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Hantavirus

Hantavirus

Depuis le 2 mai 2026, le hantavirus fait l'objet d'une attention mondiale inédite après la découverte d'un foyer d'infection à bord du navire de croisière le MV Hondius, dans l'Atlantique, reliant l'Argentine au Cap-Vert. Pourtant, ce virus n'est pas nouveau, il circule depuis des décennies sur tous les continents et il en existe plus de 20 souches différentes pathogènes pour l'homme. Dans la grande majorité des cas, ces souches se transmettent uniquement par contact avec des rongeurs sauvages infectés, campagnols, mulots ou rats, via leurs urines, déjections ou salive.
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La souche identifiée sur le MV Hondius, appelée le virus des Andes, présente une caractéristique unique. C'est la seule à pouvoir aussi se transmettre directement entre personnes, par contacts étroits et prolongés. Les premiers symptômes ressemblent à ceux d'une grippe sévère, fièvre, maux de tête et douleurs musculaires, mais peuvent évoluer vers une atteinte grave des poumons. Il n'existe à ce jour ni traitement antiviral approuvé ni vaccin. Le risque pour la population générale demeure "faible" selon l'OMS. Voici ce que l'on sait avec certitude sur cette infection, ses modes de transmission et les gestes pour s'en protéger.

✅️ Résumé : L'essentiel sur l'hantavirus 

CatégorieInfo clé
Type de maladieZoonose virale (maladie transmise par l'animal à l'être humain)
TransmissionContact avec des rongeurs sauvages infectés ou inhalation de poussières contaminées
ExceptionLe virus des Andes est la seule souche pouvant se transmettre entre personnes, par contacts étroits et prolongés.
Incubation1 à 6 semaines ou de 1 semaine à 2 mois selon la forme
Premiers symptômesFièvre, maux de tête, douleurs musculaires, troubles digestifs
Forme européenne/asiatique (FHSR)Atteinte des reins, risque de décès de 0,4 % (virus Puumala, présent en France)
Forme américaine (SPH)Atteinte des poumons, risque de décès de 30 à 60 % (virus des Andes, foyer MV Hodius)
TraitementPas de traitement antiviral approuvé, prise en charge symptomatique
VaccinAucun vaccin disponible à ce jour
Risque en FranceFaible, environ 100 cas par an en moyenne, principalement dans le quart Nord-Est

Définition : qu'est-ce que le hantavirus ?

Les hantavirus forment une grande famille de virus à ARN enveloppés, présents sur tous les continents. Ils appartiennent à la famille des Hantaviridae et doivent leur nom à la rivière Hantaan, à la frontière entre les deux Corées, où ils ont été identifiés pour la première fois dans les années 1950, lors d'une épidémie survenue pendant la guerre de Corée. Plus de 3 000 soldats avaient alors développé fièvre, syndromes grippaux sévères et hémorragies.

Ces virus circulent principalement chez les rongeurs sauvages, campagnols, mulots, rats, souris, qui constituent leurs hôtes naturels. Ces animaux portent et excrètent le virus dans leur salive, leurs urines et leurs déjections, sans jamais développer de maladie eux-mêmes.

 

Hantavirus

Plus de 20 espèces virales d'hantavirus pathogènes pour l'homme ont été répertoriées à ce jour. Chaque souche est généralement associée à une espèce de rongeur précise et à une zone géographique. Parmi les plus connus en Europe, on trouve le virus Puumala, le plus répandu en France (un peu plus de 2 000 cas ont été recensés en une vingtaine d'années, principalement dans le quart Nord-Est du territoire), ainsi que les virus Seoul et Dobrava.

Sur le continent américain, les souches les plus documentées sont le virus Sin Nombre, aux États-Unis, et le virus des Andes, présent principalement en Argentine et au Chili. C'est cette dernière souche, le virus des Andes, qui a été identifiée à bord du navire MV Hondius et qui concentre aujourd'hui l'attention des autorités sanitaires internationales. Elle est la seule parmi les souches connues à avoir démontré une capacité de transmission entre personnes, selon l'ANRS MIE et l'Institut Pasteur.

Lorsqu'ils atteignent l'être humain, les hantavirus peuvent provoquer des infections de gravité variable. Deux formes principales sont décrites selon la zone géographique :

  • La fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), présente principalement en Europe et en Asie. Les reins sont touchés, avec un taux de mortalité compris entre 0,4 % et 12 %. En France, c'est cette forme qui circule, causée par le virus Puumala.
  • Le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HPS), présent sur le continent américain. Les poumons et le cœur sont atteints, avec un risque de décès pouvant atteindre 30 à 60 %. C'est cette forme, causée par le virus des Andes, qui est impliquée dans le foyer du MV Hondius.

Comment se transmet l'hantavirus ?

Dans l'immense majorité des cas, l'infection à hantavirus se transmet à l'être humain par les rongeurs sauvages infectés et non d'une personne à l'autre. Selon l'ANRS MIE, la voie principale de contamination est l'inhalation d'aérosols, c'est-à-dire de fines particules en suspension dans l'air, contaminées par les urines, les déjections ou la salive de rongeurs infectés. Il n'est donc pas nécessaire de toucher directement un animal pour être exposé.

Deux autres voies de contamination existent, mais restent secondaires : le contact direct avec la peau lésée ou les muqueuses lors de la manipulation de rongeurs infectés ou de surfaces souillées, et plus rarement la morsure d'un rongeur porteur du virus.

Les situations les plus à risque sont : 

  • Le nettoyage de locaux longtemps inoccupés : greniers, caves, granges, remises, cabanes
  • Les activités agricoles, forestières ou de bâtiment en zone rurale
  • Le camping ou la randonnée dans des zones d'endémie, notamment le quart Nord-Est de la France
  • La manipulation de bois ou de terre dans des espaces où des rongeurs sont présents

Mais alors, comment expliquer les cas du MV Hondius ?

Le foyer du navire implique le virus des Andes, une souche d'Amérique du Sud qui présente une particularité importante : c'est la seule parmi les espèces virales connues pour laquelle une transmission directe entre personnes a été documentée. Cette transmission reste cependant limitée à des contacts étroits, prolongés et répétés, au sein d'un espace confiné comme une cabine de bateau, par exemple. Elle ne se propage pas comme un ou le Covid-19 dans une foule.

C'est précisément ce que que parmi les personnes ayant partagé la même cabine, certaines ne sont pas infectées. Il a également rapporté que l'épouse d'un patient infecté soigné dans un hôpital suisse ne présentait aucun symptôme, et que l'hôtesse de l'air qui s'était occupée d'une passagère décédée avait été testée négative. « Cela devrait convaincre presque tout le monde désormais qu'il s'agit d'un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée », a-t-il conclu. Un contact étroit signifie qu'il faut pratiquement être nez à nez. 

Quels sont les symptômes du hantavirus ?

Les premiers signes ressemblent à ceux d'une grippe sévère et apparaissent de façon soudaine :

  • Une élevée (supérieure à 38,5 °C), souvent brutale
  • Des maux de tête intenses
  • Des douleurs musculaires (dans le dos, les cuisses, les épaules)
  • Des troubles digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements,

La période entre la contamination et l'apparition des premiers signes dure de 1 à 6 semaines ou de 1 semaine à 2 mois selon les personnes et la souche impliquée (Santé publique France).

Symptômes de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR)

La fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) est la forme circulant en France métropolitaine, causée principalement par le virus Puumala.

  • Les reins sont principalement touchés
  • La maladie peut évoluer vers une diminution de la production d'urine, c'est ce que les médecins appellent une oligurie
  • Dans les cas les plus sévères, une peut s'installer, nécessitant une hospitalisation et parfois une dialyse
  • la durée d'incubation peut aller d'une semaine à deux mois
  • La plupart des patients guérissent, avec un risque de décès très faible (0,4 %) selon la Mission COREB

Symptômes du syndrome pulmonaire à hantavirus 

C'est la forme la plus grave, impliquée dans le foyer du MV Hondius depuis le 2 mai 2026. Elle est causée par des souches américaines, dont le virus des Andes.

La maladie peut évoluer très rapidement après les premiers signes grippaux, en quelques heures :

  • persistante et essoufflement
  • Accumulation de liquide dans les poumons (œdème pulmonaire)
  • Détresse respiratoire aiguë
  • État de choc

Une prise en charge en réanimation est alors indispensable, avec dans certains cas une assistance respiratoire mécanique. La durée d'incubation est de 1 à 6 semaines avec un risque de décès qui peut atteindre 30 à 60 % selon la Mission COREB Nationale.

Comment savoir si on a contracté le hantavirus ?

Le diagnostic repose sur deux éléments indissociables : des symptômes compatibles apparus entre 1 et 6 semaines ou 1 semaine à 2 mois selon la forme après une exposition à risque, et des analyses biologiques réalisées en laboratoire spécialisé.

Étape 1 : Suspicion clinique

Le médecin suspecte une infection à hantavirus lorsque le patient présente les signes suivants :

  • Fièvre supérieure à 38,5 °C, maux de tête, douleurs musculaires, troubles digestifs
  • Troubles respiratoires : toux, essoufflement, détresse respiratoire
  • Signes rénaux : diminution ou arrêt de la production d'urine
  • Tableau sévère : état de choc, hémorragie

Étape 2 : Éliminer d'autres maladies aux symptômes proches

Avant de confirmer le diagnostic, le médecin doit écarter d'autres infections aux symptômes similaires, selon la Mission COREB Nationale : , , , grippe, Covid-19, pneumonie bactérienne.

Étape 3 : Analyses biologiques

Deux prélèvements sanguins sont réalisés et envoyés au Centre National de Référence (CNR) des hantavirus à l'Institut Pasteur de Paris :

  • Un tube de sang pour rechercher des anticorps (sérologie IgM et IgG) qui indiquent si le système immunitaire a réagi au virus
  • Un tube pour une analyse par RT-PCR qui détecte directement la présence du virus dans le sang. Cette analyse peut également être réalisée sur de la salive ou des biopsies pulmonaires ou rénales si nécessaire

Étape 4 : Confirmation par le CNR

Les prélèvements sont envoyés en triple emballage sécurisé au CNR des hantavirus (Institut Pasteur, Paris), seul habilité à confirmer le diagnostic en France. Le CNR doit être informé de tout envoi avant expédition.

 
📌 Déclaration de la ministre de la Santé Stéphanie Rist du 11 mai 2026
La France est "prête à faire face à la situation en termes de masques, de tests PCR et de médicaments".

Traitement et prévention du hantavirus

À ce jour, aucun traitement antiviral ni vaccin n'a été approuvé. La prise en charge repose sur des soins symptomatiques : hydratation, antalgiques, suivi rénal et respiratoire. Dans les formes graves, une réanimation avec ventilation mécanique ou dialyse peut être nécessaire.

La meilleure protection reste la prévention.

En intérieur :

  • Aérer avant d'entrer, porter un masque et des gants
  • Humidifier les surfaces avant de nettoyer, désinfecter à l'eau de Javel diluée

En extérieur :

  • Ne pas manipuler de rongeurs morts ou vivants
  • Stocker les aliments dans des contenants hermétiques, ne pas laisser traîner de déchets

Sources

coreb.infectiologie.com : Mission COREB Nationale

pasteur.fr : Institut Pasteur, CNR des Hantavirus

anrs.fr : ANRS Maladies infectieuses émergentes

santepubliquefrance.fr : Santé publique France

inrs.fr : Institut National de Recherche et de Sécurité

elsan.care : ELSAN

Auteur

Article écrit le 13/05/2026, vérifié par Meryem Lamlih

Questions fréquentes sur l'hantavirus

Le hantavirus est-il présent en France ?

Oui, le hantavirus est présent en France métropolitaine, principalement sous la forme responsable de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Environ 100 cas sont recensés chaque année, surtout dans le quart nord-est (Institut Pasteur).

Quels sont les premiers symptômes d'une infection à hantavirus ?

Les premiers signes ressemblent à ceux d'une grippe sévère : fièvre élevée, maux de tête marqués, douleurs musculaires et troubles digestifs. Ces symptômes apparaissent entre 1 et 6 semaines ou 1 semaine à deux mois selon la forme après une exposition au virus.

Quel est le taux de mortalité du hantavirus ?

La létalité varie fortement selon la souche. En Europe, la forme la plus courante (virus Puumala) présente une létalité faible, de l'ordre de 0,4 %. La forme impliquée dans le foyer du MV Hondius, le syndrome pulmonaire à hantavirus causé par le virus des Andes, est beaucoup plus grave, le risque de décès peut atteindre 30 à 60 % des personnes. C'est précisément pourquoi cette souche concentre aujourd'hui l'attention des autorités sanitaires internationales.

Y a-t-il un vaccin contre l'hantavirus ?

Non. Aucun vaccin contre le hantavirus n'est approuvé à ce jour, ni en France ni à l'international. Des recherches sont en cours, mais aucune n'a encore abouti à une mise sur le marché.

Quelle est la durée d'incubation du hantavirus ?

La période d'incubation du hantavirus est de 1 à 6 semaines ou de 1 semaine à 2 mois après une exposition à risque. Cette durée variable dépend de la souche virale, de la quantité de virus inhalée et de l'état immunitaire de la personne exposée.

Le hantavirus est-il contagieux ?

Dans la grande majorité des cas, non. Les 37 autres souches connues ne se transmettent pas entre personnes. Seul le virus des Andes, impliqué dans le foyer du MV Hondius, peut se transmettre par contacts étroits et prolongés. Il ne se propage pas comme un rhume ou la grippe, comme l'a rappelé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 8 mai 2026.

L'hantavirus représente-t-il un danger ?

Cela dépend de la souche. En France, le virus Puumala présente un risque de décès très faible, de 0,4 %. Le virus des Andes, impliqué dans le foyer du MV Hondius, est beaucoup plus grave avec un risque de décès pouvant atteindre 30 à 60 % selon la Mission COREB Nationale.

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