Malgré le peu de patients concernés par cette pathologie, la pubalgie demeure un véritable enjeu pour ceux-ci. En fonction de la qualité de la prise en charge, ses symptômes et leur potentielle gravité handicapent en effet les athlètes professionnels (notamment les footballeurs) et les femmes enceintes jusqu'à un degré pouvant directement impacter leur vie quotidienne. Même si sa nature rend son identification et l’anticipation de son traitement difficiles, une prise en charge précoce reste indispensable pour assurer une guérison rapide et optimale. Les professionnels de santé ne se sont qu'assez récemment accordés sur les méthodes adaptées au diagnostic de la pubalgie, en même temps qu'ont commencé à fleurir les études les plus documentées à son sujet. Faites le point grâce à Elsan.
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫 Diagnostic de la pubalgie
| Étape du diagnostic | Intervenants et outils | Objectifs et détails |
| Spécialistes à consulter | Médecin du sport, rhumatologue, médecin MPR, kinésithérapeute. | Identifier l'origine de la douleur et orienter le plan de rééducation. |
| Anamnèse (interrogatoire) | Questionnement sur le matériel, le stress, les habitudes sportives. | Isoler les facteurs déclenchants (changement de terrain, matériel usé). |
| Examen clinique | Tests de palpation, testings musculaires, examen podoscopique. | Rechercher un conflit rachidien ou des zones de tension (psoas, ischio-jambiers). |
| Imagerie médicale | IRM, radiographie, échographie. | Confirmer les lésions (hernie, ostéoarthropathie) et évaluer le stade d'évolution. |
| Chirurgie | Chirurgien viscéral. | Intervenir uniquement en cas de lésion anatomique avérée ou d'échec total de la rééducation. |
🔎Dans les grandes lignes🔍 Pubalgie : diagnostic et dépistage
Le diagnostic de la pubalgie est un processus complexe reposant sur un faisceau d'indices plutôt que sur un test unique. En raison de la diversité des symptômes (douleurs à l'aine, faiblesse abdominale ou inflammation des adducteurs), les professionnels de santé privilégient une approche par élimination : le diagnostic différentiel. Le parcours de soin commence généralement par un interrogatoire pour comprendre et identifier le contexte d'apparition des douleurs, suivi d'un examen clinique rigoureux réalisé par des spécialistes.
L'imagerie médicale (IRM, radiographie et/ou échographie) joue un rôle déterminant pour valider les soupçons cliniques et écarter d'autres pathologies. Si une prise en charge immédiate peut régler le problème en un mois, un retard de diagnostic conduit souvent à une période de 3 à 6 mois de rééducation. La patience et l'observance du protocole de soin restent les seuls garants d'une guérison efficiente et durable.
Définition : qu'est-ce qu'une pubalgie ?
La pubalgie correspond à une douleur chronique au niveau de certains membres inférieurs liés au pubis affectant tout particulièrement les sportifs, majoritairement de sexe masculin. Ressentie à la suite d'une inflammation de la symphyse pubienne, elle s'accompagne, selon sa nature, d'une faiblesse de la paroi abdominale ou d'une tendinite des adducteurs, fragilisant sensiblement la zone concernée. Les microtraumatismes qui en sont à l'origine surviennent concomitamment à la pratique intensive des sports d'appui. Cependant, les muscles concernés demeurent exposés à de nombreuses pathologies. Par conséquent, aucun test ne peut se targuer d'une absolue fiabilité pour dépister la pubalgie ; son diagnostic repose sur un cluster d'examens cliniques différentiels permettant de l'isoler par élimination.
Douleurs à l'aine (gauche ou droite), aux adducteurs, et aux pubis : les symptômes qui mettent sur la piste de la pubalgie
La première difficulté à laquelle se confrontent les médecins repose sur la diversité des symptômes. La région pubienne, où se limite leur localisation, conserve un certain nombre de zones pouvant être atteintes en fonction du type de pubalgie :
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Celle des adducteurs, comme son nom l'indique, provoque un déséquilibre musculaire par suite de l'insertion des muscles internes de la cuisse sur le pubis. Il s'agit de la forme la plus courante de la pathologie ; on en trouve à l'origine l'inflammation causée par une tendinite des adducteurs. Celle-ci s'avive tout particulièrement lors des étirements ou en serrant les genoux.
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La pubalgie pariéto-abdominale implique une faiblesse de la paroi abdominale. Elle se repère au faîte d'une douleur vive ressentie au niveau du canal inguinal lors d'une quinte de toux ou d'exercices sollicitant les muscles abdominaux.
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Chez la femme, la pubalgie est plus rare mais présente, paradoxalement, davantage de facteurs de risque spécifiques. Une douleur inhabituelle ressentie au niveau du plancher pelvien à partir du sixième mois de la grossesse peut être le potentiel signe d'une pubalgie. Une instabilité osseuse ou une hyperlaxité ligamentaire provoquent également une douleur plus diffuse, similaire à l'endométriose.
Quel que soit le cas, le diagnostic reste complexe en regard de la nature progressive de l'apparition de ces signes avant-coureurs. Au premier stade de l'affection, la douleur ne consiste qu'en une gêne ressentie après l'effort et le patient peut la confondre avec une simple courbature. D'autant plus que l'afflux sanguin et l'augmentation de la température corporelle tendent à anesthésier la douleur ressentie pendant l'effort.
Comment savoir avec certitude si on a une pubalgie ?
Les premiers soupçons de pubalgie chez l'athlète ou la femme enceinte peuvent être pré-diagnostiqués par le patient au moyen de quelques tests faciles à réaliser.
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L'autopalpation de la symphyse : un élancement vif représente un facteur de risque.
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Autant qu'un pic de douleur éprouvé en toussant.
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Serrer les jambes contre une quelconque résistance (ballon ou poing fermé) révèle une tendinite des adducteurs en cas de contraction au niveau de la paroi abdomino-pelvienne. C'est le signe le plus flagrant d'une pubalgie.
Il convient de rappeler le caractère purement pronostique de cet examen, qui ne saurait se substituer à l'avis d'un professionnel de santé. Dès lors qu'une évidente douleur ressort du résultat de ces tests, consultez sans attendre un spécialiste.
Comment diagnostiquer une pubalgie ?
Relativement méconnue des professionnels de santé avant le 21ème siècle, la pubalgie a depuis fait l'objet de plusieurs études, notamment sur les footballeurs. Ses méthodes de diagnostic et de traitement médical demeurent compliquées ; elles se sont tout de même sensiblement affinées.
Quel spécialiste consulter pour une pubalgie ?
Plusieurs praticiens possèdent les habilitations et les méthodes nécessaires au diagnostic de la pubalgie. Le médecin du sport demeure le plus proche des terrains ; c'est le plus souvent à lui que s'adressent les footballeurs. Le rhumatologue, spécialisé dans l'appareil locomoteur, ainsi que le médecin de la MPR (Médecine physique et de réadaptation) constituent des options tout aussi viables en cas d'indisponibilités. Si le kinésithérapeute se voit généralement consulter pour la rééducation, il possède également, en général, la formation nécessaire au diagnostic. Si ce dernier révèle un dysfonctionnement nécessitant une intervention chirurgicale, on fera appel, pour celle-ci, à un chirurgien viscéral.
Quel examen pour détecter une pubalgie ?
Détecter la pubalgie commence par une anamnèse, destinée à identifier les facteurs potentiels à l'origine de l'affection. Le patient a-t-il changé ses habitudes sportives ? Quel matériel utilise-t-il ? Est-il sujet au stress ? Comment la douleur se manifeste-t-elle au repos et pendant l'effort ? L'étape de l'interrogatoire revêt une grande importance dans le diagnostic de la pubalgie, du fait de la complexité anatomique de la région pubienne et des signes cliniques aspécifiques de la pathologie.
Les réponses apportées guident précisément l'examen clinique qui s'ensuit. De palpations en "testings" musculaires, le médecin identifie clairement les zones douloureuses. Il accorde pour cela une attention particulière à la symphyse pubienne, aux adducteurs, aux ischio-jambiers ou encore au psoas. Il recherche également un conflit rachidien à l'aide d'un examen podoscopique. Pour exactes que puissent se montrer ces observations, il convient toutefois, dans la plupart des cas, de les corroborer par imagerie médicale.
Imagerie de la pubalgie
Selon le stade auquel se diagnostique la pubalgie, l'athlète peut en effet présenter quelques variantes asymptomatiques. La vérification par imagerie fournit alors une batterie de résultats susceptibles de clarifier plusieurs pistes :
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l'IRM explore la symphyse pubienne à la recherche d'atteintes musculo-tendineuses, d'une hernie du canal inguinal ou de signes d'ostéoarthropathie pubienne.
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La radiographie recherche une instabilité symphysaire, des lésions osseuses ou tout trouble de la statique pelvienne, classés en quatre stades évolutifs.
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L'échographie du canal inguinal complète le diagnostic des formes pariétales de la pubalgie en montrant l'origine de la symptomatologie douloureuse.
Comment soulager et soigner une pubalgie ?
Homme ou femme ; quel remède miracle contre la pubalgie ?
Dans le cadre sportif comme celui de la grossesse, le traitement de la pubalgie est à la mesure de son diagnostic : complexe, et reposant sur des procédés précis. La réadaptation à l'effort prend un certain temps, qu'aucun remède miracle ne saurait raccourcir ; il appartient au malade de prendre son mal en patience en respectant scrupuleusement le cadre établi pour la rééducation. À défaut d'une guérison expresse, il peut toutefois suivre quelques recommandations pour apaiser ses douleurs :
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Porter une bande – ou, pour la femme enceinte, une ceinture – de maintien kinésiologique pour stabiliser les articulations concernées ;
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Appliquer régulièrement une poche de glace sur le pubis ou les adducteurs de manière à apaiser l'inflammation ;
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Pratiquer quelques exercices doux, par séries courtes, afin de réguler l'information douloureuse.
Temps de guérison d'une pubalgie
La guérison de la pubalgie dépend en grande partie du stade auquel le praticien la diagnostique. Identifiée et traitée suffisamment tôt, sa rééducation peut ne durer que jusqu'à 4 semaines. La complexité du processus et la variabilité des résultats rendent toutefois ce cas de figure plutôt rare. Selon la gravité de l'atteinte, les professionnels de santé comptent en moyenne 3 à 6 mois de rétablissement sans activité sportive.
Sources
ELSAN : « Pubalgie : définition, causes et traitements »
IRBMS - Institut de recherche du bien-être de la médecine et du sport santé : « Pubalgie du sportif, symptômes et traitement »
André Berger : « Approches diagnostiques et thérapeutiques de la pubalgie du sportif », 2000 [thèse de doctorat, Université de Genève], archive ouverte UNIGE
Nicolas Sans, Agnès Lhoste-Trouilloud, Souhir Sethom, Pierre-Yves Camara, Mohamed Jirari, Antoine Ponsot & Jean-Jacques Railhac : « Imagerie des pubalgies », Journal de Radiologie Vol. 92/6, 06/2011
Article écrit le 28/01/2026Nx:, vérifié par Lothaire Berthier
💡Diagnostic de la pubalgie : questions fréquentes💡
Quelles sont les causes les plus courantes de la pubalgie ?
Au niveau de leur structure anatomique, les sportifs contractent souvent la pubalgie en conséquence d'un déséquilibre des forces musculaires entre les adducteurs et la sangle abdominale. Voire d'une bascule du bas-ventre entraînée par l'asymétrie des membres inférieurs ou de postures accidentogènes incluant de régulières flexions du tronc. Les causes directes concernent davantage la pratique du sport en elle-même, notamment dans le cas du football. Un changement brusque des conditions de pratique avec un matériel usé, le manque d'hydratation ou le stress en constituent autant de facteurs de risque.
Le diagnostic est-il le même pour la pubalgie du sportif et celle de la grossesse ?
L'origine de la pubalgie chez la femme enceinte peut certes différer, ne serait-ce que du fait des conséquences anatomiques de la grossesse. Mais l'examen clinique demeure similaire, incluant palpations et tests de mobilité. De même que les imageries, sans danger pour le bébé malgré l'opinion reçue. Son origine non sportive restreint par ailleurs le champ des maladies à l'étude dans le diagnostic différentiel.
Quel type d'échographie pour une pubalgie ?
Il existe en effet plusieurs typologies d'échographies, adaptées aux examens entrepris sur chaque patient selon ses symptômes. Dans le cas de la pubalgie, le praticien recourt à l'échographie inguinale dès lors que nécessite la confirmation de ses formes pariétales.
Un enfant peut-il contracter une pubalgie ?
La pubalgie ne connaît aucune frontière d'âge ; un enfant peut tout aussi bien en souffrir qu'un adulte. Le cas demeure cependant plus rare, du fait de l'intensité adaptée à la pratique sportive chez les jeunes.
Est-ce qu'une pubalgie se voit à l'IRM ?
L'IRM, à l'instar des autres méthodes d'imagerie, ne permet pas de voir une pubalgie à proprement parler. Elles en identifient clairement ses causes profondes.



