
Occlusion intestinale
L'occlusion Intestinale : 3 choses à retenir !
L’occlusion intestinale est une urgence médicale. Il s’agit d’un arrêt du transit intestinal dû à un blocage d'origine mécanique ou fonctionnelle. Ce blocage ne permet plus aux aliments, aux liquides mais aussi aux gaz de circuler normalement dans l’intestin. L’occlusion intestinale provoque des douleurs, des vomissements et un arrêt du transit et nécessite une hospitalisation pour en adapter la prise en charge.
🔎Dans les grandes lignes🔍
- L’occlusion intestinale est un arrêt du transit dû à un blocage mécanique ou fonctionnel.
- Elle peut toucher l’intestin grêle (occlusion haute) ou le côlon (occlusion basse).
- Les principaux symptômes de l'occlusion comprennent : douleurs et distension abdominales, vomissements et/ou arrêt des gaz et des selles.
- Les causes fréquentes incluent adhérences, hernies, tumeurs, volvulus, invagination ou fécalome.
- Certaines personnes sont plus à risque : constipation chronique, maladie de Crohn, antécédents chirurgicaux.
- Le diagnostic repose sur l’examen clinique et surtout le scanner abdomino-pelvien.
- Le traitement de l'occlusion dépend de la cause : médical (symptomatique) ou chirurgical en cas d’obstacle (situation d'urgence ; hospitalisation rapide nécessaire).
- Sans traitement, les complications peuvent être graves : nécrose, perforation, péritonite, septicémie.
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫
| Aspect | Résumé |
|---|---|
| Définition | Arrêt du transit intestinal dû à un blocage mécanique ou fonctionnel |
| Localisation | Intestin grêle (haute) ou côlon (basse) |
| Symptômes principaux | Douleurs, vomissements, distension abdominale, arrêt des gaz et selles |
| Causes fréquentes | Adhérences, hernie, tumeur, volvulus, invagination, fécalome |
| Facteurs de risque | Chirurgie abdominale, constipation chronique, maladies intestinales |
| Diagnostic | Examen clinique + scanner abdomino-pelvien (référence) |
| Traitement médical | Perfusion, antalgiques, sonde naso-gastrique, repos digestif |
| Traitement chirurgical | Levée de l’obstacle (adhérences, tumeur, volvulus…) |
| Complications | Nécrose, perforation, péritonite, septicémie |
| Gravité | Urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide |
Définition : qu’est-ce qu’une occlusion intestinale ?

L’occlusion intestinale aiguë définit un blocage d’origine mécanique ou fonctionnelle d’un segment de l’intestin. Elle peut plus précisément survenir au niveau de l’intestin grêle (occlusion haute) ou du côlon (occlusion basse). L’intestin grêle est la partie du tube digestif qui reçoit les nutriments et les absorbe. Tout ce qui n’est pas absorbable transite alors vers le côlon, dont le rôle est de réabsorber l’eau et quelques nutriments pour ne laisser que les matières fécales transiter vers le rectum.
La Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) recensait, en 2019, près de 40 000 hospitalisations annuelles dues à des occlusions intestinales.
Quelles sont les causes d’une occlusion intestinale ?
L’occlusion intestinale peut être liée à un blocage mécanique, autrement dit à un obstacle bloquant le transit, ou fonctionnel, c'est-à-dire lié au mauvais fonctionnement de l’intestin. Un blocage mécanique est un blocage le plus souvent en rapport avec des adhérences (tissus se liant à des parties de l’intestin, cause la plus fréquente par excès de cicatrisation post-chirurgicale dans la cavité abdominale) ou des tumeurs.
L’occlusion intestinale peut également être liée à :
- un étranglement,
- une hernie de l’intestin,
- la torsion d’une anse (volvulus intestinal) liée à une malrotation de l'intestin,
- une invagination intestinale,
- une tumeur,
- une inflammation,
- un corps étranger.
L’occlusion intestinale est occasionnellement liée à la formation d’un fécalome (selles dures s’accumulant dans le rectum à cause d’une forte constipation). Un blocage fonctionnel peut relever de l’arrêt du péristaltisme (contractions naturelles de l’intestin), du fait, par exemple, d'une lésion inflammatoire intrapéritonéale, d'un épanchement ou encore d'un réflexe lié à une forte douleur (comme une colique néphrétique ou hépatique).
Quels sont les premiers signes et symptômes d'une occlusion intestinale ?
Les symptômes de l'occlusion intestinale varient selon le type identifié et ses manifestations cliniques :
- Occlusion haute : les symptômes apparaissent généralement rapidement et se traduisent par des douleurs abdominales intenses accompagnées de vomissements précoces, d'une perte d’appétit ou encore d'une interruption du transit intestinal (absence d'émission de gaz et de selles).
- Occlusion basse : douleurs moins violentes mais plus diffuses. Les vomissements sont plus tardifs, tandis que la distension abdominale tend à être plus marquée. L’arrêt du transit peut quant à lui survenir plus rapidement.

Quand s'inquiéter ?
L'occlusion intestinale constitue une urgence médicale et nécessite une prise en charge rapide. Il est important de consulter sans délai dès l’apparition des signes les plus évocateurs :
- Douleurs abdominales intenses et persistantes ;
- Vomissements répétés ou impossibilité flagrante de déféquer ou d'émettre des gaz ;
- Distension abdominale marquée ou ventre dur et douloureux à la palpation ;
- Tachycardie soudaine, surtout accompagnée de déshydratation.
Chez les personnes âgées ou les patients fragiles, les symptômes peuvent parfois être moins typiques et appellent à davantage de vigilance. En cas de doute, il est essentiel de consulter en urgence afin d’éviter toute complication invisible à l'œil nu, comme une perforation intestinale.
Comment diagnostiquer une occlusion intestinale ?
Le diagnostic de l'occlusion intestinale repose d’abord sur l’examen clinique, comprenant une palpation de l'abdomen et une écoute des bruits intestinaux à l'aide d'un stéthoscope, puis est confirmé par des examens d’imagerie. Les professionnels de santé recourent principalement au scanner abdomino-pelvien, qui permet de visualiser les liquides stagnants et de comprendre la cause de l’occlusion, et le complètent occasionnellement par :
- une radiographie de l'abdomen, sans préparation, apte à visualiser les niveaux de liquide stagnant dans l'intestin et ainsi confirmer le diagnostic ;
- un scanner avec injection de produit de contraste, afin de localiser précisément l'obstacle dans les intestins et de déterminer sa nature.
Enfin, des tests sanguins peuvent être effectués pour rechercher des signes de complications métaboliques liées à l'occlusion. Il est également possible de réaliser un toucher rectal pour détecter la présence d'un fécalome en cas de constipation chronique.
Comment traiter une occlusion intestinale ?
Le traitement de l’occlusion intestinale dépend de sa cause individuelle, de sa localisation (haute ou basse), ainsi que de l’âge du patient et de ses antécédents médicaux. Avant tout recours spécifique, sa prise en charge repose sur des mesures de stabilisation appliquées en urgence à l'hôpital.
Mesures initiales indispensables
Afin de soulager les symptômes ressentis et de prévenir les complications, les premières mesures doivent indispensablement inclure :
- Une mise à jeun stricte (arrêt de toute absorption alimentaire par voie orale) ;
- Réhydratation par perfusion intraveineuse de manière à corriger les troubles électrolytiques ;
- en cas de vomissements, la pose d'une sonde gastrique permet d'aspirer les sécrétions digestives.
Traitement selon le type d’occlusion
Occlusion fonctionnelle (iléus)
En l’absence d’obstacle mécanique, le traitement repose principalement sur la mise au repos du tube digestif et la correction des troubles métaboliques sous surveillance clinique. Dans ce cas particulier, l'évolution de l'occlusion est souvent favorable sans recours à la chirurgie.
Occlusion mécanique non compliquée (partielle)
Un traitement médical peut être proposé initialement, reposant sur :
- une surveillance hospitalière rapprochée ;
- une aspiration digestive ;
- la prescription de médicaments adaptés (méthylsulfate de tiémonium) ;
- la correction des troubles hydro-électrolytiques.
À l'instar d'une occlusion complète, une partielle peut nécessiter une intervention chirurgicale en cas d'aggravation des symptômes.
Occlusion compliquée ou complète
En cas d'occlusion complète sévère ou ponctuée d'une ischémie intestinale ou d'une strangulation du tube digestif, l'intervention chirurgicale est à réaliser en urgence sans attendre l'efficacité du traitement symptomatique pour prévenir la nécrose et/ou la perforation de l'intestin.
Modalités et déroulé de l'opération
L'opération visant à résorber l'occlusion intestinale consiste à lever l’obstacle responsable : section d’adhérences, traitement d’une hernie, ablation d’une tumeur ou détorsion en cas de volvulus.
L’opération peut être réalisée par colostomie (évacuation), cœlioscopie (technique mini-invasive) ou par laparotomie (ouverture de l’abdomen), en fonction de la situation clinique du patient. La reprise post-opératoire du transit se fait progressivement et varie selon les antécédents du patient.
Durée de l'hospitalisation
La durée d’hospitalisation varie de quelques jours à une à deux semaines, en fonction de la gravité de l’occlusion, des suites opératoires et de la survenue d'éventuelles complications.
Pour l'enfant : un traitement spécifique ?
L’enfant peut subir certaines formes d’occlusion spécifiques telles que l’invagination intestinale aiguë. Sous contrôle radiologique, elle peut se traiter sans chirurgie grâce à un lavement intestinal thérapeutique. La prise en charge rapide en milieu spécialisé ne doit pas, malgré tout, être négligée, afin d'éviter les complications.
Certains aliments sont-ils interdits en cas d'occlusion ?
En phase aiguë, l’alimentation est interrompue, puis reprise progressivement. Aucun régime particulier n'est préconisé, sauf en cas de constipation associée.
Quelles sont les complications possibles de l’occlusion intestinale ?
En l’absence de traitement, une occlusion intestinale peut évoluer vers des complications graves. L’accumulation de liquides et de gaz en amont de l’obstacle entraîne une augmentation de la pression dans l’intestin, pouvant provoquer une congestion de la paroi intestinale.
Cette pression excessive peut ensuite entraîner le ralentissement de la circulation sanguine, lui-même pouvant évoluer en ischémie de la paroi intestinale. À terme, les cas les plus extrêmes conduisent à une grave nécrose de l’intestin, dont les tissus pourrissent, voire à une perforation, entraînant l'épandage du contenu intestinal dans la cavité abdominale et, par conséquent, une péritonite, engageant le pronostic vital si elle dégénère en septicémie.
Et pour les personnes âgées ?
Chez les personnes âgées, le risque de complications est plus élevé en raison d'une plus grande fragilité immunitaire, de comorbidités fréquentes et d'une faible tolérance à la déshydratation ou aux interventions chirurgicales. Les symptômes sont plus discrets ou moins typiques, ce qui peut retarder le diagnostic et la prise en charge. Faites donc preuve de vigilance avec les personnes âgées de votre entourage.
Cet article médical a été relu et validé par le Dr. Mael CHALRET DU RIEU, chirurgien viscéral et digestif, à la clinique Esquirol Saint Hilaire & Calabet à Agen, un établissement du groupe Elsan, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a été conçu et écrit dans un objectif strictement informatif : son rôle est d’éclairer, d’expliquer et d’aider à mieux comprendre une pathologie et ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé. Seul votre médecin est habilité à établir un diagnostic précis, à interpréter vos symptômes dans leur contexte médical et à vous prescrire les médicaments adaptés à votre situation personnelle.
Parce que la médecine évolue en permanence (nouvelles études, recommandations actualisées, ajustements réglementaires), certaines informations présentées dans cet article pourraient s'avérer obsolètes à date de lecture. C’est pourquoi, pour obtenir un diagnostic fiable ou des renseignements médicaux correspondant à certains cas particuliers, nous vous rappelons qu’il est indispensable de consulter un médecin.
Article écrit le 24/08/2022, vérifié par le Dr Mael CHALRET DU RIEU, chirurgien viscéral et digestif, à la Clinique Esquirol Saint Hilaire, située à Agen
Modifié le 15/06/2026, vérifié par Lothaire Berthier
Sources
💡Occlusion intestinale : Questions fréquentes💡
Qu'est-ce que le Volvulus (torsion) intestinale ?
Le volvulus intestinal est une cause majeure d’occlusion intestinale, haute comme basse. Cette pathologie apparaît lorsqu’une partie de l’intestin s’enroule sur elle-même en formant une boucle. La torsion de l’intestin forme un nœud et provoque un phénomène de strangulation du tube digestif.
Une occlusion intestinale peut-elle être due à un cancer ?
Une multitude de cancers présentent un risque de causer une occlusion intestinale, tels que, entre autres, ceux de l’intestin grêle ou de l’estomac, le cancer colorectal, de la prostate, des ovaires, de la vessie, etc.
Quelles différence entre coloscopie, colostomie et cœlioscopie ?
La coloscopie, la colostomie et la cœlioscopie sont trois procédures médicales distinctes utilisées dans le domaine de la gastroentérologie.
- La coloscopie est un examen médical qui permet d'observer l'intérieur du rectum, du gros intestin et de l'extrémité finale de l'intestin grêle, utilisé pour diagnostiquer diverses affections intestinales, y compris les occlusions.
- La cœlioscopie est une technique de chirurgie mini-invasive qui permet d'accéder à l'intérieur de l'abdomen par de petites incisions.
- Enfin, la colostomie est une intervention chirurgicale créant une ouverture dans le gros intestin vers l'extérieur du corps, permettant l'évacuation des matières fécales. Cette procédure est généralement réalisée lorsque le passage normal des selles n'est plus possible.
Peut-on mourir d'une occlusion intestinale ?
Oui, une occlusion intestinale peut engager le pronostic vital si elle n’est pas traitée rapidement. En l’absence de prise en charge, son évolution vers des complications graves comme la nécrose de l’intestin, la perforation ou la péritonite peut provoquer un choc septique. En 2022, l'estimation du taux de mortalité s'élevait à 5 % pour les occlusions du grêle et 12 % pour les occlusions du côlon. Avec un diagnostic rapide et un traitement adapté, l’évolution est généralement favorable.
Combien de temps dure une occlusion intestinale ?
Tout dépend de la cause et du contexte clinique de la prise en charge : une occlusion fonctionnelle peut se résoudre en quelques jours, tandis qu’après une chirurgie, la récupération du transit prend généralement 2 à 5 jours. La convalescence demeure bien sûr plus longue pour les formes graves.
Qu'est-ce qu'une strangulation intestinale ?
La strangulation intestinale est une forme grave d’occlusion où le flux sanguin vers une partie de l’intestin est interrompu. Elle peut entraîner rapidement une nécrose, une perforation et une péritonite, et nécessite une chirurgie en urgence.
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