Santé des femmes : mieux les prendre en charge
Tableau récapitulatif – Santé des femmes (8 mars 2026)
À l’occasion du 8 mars 2026, un point sur la santé des femmes : elle reste marquée par des inégalités persistantes.
|
Thématique |
Données clés (France) |
Enjeux identifiés |
|---|---|---|
|
8 mars 2026 |
Journée internationale des droits des femmes – Thème : Droits, justice, action |
Sensibilisation aux inégalités de santé et à la prise en charge spécifique |
|
Inégalités de santé |
Espérance de vie : 85,6 ans (femmes) vs 79,7 ans (hommes) ; sans incapacité : 64,6 vs 63,7 ans |
Avantage en longévité mais écart faible en années vécues sans incapacité |
|
Santé au travail |
Souffrance psychique : 6 % vs 3 % ; TMS : 60 % vs 51 % |
Conditions de travail moins favorables |
|
Santé mentale |
Épisode dépressif caractérisé : 17 % vs 10 % |
Vulnérabilité accrue, surtout chez les jeunes |
|
Violences et sexualité |
19 % déclarent des rapports forcés ou tentatives (vs 5 % hommes) |
Impact majeur sur la santé globale |
|
Maladies cardiovasculaires |
1ère cause de mortalité féminine ; 75 000 décès/an |
Symptômes atypiques, retard de prise en charge |
|
Endométriose |
1 femme sur 10 ; 7 ans en moyenne avant diagnostic |
Retard diagnostique |
|
Biais de prise en charge |
Retards en cas de pathologies cardiovasculaires ; douleurs parfois minimisées |
Inégalités de genre dans le soin |
|
Prévention |
Vaccination HPV dès 11 ans ; dépistage du col de l’utérus dès 25 ans ; mammographie 50–74 ans |
Importance du suivi régulier |
|
Recherche |
Sous-représentation historique des femmes dans les essais cliniques |
Besoin d’adaptation des protocoles |
Résumé – Points essentiels
-
Les femmes ont une espérance de vie plus élevée que les hommes, mais l’écart se réduit fortement lorsqu’on considère les années vécues sans incapacité.
-
Elles déclarent davantage de troubles psychiques et musculo-squelettiques liés au travail.
-
Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité féminine (75 000 décès/an).
-
Les symptômes d’infarctus sont souvent atypiques chez la femme, retardant le diagnostic.
-
L’endométriose touche 1 femme sur 10 avec un délai moyen de diagnostic de 7 ans.
-
Des biais sexistes persistent dans la prise en charge médicale.
-
La prévention repose notamment sur la vaccination HPV, des dépistages réguliers et un suivi médical.
Cet article s’appuie sur des données validées par les autorités de santé (ministère de la Santé, Santé publique France, Cese, Insee) et sur l’expérience des médecins du groupe ELSAN.
Inégalités persistantes hommes femmes dans le domaine de la santé
Malgré des habitudes de vie généralement plus favorables aux femmes (elles fument et boivent globalement moins que les hommes et se nourrissent souvent mieux), il existe de nombreuses situations dans lesquelles la santé des femmes reste négligée par rapport à celle des hommes.

Un environnement de travail plus rude
Ainsi, selon Santé publique France, le milieu du travail paraît moins favorable aux femmes qu'aux hommes. Par exemple, la souffrance psychique liée au travail est deux fois plus élevée chez elles que chez leurs collègues masculins : 6% contre 3%. En outre, les travailleuses se déclarent particulièrement touchées par les troubles musculo-squelettiques (TMS). 60% des femmes de 18 à 64 ans déclarent ainsi des TMS du dos ou des membres supérieurs contre 51% chez les hommes (sources : baromètre santé 2021).
Sexualité contrainte
Sur le plan de la sexualité, la situation des femmes n'apparaît pas toujours enviable même si l'on considère généralement qu'il y a eu des évolutions positives ces dernières années. En effet, 19% des femmes de 18-69 ans continuent à déclarer des rapports forcés ou des tentatives de rapports forcés (contre 5% pour les hommes).
Santé mentale
Quant à leur santé mentale, les femmes traversent une période défavorable. Si les deux sexes sont touchés par des troubles dépressifs, la prévalence de l'épisode dépressif caractérisé (EDC) au cours de l'année écoulée, concernait 17% des femmes contre 10% pour les hommes. Ces chiffres semblent encore plus élevés chez les plus jeunes.
L'exemple des maladies cardio-vasculaires
Pour mieux comprendre en quoi la santé des femmes peut être appréhendée différemment de celle des hommes, contre leurs intérêts, il suffit de se se pencher sur le sujet des maladies cardiovasculaires.
Quelle est la première cause de mortalité chez les femmes ?
Les maladies cardio-vasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes. Pour les hommes, ce sont les cancers. Il y a, tous les ans, en France, 140 000 décès par maladie cardiovasculaires. Les femmes représentent plus de la moitié de ce chiffre très élevé (75 000). En cause, les habitudes des femmes qui ont tendance à rejoindre les hommes dans la consommation de tabac, la sédentarité, le stress, le surpoids... En cause aussi, une méconnaissance des symptômes des femmes, ce qui retarde le diagnostic.
L'Assurance maladie liste ces spécificités :
-
les artères coronaires de femmes sont plus petites et plus sinueuses que celles des hommes, ce qui peut compliquer des examens comme l'angioplastie,
-
chez les femmes, les symptômes d'un infarctus du myocarde peuvent être atypiques : angoisse inhabituelle, fatigue intense, essoufflement, gêne dans la mâchoire, nausées, douleurs dans l'estomac.
-
en outre, les femmes tardent plus à joindre les urgences car elles minimisent la douleur et pensent que l'infarctus est une maladie d'homme et qu'elles seraient protégées, pour celles qui sont jeunes, parce qu'elles ne sont pas ménopausées.
Endométriose
A côté des maladies cardiovasculaires qui concernent les deux sexes, il existe des pathologies spécifiquement féminines qui ont longtemps été négligées. C'est le cas de l'endométriose : elle concerne une femme sur dix en âge d'avoir des enfants : il faut ainsi sept ans en moyenne pour être diagnostiquée !
Dossier maladies gynécologiques
Une perception plus négative de la part des femmes
Espérance de vie en bonne santé homme/femme
La santé reste pourtant associée positivement aux femmes si l'on s'en tient aux données sur l'espérance de vie. Ainsi, si l'on compare un bébé garçon à un bébé fille, le premier peut espérer vivre 79.7 ans dont 63.7 sans incapacité, quand la seconde peut espérer atteindre 85.6 années dont 64.6 sans incapacité (données Insee 2022). Néanmoins, l'espérance de vie sans incapacité semble désormais progresser chez les hommes alors qu'elle stagne chez les femmes.
Ces résultats plutôt favorables aux femmes sont contrebalancés par une perception moins positive de leur propre état de santé. Ainsi les femmes de 16 ans et plus s'estiment en bonne santé à 65% contre 69% pour les hommes (données 2019). L'écart est flagrant chez les moins de 25 ans les plus diplômées : 81% des femmes se considèrent en bonne santé contre 91% pour les hommes.
Biais sexistes
En 2025, la Fédération hospitalière de France pointait, en effet, ce qu'on appelle des biais sexistes ou des inégalités de genre dans la prise en charge médicale. Celle-ci a fait état d'une enquête Ipsos qui relève notamment ces points :
-
trois fois plus de retard de prise en charge pour les femmes en cas de maladie cardiovasculaire. D'où un risque de surmortalité pour les femmes.
-
la prise en charge d'une femme qui consulte en urgence pour douleurs abdominales peut être retardée en raison d'un diagnostic erroné : on oriente vers des causes psychosomatiques ou gynécologiques au lieu d'envisager d'autres causes.
Dans cette enquête, 1/3 des femmes indiquent qu'elles ont même entendu des "commentaires inappropriés sur leur apparence physique ou leur vie personnelle par des professionnels de santé". 20% disent qu'elles ont "ressenti une pression pour des interventions non désirées".
Comment les inégalités de genre impactent la santé des femmes
Comme le précise le Conseil économique social et environnemental (Cese), ces inégalités de santé reposant sur le genre ont un effet délétère sur la santé des femmes. Leur prise en charge, leurs traitements et leur suivi médical peuvent se révéler inadéquats. En outre, cette situation peut se répercuter sur la façon dont les femmes conçoivent leur santé. En témoigne le fait que la moitié d'entre elles déclarent qu'elles sous-estiment leur niveau de douleur (enquête Ipsos pour la FHF, 2025).
Vrai/faux sur la santé des femmes
Egalité femmes-hommes : grande cause du quinquennat
Le constat des inégalités de prise de charge entre les hommes et les femmes, et parfois entre les femmes et les femmes selon le lieu où elles se trouvent sur notre territoire, est bien connu des autorités de santé. Le gouvernement a ainsi déclaré que l'égalité femmes-hommes devait devenir la grande cause de ce quinquennat (2022-2027). Pour nos dirigeants "les spécificités liées au genre en matière de santé sont restées pendant longtemps taboues et ignorées".
Comment mieux prendre en compte la santé des femmes ?
Le plan du gouvernement comprend plusieurs volets :
-
mieux accompagner les femmes à la suite d'une fausse couche,
-
renforcer l'accès aux différents moyens de contraception et de prévention des MST,
-
renforcer la lutte contre la précarité menstruelle,
-
mieux prendre en compte les spécificités de la santé des femmes et renforcer leur accès aux soins.
Les autorités visent notamment à mieux informer sur la nécessité d'un dépistage régulier des pathologies gynécologiques et à mieux faire connaître les symptômes spécifiques des maladies cardiovasculaires des femmes.
Quelles sont les étapes clés de la santé des femmes ?
Contraception, prévention...
Plusieurs étapes de santé jalonnent la vie des femmes en fonction de leur âge. Le ministère de la Santé vous les rappelle :
-
A partir de 11 ans : le vaccin contre le papillomavirus est recommandé.
-
A partir de 25 ans : dépistage du cancer du col de l'utérus,
-
Entre 25 et 26 ans : examen (frottis) pour prévenir le cancer du col de l'utérus. Il est renouvelé à 29 ans si les résultats précédents ont été normaux.
-
Avant 26 ans : consultations de santé sexuelle, contraception et prévention (100% prise en charge par l'Assurance maladie).
-
Entre 30 et 65 ans : test de dépistage du papillomavirus tous les 5 ans.
-
A partir de 45 ans : diagnostic de la ménopause (lorsqu'une femme n'a plus de règles depuis un an).
-
Entre 50 et 74 ans : dépistage du cancer du sein (mammographie tous les deux ans). Dépistage du cancer colorectal (tous les deux ans).
Il est recommandé de consulter régulièrement son médecin traitant et d'envisager de voir son ou sa gynécologue une fois par an.
Chiffres-clés sur le cancer du sein
Un sous-investissement dans la recherche
Dans leur livre, paru en 2025 (Les Négligées, Harper Collins), Solenne Le Hen et Marie-Morgane Le Moël décrivent un système de santé qui a longtemps ignoré les femmes. Ainsi, selon ces journalistes (citées dans Le Monde), les essais cliniques n'incluent pas autant de femmes que d'hommes même s'il y a des améliorations et nombre de médicaments ont été mis au point à partir de tests réalisés sur des hommes il y a plus de 50 ans. Résultat, un nouveau business sur la santé des femmes a émergé proposant des pseudo thérapies autour de compléments alimentaires, de vêtements, de "yoga hormonal"... au lieu de répondre directement aux vrais besoins de santé des femmes.
Sources
-
Gouvernement, mise à jour 7/11/2025,
-
Insee, mise à jour 3/03/2022,
-
Santé publique France, mise à jour 8/03/2024,
-
Cese, mise à jour 22/04/2025,
-
Fédération hospitalière de France, mise à jour 8/03/2025,
-
Sante.fr, mise à jour 6/01/2025,
-
Assurance maladie, mise à jour 8/01/2026
-
Harper Collins, mise à jour 5/02/2025.
Cet article médical a été écrit par un rédacteur expert santé et SEO (EEAT et YMYL), Pierre Luton, et relu et validé par un médecin au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.
Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.
Vos questions les plus fréquemment posées sur la santé des femmes et de la journée du 8 mars 2026:
Définition. Qu'est-ce que la santé des femmes ?
La santé des femmes comporte de nombreuses étapes qui vont de la puberté à la ménopause, en passant par des changements hormonaux. A côté des problématiques de santé qui peuvent toucher hommes et femmes (maladies cardio-vasculaires, cancers etc.) les femmes sont exposées à des questions médicales et de santé globale qui leur sont spécifiques. Parmi celles-ci on peut citer :
-
cycles hormonaux,
-
vulnérabilité face aux violences...
Quelles sont les maladies les plus fréquentes chez les femmes ?
Selon l'OMS, les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès chez les femmes suivies par les cancers. Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. La dépression est considérée comme étant plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. En outre, une femme sur trois risque de connaître des violences physiques et/ou sexuelles.
Journée du 8 mars : agir pour la santé des femmes
Journée internationale d'actions 2025
La journée internationale des droits des femmes 2026 a pour thématique : Droits, justice, action. Pour toutes les femmes et les filles. Cette journée se déroule le 8 mars à travers le monde. Le 28 mai, c'est la journée internationale d'action pour la santé des femmes.
1ère cause de mortalité chez la femme ?
La première cause de mortalité chez les femmes sont les maladies cardiovasculaires, devant les cancers. 75000 femmes en meurent tous les ans. Cela représente plus de la moitié des décès par maladies cardiovasculaires.
Article écrit le 23/02/2026, vérifié par Pierre Luton, Journaliste expert, spécialisé santé, social et référenceur SEO E-E-A-T