
Dyslipidémies
Souvent asymptomatiques, les cas de dyslipidémies constituent pourtant des facteurs de risque de problèmes cardiovasculaires non négligeables. Elles se détectent par le biais d'une prise de sang, dont les résultats orientent vers le traitement le plus adapté au type diagnostiqué.
Les différentes dyslipidémies se résument en effet en des anomalies de la concentration des lipides dans le sang. D’origine génétique, liées à une pathologie ou à un mode de vie, leurs conséquences peuvent se montrer particulièrement nocives en l'absence de prise en charge.
🔎Dans les grandes lignes🔍 Dyslipidémies : recommandations et directives médicales
- Les dyslipidémies sont des anomalies du cholestérol, des triglycérides ou des lipoprotéines qui les transportent. Elles peuvent être d'origine génétique (notamment l'hypercholestérolémie familiale), liées à une maladie ou favorisées par le mode de vie.
- Souvent asymptomatiques, elles augmentent le risque de maladies cardiovasculaires et nécessitent un bilan lipidique pour être diagnostiquées.
- Le diagnostic repose sur l'analyse du cholestérol total, du LDL-cholestérol, du HDL-cholestérol et des triglycérides, avec une interprétation tenant compte du risque cardiovasculaire global du patient.
- La prise en charge associe en priorité mesures hygiéno-diététiques et activité physique, puis, si nécessaire, un traitement médicamenteux, le plus souvent par statines.
- Le dépistage est particulièrement important chez les personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, des antécédents familiaux ou certaines maladies associées.
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫 L'essentiel sur les dyslipidémies
| Élément | À retenir |
|---|---|
| Définition |
Anomalie du cholestérol, des triglycérides ou des lipoprotéines sanguines |
| Causes principales |
Génétiques (dyslipidémies primitives), maladies associées (diabète, hypothyroïdie, etc.) ou facteurs de mode de vie |
| Symptômes |
Souvent absents ; parfois xanthomes, xanthélasmas, arcs cornéens |
| Diagnostic |
Bilan lipidique (cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides) complété selon le contexte clinique |
| Complications |
Athérosclérose, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, pancréatite en cas d'hypertriglycéridémie sévère |
| Traitement |
Alimentation équilibrée, activité physique, réduction du tabac et de l'alcool ; statines et autres hypolipémiants si nécessaire |
| Prévention |
Dépistage ciblé, contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire et hygiène de vie adaptée |
Définition : qu’est-ce qu'une dyslipidémie ?
Les dyslipidémies sont des anomalies lipidiques liées à la répartition des graisses ( triglycérides, cholestérol) et des lipoprotéines qui les transportent dans le corps. L’organisme humain produit du cholestérol et nécessite un apport en lipides quotidiens pour de nombreuses fonctions. Tandis que les triglycérides représentent la forme de réserve des acides gras qui peuvent donner de l’énergie, le cholestérol est un composant des membranes et un précurseur de nombreuses molécules, comme les hormones stéroïdes. Les lipides n'étant pas hydrosolubles, il faut des molécules pour transporter ces lipides dans le corps ; c'est là qu'interviennent les lipoprotéines appelées chylomicrons, LDL-cholestérol (Low Density Lipoprotein) ou encore HDL-c (High Density Lipoprotein). Les dyslipidémies correspondent à une répartition anormale des lipoprotéines, avec un taux trop élevé de cholestérol et/ou de triglycérides.

Autrement dit, le terme "dyslipidémie" désigne un défaut quantitatif et qualitatif de paramètres lipidiques, qu'il s'agisse du cholestérol total, du LDL-cholestérol, du HDL-c ou des triglycérides.
Quelles sont les causes de la dyslipidémie ?
Il existe plusieurs causes de dyslipidémies. On distingue ainsi :
-
les dyslipidémies primaires familiales d’origine génétique ;
-
les dyslipidémies secondaires qui sont liées à l’existence d’une pathologie, comme le diabète de type 2, les hépatopathies cholestatiques (troubles du foie et de la vésicule biliaire) ou encore le syndrome néphrotique (symptômes liés à un dysfonctionnement rénal).
Les autres dyslipidémies (la majorité des dyslipidémies) ont comme causes secondaires des facteurs environnementaux (alimentation déséquilibrée avec beaucoup de gras ou de sucres, sédentarité, abus d'alcool) et polygéniques.
Quels sont les signes et symptômes d'une dyslipidémie ?
Habituellement, les dyslipidémies sont asymptomatiques, ce qui peut en compliquer le diagnostic. Certaines formes entraînent pourtant des problèmes de santé caractéristiques, comme des pancréatites ou divers problèmes cardiovasculaires.
Une dyslipidémie peut toutefois engendrer des symptômes localisés tels que des arcs cornéens (anneau blanchâtre au niveau de la cornée de l’œil), des xanthomes tendineux (kyste siégeant souvent au niveau du talon d’Achille) ou encore des xanthélasmas (dépôts lipidiques sur les paupières), pouvant notamment orienter le diagnostic d'hypercholestérolémie familiale.
Comment diagnostiquer une dyslipidémie ?
Le bilan lipidique via une prise de sang demeure le meilleur moyen de confirmer le diagnostic de dyslipidémie. Elle permet, de fait, d'analyser aussi bien le LDL-cholestérol que le HDL-cholestérol et les triglycérides, ainsi que le cholestérol global, afin de repérer toute anomalie lipidique. Si les recommandations récentes n'imposent plus systématiquement le jeûne, il demeure recommandé dans certaines situations spécifiques, en particulier en cas d' hypertriglycéridémie (les repas tendent à faire grimper le taux de triglycérides). Le LDL-cholestérol est souvent estimé à l'aide de la formule de Friedewald, qui prend en compte le reste desdits paramètres à l'aide de la formule LDL-C = CT – HDL-C – TG (g/L)/5. Un prélèvement à jeun des triglycérides permet de fournir une estimation globale plus précise du profil lipidique.
L'interprétation de ces paramètres ne repose pas uniquement sur des valeurs biologiques absolues et isolées. Le profil cardiovasculaire du patient, ses antécédents personnels et familiaux et la présence éventuelle d'autres facteurs de risque influencent l'interprétation des résultats et l'évaluation du risque global.
Objectif LDL-cholestérol : le bilan lipidique
| Paramètre analysé | Repère biologique courant | Rôle principal | Intérêt diagnostique |
|---|---|---|---|
| Cholestérol total | ≃ < 2 g/L | Définir la quantité globale de cholestérol dans le sang | Évaluation initiale du profil lipidique |
| LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol ») | ≃ < 1,6 g/L | Transporter le cholestérol vers les tissus | Taux élevé = augmentation du risque cardiovasculaire |
| HDL-cholestérol (« bon cholestérol ») | ≃ > 0,4 g/L | Favoriser le retour du cholestérol vers le foie | Taux faible = facteur de risque cardiovasculaire |
| Triglycérides | ≃ < 1,5 g/L. | Stockage des graisses | Taux élevé = augmentation du risque cardiovasculaire + de pancréatite aiguë |
| Apolipoprotéines (situations particulières) |
ApoA1 : < 0,9 g/L ApoB : > 1,35 g/L | Constituants des lipoprotéines | Compléter l'évaluation dans certaines situations (hypertriglycéridémie, diabète, syndrome métabolique, analyse lipidique complexe...) |
| Examens complémentaires | / | Glycémie, bilan thyroïdien, etc. | Recherche d'une cause secondaire (diabètes de type 1 et 2, hypothyroïdie...) |
Exploration d'une anomalie lipidique (EAL) : comment interpréter les résultats ?
L'interprétation des résultats de ces paramètres ainsi que l'interrogatoire clinique permettent d'orienter le diagnostic vers une dyslipidémie primitive (génétique) ou secondaire. Parmi les formes les plus fréquentes figure l'hypercholestérolémie familiale, caractérisée par une élévation importante du LDL-cholestérol dès le plus jeune âge. Suspectée ou confirmée, les recommandations ACC/AHA 2026 préconisent le dépistage en cascade (soit de tous les parents au premier degré) de cette dernière.
En pratique, la classification de Fredrickson permet de regrouper les dyslipidémies en plusieurs phénotypes, dont les principaux sont :
- hypertriglycéridémies pures (augmentation des triglycérides) ;
- hypercholestérolémies pures (augmentation du cholestérol) ;
- hyperlipidémies ou dyslipidémies mixtes (augmentation des triglycérides ET du cholestérol).
Le diagnostic ne se limite donc pas à la mise en évidence de taux élevés pour tel ou tel paramètre. Il vise également à mieux en cerner l'origine et à estimer le niveau de risque cardiovasculaire global, qui peut faire varier les objectifs de LDL-cholestérol selon les patients. Ces informations sont essentielles pour déterminer la prise en charge la plus adaptée. Les tests géniques réalisés pour le dépistage de l'hypercholestérolémie familiale, par exemple, demeurent de nature clinique et biologique et n'excluent pas totalement la pathologie en cas de résultat négatif.
En prévention primaire (patients n'ayant jamais présenté d'événement cardiovasculaire), le bilan lipidique doit être répété pour affirmer le diagnostic. En secondaire en revanche, les antécédents et comorbidités justifient de se contenter d'un seul, pour ne pas différer la mise en route du traitement.
Quels sont les traitements de la dyslipidémie ?
Le traitement passe tout d’abord par une modification du mode de vie et des habitudes alimentaires : un régime sain et équilibré doit être privilégié. La pratique d’une activité physique régulière et adaptée doit également être considérée.
Dans plusieurs cas de dyslipidémies sévères, une prise en charge par traitement médicamenteux s'impose, variable en fonction du type observé :
- En cas d’hypercholestérolémie, des statines ou des chélateurs d’acides biliaires ou encore de l’ézétimibe (inhibiteur de l’absorption intestinale du cholestérol) peuvent être prescrits par voie orale.
- En cas d’hypertriglycéridémie, le recours aux statines, aux fibrates ou aux acides gras oméga-3 est envisagé.
Les statines constituent le plus souvent le premier choix de prescription, à la dose maximale tolérée. La communauté scientifique en reconnaît l'efficacité envers la réduction du risque cardiovasculaire en prévention secondaire aussi bien que primaire. Les statines visent la réduction du taux de LDL-cholestérol pour traiter la dyslipidémie autant que l'hypercholestérolémie. Si les objectifs lipidiques ne sont pas atteints malgré une dose maximale de statine, le médecin peut envisager une association thérapeutique hypolipémiante plutôt qu'une augmentation supplémentaire de la dose maximale. Outre l'ézétimibe, des anticorps monoclonaux anti-PCSK9 (protéine hépatique ralentissant la dégradation du LDL-cholestérol) se prescrivent par voie injectable et pourraient, depuis l'été 2026 et l'approbation aux États-Unis de leur délivrance sous forme de comprimés, gagner en popularité (notamment envers les cas d'hypercholestérolémie familiale).
Les statines peuvent également provoquer des symptômes musculaires occasionnels nécessitant un avis médical susceptible de réorienter le traitement. Les pathologies justifiant une stratégie de prévention secondaire, telles que le diabète de type 2 ou l’ hypertension, doivent faire l'objet d'une prise en charge adaptée par un diabétologue en parallèle.

Quand faut-il diagnostiquer un cholestérol élevé ou une hypertriglycéridémie ?
Le caractère asymptomatique de l'augmentation des taux de lipides (dyslipidémies primitives notamment, hors hypercholestérolémie familiale) conditionne le bilan lipidique à certaines situations spécifiques, parmi lesquelles :
- Avant toute mise en route de contraception hormonale chez la femme ;
- Chez les fumeurs ou ex-fumeurs sevrés depuis moins de 3 ans ;
- Comorbidités cardiovasculaires, inflammatoires ou auto-immunes (hypertension artérielle, diabète, insuffisance rénale chronique, sclérose en plaques…) ;
- Tout risque cardiovasculaire mis à part, à partir de 40 ans chez l'homme et 50 ans chez la femme, voire avant pour certaines formes héréditaires (en particulier l'hypercholestérolémie familiale) ;
- Antécédents familiaux cardiovasculaires précoces chez les parents au premier degré ;
- Surpoids ou obésité ;
- Premières manifestations de symptômes musculaires.
Quelles sont les complications et conséquences de la dyslipidémie ?
Les dyslipidémies constituent d'importants facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. En effet, un taux élevé de triglycérides ou de LDL-cholestérol sur le long terme (d'où la nécessité du traitement par statines) décuple potentiellement le risque, entre autres, de formation de plaque d’ athérosclérose. Les dyslipidémies peuvent ainsi augmenter le risque de voir se manifester un accident vasculaire cérébral.
Comment éviter la dyslipidémie ?
Les dyslipidémies d’origine génétique ne peuvent pas être évitées. Les dyslipidémies secondaires liées à une pathologie doivent quant à elles rapidement faire l'objet d'un dépistage systématique. Chez les hommes de plus de 40 ans et les femmes de plus de 50 ans, ainsi que chez les personnes présentant d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, il est nécessaire de passer régulièrement un test de dépistage lipidique (bilan lipidique). La pratique régulière d'une activité physique et l'adoption d'un régime alimentaire sain préviennent efficacement l'apparition d'une dyslipidémie, le surpoids figurant parmi les principaux facteurs de risque. L’arrêt du tabac et la réduction de la consommation d'alcool réduisent également les risques de manière considérable.
Cet article médical a été relu et validé par un médecin spécialiste en cardiologie au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a été conçu et écrit dans un objectif strictement informatif : son rôle est d’éclairer, d’expliquer et d’aider à mieux comprendre une pathologie et ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé. Lui seul est habilité à établir un diagnostic précis, à interpréter vos symptômes dans leur contexte médical et à vous prescrire le traitement adapté à votre situation individuelle.
Parce que la médecine évolue en permanence (nouvelles études, recommandations actualisées, ajustements réglementaires), certaines informations présentées dans cet article pourraient s'avérer obsolètes à date de lecture. C’est pourquoi, pour obtenir un diagnostic fiable ou des renseignements médicaux correspondant à certains cas particuliers, nous vous rappelons qu’il est indispensable de consulter un médecin.
Article écrit le 19/08/2026, vérifié par Lothaire Berthier
💡Dyslipidémies : questions fréquentes💡
Vos questions fréquemment posées :
Que veut dire dyslipidémie ?
Les dyslipidémies sont des anomalies de la répartition des lipides et des lipoprotéines dans le sang. Le diagnostic de cette maladie via un bilan sanguin est essentiel pour éviter des complications cardiovasculaires.
Qu'est-ce que les triglycérides ?
Les triglycérides sont des molécules composées de trois acides gras et d'une glycérine. Ils sont stockés dans le tissu adipeux et servent de réserves énergétiques. La plupart des aliments en contiennent.
Comment soigner et traiter une dyslipidémie ?
Le traitement de la dyslipidémie consiste avant tout à l'optimisation du mode de vie, par une alimentation saine, la réduction de la consommation d'alcool et la pratique régulière du sport. Il existe également des traitements médicamenteux qui varient en fonction du type de dyslipidémie, faisant régulièrement appel aux statines en première intention.
Qu'est-ce que les statines ?
Les statines sont une classe de médicaments hypolipémiants utilisés pour réduire le taux de LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol ») dans de nombreux cas de dyslipidémies. Elles agissent en inhibant une enzyme du foie impliquée dans la fabrication du cholestérol. Les statines constituent généralement le traitement de première intention lorsqu'une prise en charge médicamenteuse d'une hypercholestérolémie est nécessaire.
Comme tout médicament, elles présentent des contre-indications et nécessitent certaines précautions d'emploi, notamment en cas de maladie hépatique active, de grossesse ou d'allaitement. Les effets indésirables les plus fréquents des statines rapportent notamment des symptômes tels qu'une faiblesse musculaire ou des courbatures et une élévation des enzymes hépatiques.
Quels sont les risques d'une dyslipidémie ?
Les dyslipidémies constituent des facteurs de risque cardiovasculaires importants, pouvant notamment faciliter l'apparition d'un infarctus du myocarde. Leur dépistage via des examens sanguins est essentiel pour trouver le traitement adapté.
Quel lien entre un cholestérol HDL bas, le diabète et la dyslipidémie ?
Un faible taux de HDL-c, le diabète et la dyslipidémie sont étroitement liés. La dyslipidémie est une affection caractérisée par des concentrations anormalement élevées de lipides ou par un taux de cholestérol HDL bas dans le sang. Elle est souvent associée au diabète et peut entraîner des complications telles que des accidents vasculaires cérébraux et des maladies cardiovasculaires.
Qu'est-ce que la classification de Fredrickson ?
La classification de Fredrickson est une classification des lipoprotéines selon leur densité. De moins en moins usitée dans la pratique clinique, elle permet néanmoins de décrire le phénotype lipidique d'un patient et d'orienter l'évaluation du risque cardiovasculaire à des fins descriptives. Les lipoprotéines de haute densité (HDL-c) participent au transport du cholestérol vers le foie et sont généralement considérées comme protectrices. À l'inverse, les lipoprotéines de faible densité (LDL-cholestérol) sont associées à un facteur de risque cardiovasculaire accru lorsqu'elles sont présentes en excès.
Quels sont les 4 pires aliments contre le cholestérol ?
- Les charcuteries : riches en graisses saturées, elles favorisent l'augmentation du LDL-cholestérol.
- Les viennoiseries et pâtisseries industrielles : elles contiennent souvent beaucoup de graisses saturées et d'ingrédients ultra-transformés.
- Les fritures et fast-foods : leur teneur élevée en matières grasses peut dégrader le profil lipidique.
- Le beurre, la crème et les fromages gras : consommés en excès, ils augmentent les apports en graisses saturées.
Le facteur de risque alimentaire d'une dyslipidémie repose toutefois davantage sur le régime dans son ensemble que sur la surconsommation spécifique d'un aliment isolé.
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