analysée ensuite en anatomopathologie. Une prise de sang complète le bilan d’extension. Elle permet d’évaluer l’état de santé général du patient.

Infographie du cancer du pancréas

Infographie cancer du pancréas

Cancer du pancréas : Traitements

Le protocole de traitement du cancer du pancréas dépend du stade de la maladie, de la localisation de la tumeur et de l’état général du patient. Les options thérapeutiques comprennent essentiellement la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie. La chirurgie, lorsque la tumeur est opérable, est souvent la meilleure option pour les tumeurs localisées. 

L’opération la plus courante est la duodéno-pancréatectomie céphalique (ou opération de Whipple), qui consiste à retirer la tête du pancréas, une partie de l’estomac, du duodénum, de la vésicule biliaire et des ganglions lymphatiques avoisinants. Pour les tumeurs situées dans le corps ou la queue du pancréas, une pancréatectomie distale (ou pancréatectomie gauche) est réalisée. Lorsque la chirurgie n’est pas possible en raison de la taille ou de la localisation de la tumeur, la chimiothérapie et la radiothérapie sont envisagées pour réduire la tumeur et contrôler la maladie. 

La chimiothérapie utilise des médicaments pour détruire les cellules cancéreuses, tandis que la radiothérapie utilise des rayons X à haute énergie pour les cibler. Le traitement des métastases repose sur un traitement palliatif afin de soulager les symptômes et la douleur. Au stade 4, stade ultime du cancer du pancréas, l’espérance de vie est très limitée, avec un pronostic sombre pour le patient.

Questions fréquentes sur le cancer du pancréas

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

Douleurs du haut ventre ou du dos, perte de poids, baisse d’appétit, fatigue, troubles digestifs et parfois jaunisse.

Le ventre gonflé peut-il être un symptôme ?

Oui, mais il est très peu spécifique. Il devient plus évocateur s’il persiste et s’accompagne de perte de poids, douleurs, nausées ou modification des selles.

Quels signes doivent faire consulter rapidement ?

Une jaunisse, une perte de poids inexpliquée, des douleurs persistantes du haut ventre ou du dos, ou des selles anormales qui durent.

Un diabète récent peut-il être lié au pancréas ?

Parfois. Un diabète qui apparaît ou se déséquilibre sans cause évidente, surtout après 50 ans, mérite un avis médical.

Peut-on diagnostiquer avec une prise de sang ?

Non. Les prises de sang peuvent aider, mais le diagnostic repose sur l’imagerie et parfois une biopsie.

Les symptômes apparaissent-ils tôt ?

Souvent non. C’est pour ça que des signes qui persistent doivent être pris au sérieux même s’ils semblent banals au départ.

Article écrit le 20/10/2024, vérifié par l'équipe oncologie des Dentellières
Modifié le 18/01/2026, vérifié par Centre Finistérien de Radiothérapie et d'Oncologie