
Fibromes utérins ou myomes
Le fibrome utérin, également appelé myome utérin ou léiomyome, est une tumeur bénigne développée à partir des cellules musculaires lisses de la paroi de l'utérus. C'est la tumeur gynécologique bénigne la plus fréquente chez la femme en âge de procréer, touchant 20 à 80% des femmes selon l'âge, l'ethnie et la méthode de détection, avec un pic typique entre 30 et 50 ans. Si le diagnostic peut inquiéter, sa transformation en cancer est extrêmement rare. Par ailleurs, la majorité des femmes porteuses de fibromes ne ressentent aucun symptôme et les ignorent souvent pendant des années. Lorsqu'ils provoquent des symptômes comme des règles abondantes, des douleurs pelviennes ou un gonflement du bas-ventre, des solutions adaptées à chaque situation et projet de vie existent.
Qu'est-ce que les fibromes utérins ? Définition
Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes qui prennent naissance dans les cellules musculaires lisses de la paroi utérine. Également appelés myomes utérins ou léiomyomes, leur transformation en cancer est un événement extrêmement rare, survenant dans moins de 1 % des cas. Leur taille est très variable : de 1 cm à plus de 20 cm selon les cas.

Types de fibromes utérins : sous-séreux, sous-muqueux et autres
Il existe plusieurs types de fibromes selon leur localisation au niveau de l'utérus :
- Fibrome interstitiel (ou intramural) : dans l'épaisseur du muscle utérin, le plus fréquent. Ces myomes interstitiels peuvent provoquer un utérus myomateux ou utérus fibreux augmenté de volume.
- Fibrome sous-muqueux : développé sous l'endomètre, en direction de la cavité utérine, souvent responsable de saignements abondants et de troubles de la fertilité
- Fibrome sous-séreux : développé vers l'extérieur de l'utérus, peut comprimer les organes voisins (vessie, rectum)
- Fibrome pédiculé : rattaché à l'utérus par une fine tige ; en cas de torsion d'un fibrome, il provoque des douleurs aiguës intenses
- Fibrome intracavitaire : fait saillie à l'intérieur de la cavité utérine
Lorsque l'utérus contient plusieurs fibromes simultanément, on parle d'utérus polymyomateux. La classification FIGO (système international de référence) permet de classer précisément chaque fibrome selon sa localisation pour guider le traitement.
Causes des fibromes de l'utérus : pourquoi apparaissent-ils ?
Les causes exactes restent encore imprécises. Plusieurs facteurs favorisent cependant leur développement.
Le déséquilibre hormonal joue un rôle central : Les œstrogènes et la progestérone jouent un rôle central dans la croissance des fibromes, qui se développent principalement pendant la période d'activité génitale et régressent le plus souvent spontanément après la ménopause. À noter que la prise d'un traitement hormonal de la ménopause (THM) peut ralentir cette régression, voire stimuler à nouveau leur croissance. Les modifications du cycle menstruel (premières règles avant 12 ans, par exemple) peuvent aussi favoriser leur apparition.
Parmi les autres facteurs de risque :
| Facteur de risque | Description | Niveau de risque |
|---|---|---|
| Déséquilibre hormonal | Œstrogènes/progestérone stimulent la croissance | Principal (croissance génitale, régression ménopause) |
| Antécédents familiaux | Mère/sœur touchée | Fortement augmenté (×2-3) |
| Obésité / surpoids | Augmente les œstrogènes périphériques | Modéré à élevé |
| Femme d'origine africaine et afro-américaines | Plus précoce et volumineux | Élevé (×2-3 plus que vs caucasienne) |
| Nulliparité | Femme n'ayant jamais accouché | Augmenté |
| Règles précoces | Règles avant 10-12 ans | Modéré (exposition prolongée) |
| Consommation d'alcool | > 2 verres/jour (surtout bière/alcools forts) | Modéré (études épidémiologiques) |
| Carence vitamine D | Faible taux de vitamine D |
Modéré (études observationnelles)
|
Lire aussi : Obésité : causes, facteurs et prise en charge
Quels sont les symptômes des fibromes utérins ?
70 à 85% des femmes ne ressentent aucun symptôme, le fibrome est alors découvert fortuitement lors d'un examen gynécologique de routine ou d'une échographie pelvienne. Lorsqu'ils sont présents, les symptômes varient selon la taille, le nombre et la localisation des fibromes.
Fibrome et saignements : quand s'inquiéter ?
Le symptôme le plus fréquent est la perturbation des règles. Les fibromes utérins peuvent provoquer des règles abondantes et prolongées (ménorragies), responsables d'une anémie par carence en fer se manifestant par une grande fatigue, un essoufflement et des vertiges. Des saignements entre les règles (métrorragies) sont également possibles, en particulier avec les fibromes sous-muqueux.
Est-ce que les fibromes utérins font gonfler le ventre ?
Oui, un fibrome volumineux peut se manifester par un ventre gonflé, une distension abdominale ou une sensation de boule dans l'utérus, mais pas que, sa présence peut aussi provoquer :
- Des douleurs pelviennes ou une pesanteur dans le bas du ventre et la partie inférieure du bassin
- Des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie)
- Des troubles de la fertilité (difficultés à concevoir)
- Des envies fréquentes d'uriner par compression de la vessie
- Une constipation par compression du rectum
Ces symptômes peuvent altérer significativement la qualité de vie au quotidien. Si vous vous reconnaissez dans l'un d'eux, n'attendez pas pour en parler à votre gynécologue.
Comment diagnostiquer un fibrome utérin ?
Échographie fibrome et IRM pelvienne
Le diagnostic repose d'abord sur l'examen gynécologique, puis sur des examens d'imagerie. L'échographie fibrome par voie abdominale ou endovaginale est l'examen de première intention. Elle évalue la taille, le nombre et la localisation des fibromes. L'I RM pelvienne fibrome est prescrite en cas de doute ou pour établir une cartographie précise avant une intervention chirurgicale. Une hystéroscopie permet d'explorer directement la cavité utérine et de diagnostiquer les fibromes sous-muqueux.
Quels traitements pour les fibromes utérins ?
Médicaments pour diminuer les fibromes : quelles options ?
En première intention, la prise en charge passe par les traitements médicamenteux :
- Les progestatifs (par voie orale ou via un dispositif intra-utérin) : réduisent les saignements abondants ; certains progestatifs oraux sont désormais limités à moins d'un an en raison d'un risque de méningiome, votre médecin vous orientera vers l'option la plus adaptée
- La pilule contraceptive estroprogestative : peut atténuer certains symptômes liés aux fibromes
- Les analogues de la GnRH : induisent une ménopause artificielle temporaire, réduisant les fibromes jusqu'à 50 % en volume ; utilisés en préparation avant une chirurgie (effet non permanent à l'arrêt)
- Les antalgiques et anti-inflammatoires : soulagent les douleurs et réduisent les saignements
- Les médicaments hémostatiques : limitent les pertes sanguines abondantes
Opération d'un fibrome : myomectomie ou hystérectomie ?
Lorsque les médicaments sont insuffisants, une intervention chirurgicale peut être proposée.
La myomectomie consiste à retirer les fibromes tout en conservant l'utérus. C'est le traitement de référence pour les femmes ayant un désir de grossesse. Elle peut être réalisée par voie vaginale (hystéroscopie), cœlioscopie ou laparotomie selon les cas. Une récidive est possible à long terme dans environ 20 % des cas. L'hystérectomie (ablation totale ou partielle de l'utérus) est le seul traitement définitif ; elle est réservée aux femmes n'ayant plus de projet de grossesse ou en cas de fibromes très volumineux résistants aux autres traitements.
Une alternative mini-invasive : l'embolisation des artères utérines. Cette technique consiste à injecter des microparticules dans les artères nourrissant le fibrome pour interrompre son irrigation, provoquant sa nécrose progressive. L'embolisation d'un fibrome préserve l'utérus, ne nécessite pas d'incision et représente aujourd'hui une option reconnue, notamment pour les femmes souhaitant éviter la chirurgie.
Grossesse et fibrome : peut-on tomber enceinte ?
Avoir un fibrome ne signifie pas renoncer à un projet de grossesse. Dans la majorité des cas, les femmes porteuses de fibromes mènent leur grossesse à terme sans complication majeure et beaucoup ne le savent même pas.
Selon le type et la localisation du fibrome, certains risques peuvent cependant exister. Un fibrome sous-muqueux peut parfois gêner la nidation de l'embryon et rendre la conception plus difficile. En début de grossesse, il peut majorer le risque de fausse couche. En cours de grossesse, le fibrome peut augmenter de volume sous l'effet des hormones, avec dans certains cas un risque de douleurs vives soudaines (nécrobiose aseptique), d'accouchement prématuré ou d'hémorragie après l'accouchement. Les fibromes sous-muqueux et interstitiels sont les plus impliqués dans ces situations.
Si vous avez un projet de grossesse et que des fibromes ont été détectés, vous n'êtes pas seule face à cette question. Votre gynécologue évaluera avec vous si un traitement préalable est nécessaire pour optimiser vos chances de conception, et un suivi rapproché sera mis en place tout au long de votre grossesse.
Ménopause et fibromes : que se passe-t-il ?
Après la ménopause, les fibromes régressent naturellement dans la plupart des cas. Sans les œstrogènes produits par les ovaires, ils ne sont plus stimulés et diminuent progressivement, entraînant souvent la disparition des symptômes. Pour les femmes sous traitement hormonal de la ménopause (THM), ce processus peut être ralenti, voire interrompu, puisque le traitement compense la baisse hormonale qui aurait naturellement freiné leur croissance. Si vous êtes dans cette situation, parlez-en à votre gynécologue afin d'adapter votre suivi. Dans tous les cas, si vos fibromes restent peu symptomatiques, une surveillance simple peut être préférable à un traitement immédiat.
Est-il dangereux de garder un fibrome utérin ?
Dans la grande majorité des cas, garder un fibrome n'est pas dangereux immédiatement. Les fibromes sont des tumeurs bénignes qui ne se transforment jamais en cancer. Cependant, sans suivi médical, des complications peuvent apparaître progressivement :
- Une anémie sévère liée aux saignements répétés (fatigue intense, vertiges, essoufflement, perte de cheveux)
- Une torsion d'un fibrome pédiculé : douleur aiguë nécessitant une prise en charge en urgence
- Une nécrobiose aseptique : nécrose d'une partie du fibrome avec fièvre et douleurs vives
- Des lésions des organes voisins en cas de fibrome très volumineux (compression des uretères, de la vessie)
- Des troubles de la fertilité et des complications obstétricales
Un tiers des cas de fibromes symptomatiques non suivis évolue vers des complications nécessitant finalement une intervention. Un suivi gynécologique régulier est donc essentiel pour adapter la prise en charge au bon moment et préserver votre qualité de vie.
Cet article médical a été relu et validé par un médecin spécialiste en gynécologie au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.
Vous trouverez ci-dessous, les praticiens gynécologues au sein des hôpitaux privés ELSAN, qui vous reçoivent en RDV près de chez vous, dans l’un de nos établissements.
Sources
ameli.fr : Assurance Maladie
- Comprendre les fibromes de l'utérus : définition et apparition
- Fibromes utérins : symptômes, diagnostic et évolution
- Fibrome utérin : quel traitement ?
- Ménopause : quelles répercussions sur la santé ?
- Périménopause et ménopause : mode de vie et traitement
has-sante.fr : Haute Autorité de Santé
Auteur
Article écrit le 17/08/2022Nx:, vérifié par le Dr Dieudonné EKOUKOU, gynécologue, à la Clinique de l’Estrée située à Stains
Modifié le 06/03/2026Nx:, vérifié par Meryem Lamlih
Vos questions fréquemment posées :
Quelle est la différence entre un myome et un fibrome ?
Aucune différence : myome, fibrome et léiomyome désignent exactement la même tumeur bénigne. Ces termes sont utilisés de façon interchangeable par les médecins. Le terme scientifique précis est léiomyome utérin.
Comment soigner des fibromes utérins sans chirurgie ?
Plusieurs options non chirurgicales permettent d'améliorer les symptômes sur le long terme :
- Le dispositif intra-utérin hormonal (DIU au lévonorgestrel) : neutralise les effets des œstrogènes, réduit efficacement les saignements abondants et les douleurs pendant 5 ans.
- L'acide tranexamique : traitement oral non hormonal qui diminue les saignements abondants, sans réduire la taille des fibromes.
- Les modulateurs sélectifs des récepteurs de la progestérone : bloquent l'hormone qui stimule la croissance des fibromes.
- Les agonistes de la GnRH (injection ou spray nasal) : réduisent les fibromes jusqu'à 50 % en 3 mois, mais peuvent provoquer des effets secondaires proches de la ménopause (bouffées de chaleur, perte osseuse, sécheresse vaginale).
- Le danazol : réduit le taux d'œstrogènes et la taille des fibromes de 20 à 25 %, mais peut entraîner prise de poids et acné.
- L'embolisation des artères utérines : technique mini-invasive qui interrompt l'irrigation du fibrome sans incision chirurgicale.
Quand faut-il opérer un fibrome de l'utérus ?
Les fibromes ne nécessitent pas systématiquement d'être retirés. L'intervention est envisagée lorsque les symptômes altèrent la qualité de vie, en cas de complications, d'infertilité liée à la présence de fibromes, ou d'échec des traitements médicamenteux. Chaque situation est évaluée individuellement avec votre gynécologue.
Est-ce que les fibromes peuvent se transformer en cancer ?
Les fibromes ne deviennent jamais un cancer, mais certaines publications ont fait état de la présence de cellules cancéreuses développées au sein de fibromes (d'où la règle de faire une analyse histologique systématique).
Peut-on sentir un fibrome utérin au toucher ?
Un fibrome de petite taille n'est pas palpable. En revanche, un fibrome volumineux, notamment un fibrome sous-séreux ou un utérus polymyomateux, peut être perçu à la palpation abdominale lors d'un examen gynécologique, sous la forme d'une masse ferme dans le bas-ventre. C'est souvent lors de cet examen de routine que le diagnostic est évoqué pour la première fois.
Un fibrome utérin peut-il disparaître tout seul ?
Avant la ménopause, les fibromes ne disparaissent généralement pas spontanément, mais peuvent rester stables de nombreuses années sans causer de symptômes. Après la ménopause, la régression naturelle est habituelle, sauf chez les femmes sous traitement hormonal de la ménopause (THM) qui peut maintenir les fibromes actifs et les faire évoluer. Dans de rares cas, un fibrome pédiculé peut être expulsé spontanément.
Nos gynécologues obstétriciens à proximité
Pathologies associées à la Gynécologie
Examens associés à la Gynécologie
Traitements associés à la Gynécologie
Spécialités associées à la Gynécologie








