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Les femmes et les personnes les plus aisées participent le plus au test de dépistage du cancer du côlon. Il existe encore des freins à la participation : niveau socio-économique, crainte du diagnostic, éloignement de la médecine.

Tableau synthétique sur la participation au dépistage du cancer du côlon 

Indicateurs

Données-clés

Taux de participation national

33,1 % (2025)

Participation 2024-2025

30,7 %

Seuil européen acceptable

45 %

Personnes dépistées

6,4 millions

Population cible

20,9 millions

Taux de tests positifs

3,4 %

Participation femmes

34,3 % (2025)

Participation hommes

31,8 % (2025)

Territoire qui participe le moins

Guyane (10,6 %)

Département qui participe le plus

Haute-Savoie (39,9 %)

Succès de l'envoi des kits à domicile

16,4 % du total des kits

Réalisation de coloscopie après un test positif

Seules 4,7 % des personnes ayant eu un test positif ont 
bénéficié d'une
coloscopie à 1 mois

Résumé sur le dépistage du cancer du côlon et sa participation 

  • Le taux de participation au dépistage du cancer du côlon le plus récent est de 33,1 % (2025),

  • Le taux pour la période 2024-2025 progresse légèrement par rapport à 2023-2024 (30,7 % contre 29.6 % pour 2023-2024).

  • Il reste inférieur au seuil européen jugé acceptable : 45 %.

  • Environ 6,4 millions de personnes ont réalisé un test sur 20,9 millions ciblées.

  • Le taux de tests positifs est de 3,4 %.

  • Les femmes participent davantage que les hommes : 34,3 % (2025) contre 31,8 % (2025).

  • D’importantes disparités territoriales persistent (10,6 % en Guyane contre 39,9 % en Haute-Savoie).

  • Le dépistage, proposé, tous les deux ans, dès 50 ans, permet de détecter un cancer à un stade précoce,

  • Le taux de survie d'un cancer du côlon peut dépasser 90 % quand il est détecté de manière précoce.

  • La coloscopie tarde souvent après la réception d'un test positif.

Le taux de participation au dépistage du cancer du côlon a été de 30,7 %, en 2024-2025, indique Santé publique France dans sa dernière livraison du 11 mars 2026. Ce taux est un peu meilleur par rapport à la période précédente (2023-2024) : 29,6 %. Il est même meilleur si l'on ne prend en compte que l'année 2025 : 33,1 %. Ces chiffres restent néanmoins largement en-dessous du seuil considéré comme "acceptable" en Europe (45%). 

6 millions de personnes participent au dépistage du cancer colorectal

En 2024-2025, environ 6,4 millions de personnes ont réalisé un test de dépistage du cancer du côlon, sur les 20.9 millions ciblées.

Carte de la participation au dépistage du cancer du côlon et du rectum

Pourquoi la participation au dépistage du cancer du côlon reste-t-elle faible ? image d'un graphique avec la France et des nuances de bleu en fonction de la participation au dépistage du cancer colorectal selon les départements ou territoires. Schéma Santé publique France

Sources : Carte publiée en 2022-2023 (dernière en date disponible) IGN GEOFLA, 23014 santé publique France 26/02/2024 Données issues des CRCDC et ELP de l'Insee. Bulletin. Dépistages organisés. Participation au programme de dépistage organisé du cancer colorectal, période 2022-2023 et évolution depuis 2010. Édition nationale. Mai 2024.

Test colorectal femme/homme

Le taux de participation en 2025 est toujours plus élevé chez les femmes que chez les hommes : 34,3 % contre 31,8 %. Il existe des différences territoriales en termes de participation :

Territoire/Département qui participent le moins :

  • Guyane : 10,6 %,

  • Corse : 17,5 %,

  • Seine-Saint-Denis : 23,5 %.

Départements qui participent le plus :

  • Haute-Savoie : 39,9 %,

  • Ille-et-Vilaine : 39 %,

  • Isère : 38,4 %.

3,4 % de tests positifs
Sur les 6.4 millions de personnes qui ont réalisé un test en 2024-2025, 215 329 ont reçu un résultat positif, soit 3,4 % du total. Ce pourcentage baisse depuis 2015, période à laquelle le test immunologique a été mis en place (celui-ci est plus efficace, il ne reconnaît que le sang humain). Santé publique France rappelle que les kits de dépistages sont commandables en ligne. On peut aussi les obtenir dans une pharmacie.

Les plus aisés participent plus

Selon la Drees, organisme de statistique du ministère de la Santé, ce sont les personnes les plus aisés qui participent le plus au dépistage du cancer du côlon.

Sur la période 2017-2020 :

  1. les 10% les plus aisés participent à hauteur de 31,4 %

  2. Les 10% les plus modestes, participent à hauteur de 16,1 %.

Sur cette période, le taux de participation était plus faible qu'en 2023 : 27,7%.

Coloscopie dans le cadre d'un suivi individuel

En outre, la Drees remarque que plus on est aisé, plus on échappe au dépistage organisé. Il n'est pas impossible que les personnes concernées se fassent suivre dans le cadre d'une consultation médicale individuelle incluant une coloscopie, ce qui pourrait augmenter le nombre réel de personnes dépistées.

Qu'est-ce qui empêche le dépistage du côlon ?

La Drees conclut en listant les freins possibles à l'accès au dépistage :

  • coût en lien avec les examens complémentaires,

  • reste à charge en cas de diagnostic de cancer,

  • problématique de transport,

  • moindre accès à l'information et aux recommandations,

  • difficultés à se rendre chez un ou une professionnelle de soins,

  • anticipation du diagnostic,

  • crainte du pronostic,

  • handicap,

  • trouble psychique...

Le test de dépistage du cancer du côlon est-il utile ? 

Comme le souligne l'Inca, le cancer du côlon peut évoluer des années sans symptômes. Malheureusement, quand les symptômes se manifestent, la pathologie est souvent évoluée et les chances de survie moindres.

Tumeur

Le dépistage du cancer du côlon, réalisé à partir de 50 ans, tous les deux ans, et gratuit, permet de repérer une tumeur maligne a un stade précoce. Il repère les traces de sang dans les selles. Dans le cas d'un cancer du côlon précoce, la survie à 5 ans peut dépasser 90%. Dans cette situation, les traitements sont plus légers et la qualité de vie s'en ressent. Le dépistage du cancer du côlon et du rectum (colorectal) est donc très utile.

Pourquoi passer le test du côlon ? 

95% des cancers du côlon et du rectum sont détectés après 50 ans. Le dépistage s'adresse donc à toutes les femmes et tous les hommes qui ont entre 50 et 74 ans et qui ne présentent pas de signes ou de facteurs de risque. Si c'est votre cas, votre médecin vous proposera une prise en charge individualisée.

Le kit en pratique

Le test de dépistage peut être commandé sur monkit.depistage-colorectal.fr. Un questionnaire est proposé pour vérifier si vous n'avez pas de symptômes ou des facteurs de risque. Vous pouvez aussi vous rendre en pharmacie pour récupérer le kit. Vous pouvez de même consulter votre médecin traitant, ou un ou une :

Succès des kits de dépistage envoyés à domicile

Dans une autre étude, parue en mars 20226, Santé publique France souligne également que l'accès aux kits de dépistage a été facilité grâce une augmentation des modes de remise. On peut, en effet, obtenir ces kits de multiples façon : 

Peut-on recevoir le kit du dépistage du cancer colorectal à domicile ?

En outre, l'Assurance maladie envoie ce kit lorsqu'elle relance, pour la 2e fois, les participants et participantes aux précédentes campagnes de dépistage. En 2025, 16.4% des kits provenaient de ce genre d'envoi à domicile (le pourcentage était faible en 2024, chiffre non précisé). Dans le même temps, la proportion de kits provenant des médecins traitants baissent à 31.7 % en 2025 contre 42.7 % l'année précédente. Cela suggère que l'envoi à domicile est une pratique appréciée des participantes et participants au dépistage.

Améliorer la prise en charge suite à un test positif

Parmi les freins éventuels à l'adhésion au test de dépistage du cancer colorectal figure cette nouvelle données récentes publiée par Santé publique France : seules 4.7 % des personnes ayant reçu un résultat positif ont pu bénéficier d'une coloscopie au bout d'un mois ! Cela laisse craindre une prise en charge retardée des personnes potentiellement atteintes d'un cancer. Les autorités sanitaires rappellent qu'une coloscopie est recommandée dans les 31 jours quand un test de dépistage se révèle positif. Or, cette coloscopie "est souvent effectuée plus tardivement et n’est parfois pas pratiquée", soulignent les auteurs de l'étude. Sur le 530 674 personnes participantes à l'étude :

  • 4.7 % ont bénéficié d'une coloscopie à 1 mois,

  • 52.2 % à 3 mois,

  • 87 % à 24 mois.

Parmi les facteurs augmentant le délai, ou le risque de non réalisation de la coloscopie, figure :

  • le fait d'être un homme,

  • le fait que le médecin traitant n'ait pas reçu les résultats ou l'absence de médecin traitant qui pourrait faire le relais,

  • le fait d'appartenir à la tranche d'âge 70-75 ans,

  • le fait d'avoir passé ce test pour la première fois,

  • le fait d'appartenir à une population défavorisée.

Ces résultats, selon les autorités sanitaires, "plaident pour la mise en place de dispositifs spécifiques pour améliorer l’aval du dépistage, en particulier chez les populations vulnérables." Si elles soulignent que le respect du délai d'un mois semble pratiquement irréalisable, en raison de difficultés de pris en charge et d'organisation, ce retard ne semble pas préjudiciable s'il reste raisonnable. Déjà, il semble qu'une coloscopie réalisée 10 mois après le test positif pourrait augmenter le risque de diagnostiquer un cancer à un stade avancé. En outre, si une coloscopie n'est pas du tout réalisée à la suite d'un test positif, certaines études associent cette non-réalisation à un risque de doublement du risque de décès en lien avec un cancer colorectal.

Sources 

Cet article médical a été écrit par un rédacteur expert santé et SEO (EEAT et YMYL), Pierre Luton. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.  

Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.

Vos questions fréquemment posées sur le dépistage du cancer du cancer du côlon et sa participation :

Quels sont les symptômes du cancer du côlon et du rectum ?

sang dans les selles, mal de ventre, diarrhée

Le cancer du côlon peut rester longtemps sans symptômes. Raison pour laquelle, il est important de faire le test de dépistage à partir de l'âge de 50 ans, tous les deux ans, avant que le cancer ne se déclare, le cas échéant. 

Voici les symptômes possibles :

  • douleurs abdominales,

  • sang dans les selles,

  • alternance entre diarrhée et constipation,

  • perte de poids inexpliquée,

  • fatigue...

Stades cancer du côlon : symptômes et traitements

Peut-on guérir d'un cancer du côlon ?

Quelle est l'espérance de vie avec un cancer du côlon ?

Il est possible de guérir d'un cancer du côlon dans la mesure où le statistiques d'espérance de vie sont relativement favorables tout stade confondu : 65% pour les femmes et 63% pour les hommes.

Survie

Les chances de guérison sont encore plus fortes lorsqu'il s'agit d'un cancer pris en charge de manière précoce : plus de 90%.

Un polype qui saigne est-il cancéreux ?

polypes coloscopie

Selon la Ligue contre le cancer, un polype qui saigne n'est pas nécessairement cancéreux. Rappelons que la plupart des cancers colorectaux sont liés à des polypes qui sont devenus malins. Et les polypes saignent de temps en temps. Pour savoir si un polype qui saigne est cancéreux, il faut le retirer, au cours d'une coloscopie, et l'étudier.

Quelles sont les facteurs de risque du cancer du côlon ?

  • âge, après 50 ans,

  • antécédent personnel de cancer colorectal,

  • présence de tumeurs bénignes (polypes),

  • consommation importante de viande rouge, de charcuteries et pauvres en fibres,

  • consommation excessive d'alcool,

  • surpoids, obésité,

  • manque d'activité physique,

  • consommation de tabac,

  • lien avec certaines activités professionnelles (exposition à l'amiante),

  • maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (Mici),

  • cas de cancer colorectal chez un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur, enfant) avant 60 ans,

  • Rectocolite hémorragique

  • hérédité (polypose adénomateuse familiale)...

Article écrit le 17/03/2026, vérifié par Pierre Luton, Journaliste expert, spécialisé santé, social et référenceur SEO E-E-A-T