
Purpura
✅️ Résumé : l'essentiel sur le purpura
| Catégorie | Info clé |
| Définition | Taches cutanées hémorragiques ne s'effaçant pas à la pression |
| Formes fréquentes | Vasculaire, thrombopénique (PTI), rhumatoïde, d'effort, simplex, sénile |
| Symptômes | Taches rouges/violettes sur les jambes, le visage ou les bras, parfois douleurs articulaires |
| Causes principales | Fragilité vasculaire, déficit en plaquettes, médicaments, infection, vieillissement cutané |
| Diagnostic | Examen clinique, test du verre, bilan sanguin |
| Traitements | Variables selon la forme : repos, corticoïdes, immunoglobulines |
| Complication | Purpura fulminans (fièvre pourpre) : urgence, appeler le 15 immédiatement |
Définition : qu’est-ce que le purpura ?
Le purpura désigne des taches rouges, violettes ou pourpres qui apparaissent sur la peau et ne s'effacent pas à la pression, causées par un saignement sous-cutané. Il existe plusieurs types de purpura, avec des origines variées.

Quels sont les types de purpura ?
Le purpura rhumatoïde (vascularite à IgA)
Le purpura rhumatoïde est un sous-type de purpura vasculaire. Il résulte de dépôts d'anticorps de type IgA dans les petits vaisseaux, qui déclenchent une réaction inflammatoire locale. Il associe des taches purpuriques sur les zones déclives (membres inférieurs), des douleurs articulaires et parfois des douleurs abdominales. La forme est généralement bénigne et se résout en quelques semaines, bien qu'une atteinte rénale puisse survenir dans certains cas et nécessite un suivi médical.
Le purpura fulminans
Le purpura fulminans est une forme rare mais gravissime de purpura, liée dans la grande majorité des cas à une infection bactérienne invasive. Le méningocoque en est la cause la plus fréquente, suivi du pneumocoque. Il peut survenir à tout âge, mais les enfants de moins de 5 ans et les adolescents sont les populations les plus exposées. C'est la seule forme de purpura qui constitue une urgence vitale absolue.
Le purpura thrombopénique (PTI)
Ce type de purpura est causé par une diminution du taux de plaquettes dans le sang. Plusieurs facteurs peuvent entraîner ce déficit de plaquettes, tels qu’une infection virale ( VIH, hépatite B ou C, varicelle, cytomégalovirus (CMV) ou parasitaire comme le paludisme, une maladie auto-immune, ou encore un syndrome de coagulation intravasculaire disséminée. On peut retrouver ce purpura chez le bébé, l’enfant ou l’adulte.
Autres formes : vasculaire, d'effort, simplex et sénile
| Forme | Mécanisme principal | Qui est concerné en priorité |
| Purpura vasculaire | Inflammation ou fragilité de la paroi des vaisseaux | Adulte, tout âge |
| Purpura d'effort (ou du randonneur) | Microtraumatismes vasculaires lors d'un effort prolongé | Adulte sportif, membres inférieurs |
| Purpura simplex | Fragilité capillaire bénigne sans cause identifiée | Femme adulte principalement |
| Purpura sénile (de Bateman) | Vieillissement et amincissement du derme | Personne âgée, avant-bras et mains |
Quelles sont les causes du purpura ?
Le purpura peut apparaître selon deux grands facteurs déclenchants, auxquels s'ajoutent des formes plus bénignes liées au vieillissement ou à l'effort physique.
- Le premier mécanisme est plaquettaire : quand le nombre de plaquettes dans le sang chute en dessous d'un certain seuil, de petits saignements apparaissent spontanément sous la peau. Ce déficit peut résulter d'une production insuffisante au niveau de la moelle osseuse, d'une destruction plaquettaire accélérée par le système auto-immun (comme dans le PTI, purpura thrombopénique immunologique), d'une infection virale ou d'un trouble de la coagulation.
- Le second mécanisme est vasculaire : la paroi des petits vaisseaux sanguins se fragilise ou s'enflamme, ce qui permet au sang de s'échapper dans le derme. L'origine peut être infectieuse, inflammatoire, allergique ou médicamenteuse. Le purpura rhumatoïde (Henoch-Schönlein) en est la forme la plus connue.
À ces deux mécanismes s'ajoutent des formes bénignes sans trouble de la coagulation ni inflammation : le purpura lié au vieillissement cutané (purpura sénile de Bateman), le purpura d'effort provoqué par des microtraumatismes vasculaires, et le purpura simplex, dont la cause exacte reste mal identifiée.
Quels sont les symptômes du purpura ?
Le purpura occasionne des symptômes qui varient selon le type de pathologie. En règle générale, il se manifeste par :
- des lésions rouges, violettes ou mauves sur la peau, sous forme de petits points ( pétéchies) ou de grandes plaques, ces taches ne s'effacent pas à la pression, c'est leur caractéristique principale
- une peau qui marque facilement, même sans traumatisme identifiable
- des hématomes ou des ecchymoses spontanés
- des saignements au niveau des muqueuses : saignements de nez, gencives, ou présence de sang dans les selles et les urines.
Chez les femmes, les règles peuvent également être plus abondantes en cas de purpura thrombopénique, en raison du déficit en plaquettes.
Pour ce qui est du purpura d'origine infectieuse, les symptômes peuvent s'apparenter à ceux d'un état grippal : état fébrile, fièvre, fatigue, courbatures. Dans les formes les plus sévères, des troubles neurologiques peuvent apparaître : vertiges, céphalées, nausées, confusion, raideur de la nuque. Ces signes, associés à des tâches purpuriques, doivent faire évoquer un purpura fulminans et nécessitent une prise en charge médicale immédiate.
Le purpura rhumatoïde présente quant à lui des symptômes spécifiques. Au-delà des lésions cutanées, il peut provoquer des gonflements ( œdèmes) au niveau des genoux et des chevilles, des douleurs articulaires, des douleurs abdominales, des troubles digestifs et, dans certains cas, une atteinte rénale qui justifie un suivi médical.
Comment diagnostiquer le purpura sur la peau ?
Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique : observation des taches, test du verre (vitropression) et interrogatoire sur les circonstances d'apparition, les médicaments pris et les antécédents médicaux.
Selon la forme suspectée, plusieurs examens complémentaires peuvent être prescrits :
- Bilan sanguin (NFS) : vérifie le nombre de plaquettes et écarte une hémopathie. Un taux inférieur à 100 G/L oriente vers un purpura thrombopénique ; en dessous de 20 G/L, une hospitalisation en urgence est nécessaire
- CRP et bilan inflammatoire : demandés si une vascularite est suspectée
- Bandelette urinaire : réalisée systématiquement dans le purpura rhumatoïde pour dépister une atteinte rénale silencieuse ( hématurie macroscopique, protéinurie). Un contrôle est recommandé plusieurs semaines après l'épisode, car les signes rénaux peuvent apparaître bien après la disparition des lésions cutanées. En cas d'atteinte sévère, une biopsie rénale peut être envisagée.
- Biopsie cutanée : indiquée lorsque le purpura est infiltré ou palpable, pour confirmer une inflammation des parois vasculaires et orienter vers une vascularite
- Ponction de moelle osseuse ( myélogramme) : réalisée en cas de doute diagnostique sur un purpura thrombopénique, notamment chez les patients de plus de 60 ans ou en présence d'anomalies sur d'autres lignées sanguines
Quels sont les traitements pour la maladie du purpura ?
Il n'existe pas de traitement universel du purpura. La prise en charge dépend entièrement de la forme identifiée et de sa cause.
- Purpura simplex et sénile (Bateman) : aucun traitement médicamenteux. Surveillance médicale, protection cutanée (vêtements couvrants, hydratation, limitation de l'exposition solaire)
- Purpura d'effort : repos, surélévation des membres, compression légère si nécessaire. Résolution spontanée en quelques jours
- Purpura vasculaire inflammatoire : traitement de la cause sous-jacente. Corticothérapie si l'origine est auto-immune
- Purpura thrombopénique immunologique (PTI) : selon le PNDS HAS 2024, corticoïdes en première intention sur 3 à 8 semaines. Immunoglobulines intraveineuses en cas de forme sévère
- Purpura rhumatoïde : prise en charge symptomatique (repos, antalgiques). Suivi rénal sur plusieurs semaines
Quelles sont les complications possibles du purpura ?
Dans les formes plus sévères de la maladie, les hémorragies peuvent dépasser la peau et toucher des organes internes :
- Reins : atteinte rénale, principalement dans le purpura rhumatoïde, pouvant évoluer vers une insuffisance rénale dans les cas non suivis
- Tube digestif : douleurs abdominales, saignements digestifs, voire invagination intestinale chez l'enfant atteint de purpura rhumatoïde
- Système nerveux central : hémorragie intracrânienne dans les formes de purpura thrombopénique avec taux de plaquettes très bas, rare mais grave
- Peau et tissus : nécrose cutanée étendue dans le purpura fulminans, pouvant nécessiter des amputations dans les cas les plus sévères
Cet article médical a été relu et validé par un médecin spécialiste en dermatologie et digestive au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.
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Sources
msdmanuals.com/fr : Manuels MSD
- Purpura simplex (fév. 2025)
- Purpura sénile (fév. 2025)
has-sante.fr : Haute Autorité de Santé
ncbi.nlm.nih.gov : StatPearls / NIH National Library of Medicine
- IgA Vasculitis (Henoch-Schönlein Purpura) (mis à jour sept. 2023)
- Purpura Fulminans (mis à jour juil. 2023)
- Immune Thrombocytopenia (mis à jour mai 2024)
- Actinic Purpura (mis à jour nov. 2025)
sfmu.org : Société Française de Médecine d'Urgence
Auteur
Article écrit le 17/11/2022, vérifié par Pierre Boget
Modifié le 10/06/2026, vérifié par Meryem Lamlih
Vos questions fréquemment posées sur le purpura :
Quel est le purpura le plus dangereux ?
Le purpura fulminans, lié le plus souvent à une infection à méningocoque. Les taches s'étendent rapidement, avec une forte fièvre et altération de l'état général. C'est une urgence vitale absolue : appelez le 15 immédiatement.
C'est quoi la maladie du purpura ?
Le purpura est une maladie de la circulation sanguine qui se caractérise par la formation de petits hématomes sur la peau et les muqueuses.
Comment soigner un purpura ?
Cela dépend de la forme. Les formes bénignes (simplex, sénile, d'effort) ne nécessitent pas de traitement. Les formes thrombopéniques ou vascularitiques sont traitées par corticoïdes ou immunoglobulines.
Comment savoir si on a un purpura ?
Le purpura se caractérise par la présence de taches rouges ou violettes sur la peau, qui ne blanchissent pas lorsqu'on les appuie avec le doigt.
Le purpura est-il contagieux ?
Non. Le purpura est un signe cutané, pas une maladie infectieuse. Les taches ne se transmettent pas.
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