La pubalgie est une plaie pour tous les athlètes pratiquant les sports de pivot et d'appui comme le football, le rugby ou le hockey sur glace. Bien évidemment du fait des douleurs chroniques aigües qu'elle provoque. Mais plus particulièrement car l'identification de ses symptômes ne va pas systématiquement de soi. Discrets aux premiers stades de la pathologie, il demeure par ailleurs assez courant d'en confondre l'origine en l'absence d'un diagnostic différentiel, voire d'examens d'imagerie. Leur nature les rapproche en effet fréquemment d'autres affections moins sérieuses comme la hernie inguinale ou différentes tendinites, arthroses ou affections urogénitales. Référez-vous à notre article pour identifier clairement les signes avant-coureurs d'une pubalgie !
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫 Symptômes de la pubalgie
| Type de pubalgie | Zone de douleur principale | Signes distinctifs & symptômes |
| ... pariéto-abdominale | Canal inguinal, bas-ventre (abdominaux). | Douleur lors de la toux ou des abdos ; sensation de brûlure pouvant irradier vers les testicules. |
| ... des adducteurs | Intérieur de la racine de la cuisse. | Tendinite vive lors des étirements ou du serrage des genoux ; la douleur s'estompe à chaud mais revient fort au repos. |
| Ostéoarthropathie | Ligne médiane (articulation du pubis). | Sensation de craquement lors de la marche ou des changements de direction ; forte instabilité articulaire. |
| Cas de la femme | Bassin et plancher pelvien. | Douleur diffuse souvent liée à une instabilité osseuse ou hyperlaxité (parfois confondue avec l'endométriose). |
🔎Dans les grandes lignes🔍 Traitement de la pubalgie
La pubalgie ne doit pas être considérée comme une pathologie unique, mais comme un ensemble de trois affections distinctes touchant le carrefour pubien : la forme pariéto-abdominale, la pubalgie des adducteurs et l'ostéoarthropathie. Dans chaque cas, les premiers signes (souvent confondus avec de simples courbatures) peuvent retarder un diagnostic crucial. Chaque forme possède ses propres "signaux d'alerte", allant de quintes de toux douloureuses à une sensation de craquement articulaire lors de la marche.
L'enjeu majeur réside dans la réactivité de la prise en charge. Si un traitement précoce associant repos et séances de kinésithérapie peut régler le problème en moins d'un mois, une négligence des symptômes transforme la pubalgie en une pathologie chronique invalidante. Dans ce cas, le parcours de soin s'allonge considérablement, nécessitant parfois six mois à un an de rééducation intensive, voire une chirurgie pour stabiliser la symphyse pubienne ou rééquilibrer la sangle abdominale.
Définition : qu'est-ce qu'une pubalgie ?
Il s'agit d'une douleur inflammatoire de la symphyse pubienne au niveau du bas-ventre, entre le pubis et l'os iliaque. Elle touche principalement les sportifs de haut niveau masculins et entraîne une douleur chronique des membres inférieurs, localisée selon le type de pubalgie diagnostiqué :
-
La pariéto-abdominale, qui affecte tout particulièrement le centre de la région pubienne, où se situent l'aine et les abdominaux.
-
La pubalgie des adducteurs, comme son nom l'indique, apparaît à l'intérieur de la racine de la cuisse, parfois de manière brutale,
-
L'ostéoarthropathie, enfin, forme articulaire de la pubalgie, causée par des contraintes en cisaillement de la symphyse pubienne.
Soit trois déclinaisons d'une même pathologie, qui impliquent de légères différences au niveau des symptômes et des méthodes pour les traiter.
Douleurs aux adducteurs, à l'aine, à l'os du pubis : quels signes et symptômes pour la pubalgie ?
L'apparition de la pubalgie ne se fait pas du jour au lendemain ; les signes avant-coureurs se manifestent tôt, sans pour autant que le patient ne les remarque. Les prémices de la pathologie ne consistent en effet qu'en une simple gêne dans la région abdomino-inguino-pubienne. Au niveau de l'aine, du pubis et de la paroi abdominale, il est commode de n'y voir qu'une courbature ou un léger froissement des muscles après le sport.
Pubis gonflé, pli de l'aine... Des zones de douleur pour chaque pubalgie
Les principaux symptômes de la pubalgie s'intensifient pourtant avec le temps et varient en fonction de la qualité de vie et de la précocité de la prise en charge. Mais surtout de la zone de douleur, définie par la variété identifiée, parmi les trois citées plus haut et détaillées ci-dessous.
Identifier la pubalgie pariéto-abdominale
Une douleur au canal inguinal déclenchée par la pression abdominale excessive d'une quinte de toux implique une faiblesse des abdominaux profonds. Il en résulte une douleur vive lors des exercices les sollicitant, ainsi qu'une sensation du brûlure pouvant irradier jusqu'aux testicules du patient.
La tendinite des adducteurs : symptôme-clé
La pubalgie des adducteurs, forme la plus courante de la pathologie, en est également la plus facilement identifiable. Elle prend la forme d'une tendinite aigüe symptomatique d'une inflammation de l'insertion des muscles sur l'os du pubis. Une douleur vive sourd par conséquent de chaque mouvement d'étirement passif de la jambe et de serrage des genoux. La pubalgie des adducteurs provoque un profond déséquilibre musculaire en-dehors de l'activité sportive : elle tend à s'estomper au cours d'un effort physique pour n'en revenir que plus incisive par la suite.
Ostéoarthropathie et douleur de la symphyse pubienne
Forme articulaire de la pubalgie, l'ostéoarthropathie se localise sur la ligne médiane de la région pubienne, à la jonction des deux os. La douleur se concentre sur ce point fixe et impacte la mobilité plus encore qu'au niveau des adducteurs. L'instabilité de la symphyse provoque chez le patient une sensation de craquement lors de la marche et de la course à pied, en particulier au gré de brusques changements de direction.
Les symptômes de la pubalgie chez l'homme et la femme sont-ils différents ?
Dans un contexte purement sportif, les risques propres à la pubalgie et, par extension, les symptômes ci-avant listés ne connaissent aucune barrière de sexe. Les particularités anatomiques de la femme et, surtout, la grossesse comme facteur aggravant les rendent cependant plus spécifiques malgré la prééminence de la pathologie chez l'homme. Un médecin en associera la douleur, ressentie plus diffusément dans le bassin, à un déséquilibre du plancher pelvien ou une hyperlaxité ligamentaire. La pubalgie résulte ainsi moins souvent, chez la femme, d'un déséquilibre musculaire que d'une instabilité osseuse. Ce qui la rend confondable avec diverses douleurs de nature gynécologique comme l'endométriose.
Comment guérir d'une pubalgie ? Traitement et temps de guérison
L'apparition progressive de la pathologie en impacte bien souvent le délai de prise en charge, dont dépend pourtant directement sa récupération efficace. Commencé suffisamment tôt et accompagné d'exercices d'étirement pertinents autant que d'un repos adapté, le traitement de la pubalgie peut ne durer que de 2 à 4 semaines. Au stade des douleurs chroniques et de la difficulté de mobilité invalidante dans la vie quotidienne, le programme de rééducation se complexifie pour atteindre 3 à 6 mois. Voire jusqu'à un an en cas d'intervention chirurgicale.
Sa guérison passe autant par le repos, partiel ou complet selon la gravité des symptômes, que le suivi d'un kinésithérapeute du sport. Le praticien procède à la stabilisation du bassin ainsi qu'au rééquilibrage des muscles ou de la symphyse pubienne grâce à divers exercices de renforcement. La décision appartient également au médecin traitant d'accompagner la rééducation d'un traitement médicamenteux, à base d'antalgiques, d'anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou de principes actifs décontracturants.
Sources
ELSAN : « Pubalgie : définition, causes et traitements »
AFC - Association française de chiropraxie : « Pubalgie »
Auteur
Article écrit le 23/01/2026, vérifié par Lothaire Berthier
💡Signes et symptômes de la pubalgie : questions fréquentes💡
Comment se déclenche une pubalgie ?
La pubalgie apparaît le plus souvent du fait de la répétition de microtraumatismes lors d'une activité sportive régulière exercée à l'aide d'un matériel inadapté ou après un échauffement insuffisant. Anatomiquement parlant, les facteurs de risque incluent :
-
l'asymétrie des membres inférieurs ;
-
une hyperlaxité ligamentaire ;
-
le déséquilibre musculaire entre adducteurs et abdominaux ;
-
de fréquentes modifications de posture du corps, à l'instar de l'antéversion du bassin ou la lordose lombaire.
Une déchirure au niveau des régions accidentogènes en conditionne par ailleurs la rare apparition plus soudaine, moins progressive.
Quelles sont les maladies les plus symptomatiquement similaires à la pubalgie ?
Le diagnostic différentiel de la pubalgie la rapproche de diverses pathologies affectant le pli de l'aine. En l'absence d'un avis médical, on la confond donc régulièrement avec :
-
Le plus souvent à la hernie inguinale, saillie intestinale à travers la paroi abdominale, du fait de leur localisation identique.
-
La tendinite du psoas, muscle fléchisseur de la hanche voisin des adducteurs, qui affecte une zone légèrement plus haute et latérale que le pubis.
-
Les douleurs causées par une torsion testiculaire irradient jusqu'au canal inguinal, évoquant la pubalgie pariéto-abdominale.
-
Le conflit de hanche (ou fémoro-acétabulaire), proche de la pubalgie des adducteurs, est d'ordre plus mécanique et trouve son origine au contact de l'os du fémur avec le bord du bassin.
Combien de temps dure la pubalgie ?
La durée de la pubalgie en elle-même correspond peu ou prou à la durée du traitement, avec une marge relative. Trois mois de rééducation correspondent environ à deux de pathologie : dès lors qu'en disparaissent les symptômes, il convient de la poursuivre jusqu'au rétablissement complet des fonctions de la région de l'aine. La pubalgie peut donc durer de 6 semaines à 6 mois, ou jusqu'à un peu plus d'un an à défaut de prise en charge. Dans le cas de la femme enceinte, elle se manifeste autour du troisième et dernier trimestre de grossesse avant de disparaître d'elle-même, et dure donc environ trois mois.
Pourquoi la douleur de la pubalgie disparaît-elle parfois pendant l'effort ?
Les jeunes sportifs se laissent en effet souvent tromper par cette sensation, particulièrement courante du côté de la pubalgie des adducteurs. Dès les premiers efforts fournis lors de l'échauffement, le sang afflue et la température corporelle s'accentue. Ce qui a pour effet d'anesthésier temporairement l'inflammation causée par la lésion en même temps qu'elle s'amplifie, sans que, par conséquent, le patient ne s'en aperçoive.
La pubalgie peut-elle provoquer des douleurs dans le bas du dos ?
Oui, même si cela dépend du patient, dont la démarche et la posture changent inconsciemment pour répondre à la douleur. En fonction de leur degré de variation, les muscles comme les articulations peuvent se voir sursollicités et provoquer des lombalgies supplémentaires.
Le mal de dents fait-il partie des symptômes de la pubalgie ?
Le cas de figure demeure très rare, mais une infection ou une malocclusion dentaires présentent bel et bien des risques d'inflammation, dues à des tensions musculaires asymétriques en chaîne pouvant atteindre le pubis. Il s'agit toutefois beaucoup moins, dans ce cas, d'un symptôme que d'une comorbidité.
Comment soulager une pubalgie ?
À défaut de pouvoir la soigner lui-même, le patient dispose de certaines méthodes permettant d'atténuer la douleur causée par une pubalgie :
-
Le port d'une bande (ou, dans le cas de la femme enceinte, d'une ceinture) de maintien kinésiologique stabilise les articulations.
-
Appliquer régulièrement de la glace sur la zone affectée atténue l'inflammation.
-
La pratique occasionnelle du renforcement isométrique, en courtes sessions de 45 secondes de contraction, module la perception de l'information douloureuse.
-
Les compléments alimentaires à base de magnésium (sous réserve d'accord médical) atténuent les tensions ressenties chez la femme enceinte.



