Particulièrement douloureuse et problématique en cas de prise en charge tardive, la pubalgie demeure pourtant une affliction aux causes relativement peu nombreuses. Par conséquent, les professionnels de santé la détectent-ils facilement ? La discrétion des symptômes et leur récurrence sur d'autres types de pathologies compliquent quelque peu la tâche.
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫 Causes récapitulées de la pubalgie
| Détails/facteurs clés | |
| Profils à risque | Sportifs de haut niveau (foot, rugby, hockey), pratiquants de sports de pivot, et femmes enceintes (dès le 6ème mois). |
| Tests de détection |
|
| Causes anatomiques |
|
| Causes sportives |
|
| Spécificités féminines |
|
| Diagnostic médical | Examen clinique complété par l'imagerie (IRM, radiographie) pour exclure une lésion grave. |
🔎Dans les grandes lignes🔍 Les causes et facteurs de risque de la pubalgie
La pubalgie est une pathologie complexe localisée au carrefour de l'aine et du pubis, résultant principalement de microtraumatismes répétés. Fléau des sports de pivot et d'appuis comme le football, ses causes sont multiples et souvent liées à des déséquilibres biomécaniques, tels qu'une asymétrie des membres inférieurs ou une instabilité entre les muscles abdominaux et les adducteurs. L'hygiène de vie et la qualité du matériel jouent également un rôle déclencheur non négligeable dans sa pathogénie.
Chez la femme, la pubalgie peut notamment survenir lors de la grossesse sous l'effet des changements hormonaux (Relaxine) et du déplacement du centre de gravité par le poids du fœtus.
Le diagnostic repose sur trois tests cliniques simples (palpation, toux, adduction contrée), mais nécessite la confirmation d'un professionnel de santé par imagerie médicale pour adapter le traitement. Une prise en charge précoce via la kinésithérapie est essentielle pour se prémunir d'un basculement vers la douleur chronique, susceptible d'allonger la guérison jusqu'à un an, voire mener à la chirurgie.
Définition : Qu'est-ce qu'une pubalgie ?
Particulièrement présente dans la pratique des sports de haut niveau, la pubalgie prend la forme d'une douleur plus ou moins intense au niveau du bas-ventre, et plus spécifiquement à la jonction de l'os iliaque et du pubis, au niveau de l'aine. Elle affecte tout particulièrement les joueurs de football, mais aussi de rugby, handball, hockey sur glace ou toute activité favorisant la répétition de microtraumatismes. Si une inflammation en est le plus souvent à l'origine, les causes varient en fonction de l'intensité de la douleur, de la zone affectée ou, même, du sexe du patient.
Adducteurs, pli de l'aine, pubis gonflé... Les symptômes et douleurs liés à la pubalgie
Les premiers signes de la pubalgie consistent la plupart du temps en une douleur de faible intensité, ressentie au niveau de la région abdomino-inguino-pubienne. Elle devient toutefois chronique en cas de prise en charge tardive et impacte autant, de fait, la pratique sportive que la vie quotidienne.
Il peut s'agir d'une tendinite des adducteurs, causée par un glissement des muscles internes de la cuisse, ou d'une faiblesse de la paroi supérieure dans le cas d'une pubalgie pariéto- abdominale. Plus l'affection progresse, plus les syndromes douloureux sont susceptibles de se multiplier et, par conséquent, de toucher de membres inférieurs en simultané.
Comment savoir avec certitude si on a une pubalgie ?
Au tout début de la pathologie, le diagnostic de la pubalgie peut s'avérer complexe à établir pour le praticien et difficile à repérer pour les patients. Ce n'est malheureusement qu'à un stade plus avancé, donc plus grave, que les signes cliniques ne trompent plus, y compris pour les malades. Trois tests permettent d'en faciliter l'identification :
-
la palpation : au cours de laquelle se ressent un vif élancement en appuyant sur la symphyse (os pubien) ;
-
la toux : un court mais intense pic de douleur déclenché par la pression abdominale que provoque une quinte ;
-
L'adduction contrée : le signe le plus flagrant de l'éventuelle présence d'une pubalgie, en cas de contraction aigüe ressentie au pubis ou à l'aine en serrant les jambes contre un ballon ou son poing fermé.
Une sensation de brûlure au niveau du pli de l'aine et l'irradiation de la douleur vers les muscles de l'intérieur de la cuisse constituent autant d'indices supplémentaires en faveur d'une pubalgie.
Un autodiagnostic ne saurait toutefois se substituer à l'avis d'un médecin et de sa compétence à prescrire un examen clinique d'imagerie médicale (IRM, radiographie...). Soit le diagnostic le plus à même d'identifier l'origine de la potentielle pubalgie, de la simple inflammation à la lésion anatomique requérant l'intervention chirurgicale.
Les causes de la pubalgie
La reconnaissance et la récurrence des symptômes liés à la pubalgie ont permis d'en identifier plusieurs évidents facteurs de risques.
Causes de la pubalgie du sportif
Ils sont d'autant plus nombreux dans le cadre de la pratique des sports de pivot et d'appui (cités plus haut) impliquant de fréquents changements de direction et flexions du tronc. Notamment chez les sportifs présentant des anomalies anatomiques et biomécaniques provoquées par :
-
le déséquilibre des forces musculaires dans la balance adducteurs/abdominaux (instabilité structurelle du bassin) ;
-
une asymétrie des membres inférieurs (longueur des jambes entraînant un basculement fréquent du bassin) ;
-
une laxité ligamentaire naturelle (empêchant le maintien efficace du bassin) ;
-
la fréquence de certains bouleversements posturaux (lordose lombaire et antéversion du bassin).
L'apparition brutale de la douleur s'explique également par l'hygiène de vie, le stress, voire les conditions de pratique des exercices physiques :
-
avec du matériel inadapté ;
-
la reprise précoce de l'activité suite à une blessure ;
-
un changement des conditions d'entraînement (passage du terrain herbeux au synthétique, par exemple) ;
-
les conditions matérielles de la pratique (chaussures usées, déshydratation, rugosité du sol).
Les causes de la pubalgie chez la femme, avec ou sans sport
Dans le cadre sportif, les causes de la pubalgie sont sensiblement les mêmes chez les femmes et les hommes. Malgré son taux d'incidence largement plus élevé chez ces derniers, les spécificités de l'anatomie féminine les y exposent toutefois dans des contextes encore plus particuliers.
La grossesse : situation spécifique de douleur au pubis chez la femme
À partir du sixième mois de grossesse, la masse que représente le fœtus commence en effet à peser sur l'anatomie de la femme enceinte. L'explication repose sur le déplacement du centre de gravité du ventre qui en résulte. Les ligaments du bassin, projeté vers l'avant, s'assouplissent sous l'effet de la Relaxine (hormone de relâchement de la symphyse pubienne) sécrétée et provoquent une tension excessive sur les muscles du pubis. Le retour prématuré d'une sportive sur le terrain sans réadaptation appropriée à l'effort en plein post-partum, avant la retonification complète de la sangle abdominale, favorise tout autant l'apparition, voire la rechute, de la pubalgie pariétale (qui disparaît naturellement après l'accouchement) chez la femme.
Facteurs entourant les spécificités anatomiques féminines
Le périnée joue par ailleurs un rôle essentiel en tant que "verrou" du bassin de la femme, généralement plus large que celui de la gent masculine. Affaibli suite à une grossesse ou par manque d'activité physique, il délègue alors ce rôle à la région abdomino-inguino-pubienne. Ce qui modifie l'angle et décuple la force de cisaillement des fémurs sur le pubis lors d'un effort physique. Enfin, le muscle transverse de l'abdomen de la femme présente une forme moins dynamique et, par conséquent, moins résistante à la traction des jambes.
Comment soulager et soigner une pubalgie ?
Le diagnostic d'une pubalgie s'accompagne d'un repos partiel ou complet, selon la gravité du cas et la douleur ressentie, puis d'une rééducation en kinésithérapie. L'objectif du praticien est alors de rééquilibrer les forces musculaires du patient. Prise en charge suffisamment tôt, la pubalgie guérit en à peine trois mois ; cependant, le traitement peut en durer jusqu'à six, voire un an et nécessiter une opération chirurgicale en cas de douleurs chroniques persistantes.
Il est également possible, en parallèle, de les atténuer à l'aide de bandes de maintien et de poches de glace directement appliquées sur la région pubienne, ou de coussin d'allaitement et de magnésium durant la grossesse.
Sources
ELSAN : « Pubalgie : définition, causes et traitements »
M. Silly : « La pubalgie du sportif en pratique » (Science & Sports, vol. 28, t. 4)
Orliman : « La pubalgie »
Auteur
Article écrit le 20/01/2026, vérifié par Lothaire Berthier
💡Causes de la pubalgie : questions fréquentes💡
Quels sont les trois tests simples pour identifier une pubalgie ?
On peut suspecter une pubalgie grâce à la palpation de l'os du pubis, au déclenchement d'une douleur lors d'une quinte de toux, ou via le test de l'adduction contrée (serrer un objet entre ses genoux). Si la réalisation de ces tests se montre douloureuse, une consultation médicale s'impose.
Pourquoi le changement de terrain peut-il provoquer une pubalgie ?
Le passage d'un terrain souple (herbe) à un terrain dur ou synthétique modifie les ondes de choc et les appuis. Cela crée des microtraumatismes sur le bassin qui, s'ils sont répétés avec des chaussures inadaptées, favorisent l'inflammation du carrefour pubien.
J'ai récemment souffert d'une infection dentaire. Y a-t-il un rapport avec ma pubalgie ?
Aussi surprenant que cela puisse paraître, et malgré la rareté des cas recensés, une infection dentaire constitue bel et bien une possible comorbidité à la pubalgie, au même titre qu'une malocclusion dentaire ou des crises de bruxisme répétées. Ces troubles buccaux peuvent en effet provoquer une inflammation des tendons en chaîne descendante, pouvant atteindre le pubis.
Un rapport sexuel peut-il être à l'origine d'une pubalgie ?
Un rapport sexuel peut bel et bien entraîner des complications en cas de pratique intensive, mais celles-ci affectent quasi exclusivement l'appareil génital lui-même. Rappelons que la pubalgie affecte en majorité les sportifs professionnels, donc exposés à une activité physique quotidienne. Malgré la proximité de la région pubienne avec le sexe et la sollicitation des adducteurs lors de l'acte, l'intensité et la régularité de l'effort à fournir tendent à exclure les rapports sexuels des causes accidentogènes de la pubalgie.
Combien de temps dure une pubalgie ?
Malgré une moyenne de trois mois si traitée à un stade intermédiaire, prise en charge assez tôt la douleur liée à une pubalgie s'estompe idéalement entre 2 et 4 semaines. Ignorée ou non prise en compte par le patient, celui-ci peut en souffrir pendant jusqu'à 6 mois ou un an, voire plus selon la gravité du problème.
La pubalgie de grossesse disparaît-elle après l'accouchement ?
Oui, la pubalgie dite "pariétale" liée à la grossesse disparaît généralement de façon naturelle après l'accouchement. Cependant, une reprise sportive trop rapide sans rééducation du périnée et de la sangle abdominale décuple sensiblement le risque de rechute.
Puis-je continuer le sport pendant ma rééducation ? Lesquels puis-je pratiquer sans risque ?
Dès la détection de la pathologie, il est évidemment formellement recommandé de mettre sa pratique sportive en pause, partielle ou totale, et ce pour la durée préconisée par l'avis médical. En fonction de la gravité de l'affection, il demeure toutefois possible de continuer à pratiquer une activité physique en préconisant des exercices "doux" et, surtout, ne mobilisant pas la région du bassin. Avec l'autorisation du kinésithérapeute, le vélo sur terrain plat ou la natation (brasse exceptée) permettent de maintenir le cardio sans provoquer de torsion brusque des membres inférieures.
La pubalgie est-elle grave ?
Dans le cadre d'une grossesse, la pubalgie est certes inconfortable, mais tout à fait bénigne et ne représente donc aucun danger. La pubalgie du sportif, quant à elle, peut entraîner davantage de complications, jusqu'à requérir la chirurgie à défaut de prise en charge dans sa forme pariéto- abdominale. Soit la plus potentiellement grave et invalidante, susceptible d'amplifier la douleur à un stade permanent (au sens chronique) impactant directement la vie quotidienne. Il demeure évidemment possible de la soigner, mais sa convalescence n'en devient que beaucoup plus longue.
Prenez tout de suite rendez-vous !
Obtenez un rendez-vous en moins de 5 min avec l'un de nos praticiens en choisissant le créneau horaire qui vous convient le mieux dans un établissement près de chez vous !
Nos rhumatologues à proximité
- Rhumatologue Agen
- Rhumatologue Alès
- Rhumatologue Aurillac cedex
- Rhumatologue Brive
- Rhumatologue Bruges
- Rhumatologue Caen
- Rhumatologue Lyon
- Rhumatologue Mâcon
- Rhumatologue Montauban
- Rhumatologue Moulins
- Rhumatologue Muret
- Rhumatologue Nantes
- Rhumatologue Nîmes
- Rhumatologue Roanne
- Rhumatologue Stains
- Rhumatologue Toulouse
Pathologies associées à la Rhumatologie
- Canal carpien
- Coxarthrose ou arthrose de la hanche
- Crampe
- Cruralgie
- Epicondylite
- Entorse
- Entorse de la cheville
- Fibromyalgie
- Gonalgie
- Lumbago
- Lumbago : comprendre et soulager la douleur lombaire à l’occasion de la Journée mondiale de la douleur
- Maladie de Behçet
- Maladie de Paget
- Myalgie
- Pubalgie
- Rhumatisme psoriasique
- Sciatique
- Spondylarthrite ankylosante
- Syndrome des loges
- Tendinite
- Tendinite de l'épaule
- Tendinite du poignet
- Ténosynovite
- Torticolis
- TMS : sept choses à savoir