
Maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson, à l'instar de la maladie d’Alzheimer, est une pathologie chronique dégénérative touchant aussi bien les hommes que les femmes. Elle se caractérise par la destruction de certains neurones en charge du contrôle des mouvements volontaires et non volontaires au niveau du tronc cérébral. Leur destruction entraîne ainsi tremblements, raideur et lenteur au repos confinant à la démence, constitutifs du "syndrome parkinsonien".
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫
| Thème | Informations essentielles |
|---|---|
| Nature de la maladie | Maladie neurodégénérative chronique touchant le système nerveux central |
| Organe concerné | Cerveau, en particulier la substance noire (substantia nigra) du tronc cérébral |
| Neurones atteints | Neurones dopaminergiques (producteurs de dopamine) |
| Mécanisme biologique | Agrégation anormale de la protéine α‑synucléine en corps de Lewy |
| Conséquence clé | Déficit en dopamine → troubles moteurs et non moteurs |
| Symptômes moteurs | Tremblements de repos, lenteur des mouvements (akinésie), raideur musculaire (hypertonie) par à-coups, troubles de la marche |
| Symptômes non moteurs | Fatigue, troubles du sommeil, dépression, anxiété, hypersalivation, troubles cognitifs (freezing...) |
| Démence associée | – Démence parkinsonienne (tardive) – Démence à corps de Lewy (précoce ou simultanée) |
| Âge de survenue | Majoritairement après 50 ans ; 17 % avant |
| Facteurs de risque | Âge, génétique (≈10 %), environnement (pesticides, pollution), autres facteurs |
| Évolution | Lente, progressive, en 4 phases |
| Diagnostic | Clinique (symptômes moteurs) + examens d’exclusion (IRM, scanner) |
| Traitements | Médicaments dopaminergiques (L-dopa…), stimulation cérébrale profonde, rééducation |
| Guérison | Aucune à ce jour (prise en charge symptomatique) |
🔎Dans les grandes lignes🔍
- La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative chronique affectant la substance noire du cerveau.
- Elle résulte de la destruction progressive des neurones dopaminergiques, neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements.
- Cette dégénérescence est liée à l’agrégation anormale de la protéine α‑synucléine, formant des corps de Lewy.
- La perte de dopamine entraîne des troubles moteurs caractéristiques : tremblements, lenteur des mouvements et raideur musculaire.
- Des symptômes non moteurs sont fréquents : fatigue, troubles du sommeil, dépression, anxiété et troubles cognitifs.
- La maladie peut évoluer vers une démence :
- parkinsonienne (après plusieurs années),
- ou à corps de Lewy (précoce ou concomitante).
- Bien qu’elle touche surtout les personnes de plus de 50 ans, près d’un patient sur cinq est diagnostiqué avant 50 ans.
- Les causes exactes restent inconnues, mais des facteurs génétiques et environnementaux sont impliqués.
- L’évolution se fait en quatre phases, allant des premiers symptômes aux formes sévères les plus invalidantes.
- Il n’existe pas de traitement curatif, mais des prises en charge symptomatiques permettent de soulager le patient et stabiliser sa qualité de vie.
Définition : qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative se traduisant par la destruction progressive des neurones à dopamine. Localisés dans la substance noire du cerveau (ou substantia nigra), ils assurent, comme leur nom l'indique, la fabrication et la libération de la dopamine. Qui, en tant que neurotransmetteur, permet à l’information de circuler entre les neurones. Elle joue un rôle clé dans le contrôle des mouvements du corps, notamment automatiques, ainsi que dans la motivation de la personne au quotidien.
En cas de maladie de Parkinson, la dégénérescence des neurones dopaminergiques génère une perte de contrôle des mouvements, des tremblements, de même que de la lenteur, de la rigidité musculaire et une sensation généralisée d'apathie, conduisant jusqu'à la perte partielle des fonctions cognitives (démence parkinsonienne ou à corps de Lewy). Cette maladie sévit bien au-delà des personnes âgées : 17 % des patients ont moins de 50 ans au moment du diagnostic.
Mécanisme biologique
Cette dégénérescence neuronale gravite autour d'un acteur biologique principal : la protéine α‑synucléine. Son agrégation pathologique en corps de Lewy au sein des neurones dopaminergiques de la substance noire perturbe la libération des neurotransmetteurs et le fonctionnement des vésicules synaptiques. Au terme du processus, une atteinte énergétique des neurones en découle sous forme de stress cellulaire chronique. Particulièrement vulnérables à ces déséquilibres, les neurones dopaminergiques finissent par dégénérer, provoquant un déficit en dopamine responsable des principaux symptômes de la maladie.

À mesure que ces agrégats d’α‑synucléine s’étendent à d’autres régions cérébrales, notamment corticales, la dégénérescence neuronale ne se limite plus aux fonctions motrices et peut alors se manifester par des troubles cognitifs précoces, caractéristiques de la démence à corps de Lewy, survenant simultanément avec les symptômes moteurs (voire avant). À l'inverse de la démence parkinsonienne, qui se manifeste secondairement après plusieurs années d'évolution motrice lente.
Quelles sont les causes de la maladie de Parkinson ?
Si la désagrégation des neurones dopaminergiques a été identifiée comme mécanisme à l’origine du syndrome parkinsonien, les causes de son apparition demeurent floues. Des facteurs de risque ont toutefois été découverts :
- Prédisposition génétique : dans 10 % des cas, en particulier ceux de Parkinson précoce (avant 60 ans), existent des antécédents familiaux ;
- Facteurs environnementaux : l’exposition à des substances toxiques (métaux lourds, solvants, monoxyde de carbone, cyanure, pesticides…) et la pollution de l'air constituent un risque potentiellement élevé ;
- Autres facteurs de risque avec une implication moins forte : des infections virales ( rubéole, oreillons, varicelle…), un diabète mal équilibré, une alimentation carencée en antioxydants, un traumatisme crânien.
- L’âge : plus de 80% des syndromes parkinsoniens sont contractés après 50 ans.
Quels sont les signes et symptômes de la maladie de Parkinson ?
Les signes avant-coureurs de la maladie de Parkinson (fatigabilité, micrographie – écriture plus petite – et état dépressif) se manifestent à partir de la destruction de 50% des neurones dopaminergiques. Au fil de l'évolution plus ou moins lente de l'affection, deux types de symptômes apparaissent progressivement.
Troubles moteurs
Trois symptômes moteurs principaux, souvent localisés d'un seul côté du corps, caractérisent un Parkinson :
- Les tremblements de repos, notamment au niveau des membres supérieurs (bras et mains) ;
- L'akinésie (lenteur gestuelle), qui se traduit par la perturbation de la coordination des membres, l'instabilité posturale et une faiblesse ressentie au niveau des jambes (marche ralentie et à pas raccourcis) ;
- L'hypertonie (raideur musculaire) par à-coups, dite "en tuyau de plomb", à l'origine de crampes et d'une allure crispée du fait de sa prédominance dans la moelle épinière.
On peut aussi observer des troubles de l’équilibre, de la déglutition et un piétinement en position debout. Le phénomène de freezing, blocage moteur empêchant l'accomplissement ou la poursuite d'un mouvement, constitue le trouble non moteur le plus handicapant.
Troubles non moteurs
Parmi les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson, on observe un état de fatigue intense, des troubles du sommeil, une hypersalivation, de l' agueusie ou encore des troubles psychologiques ( anxiété, dépression…). Certains d'entre eux résultent de l'impact de la maladie sur le reste du cerveau.
Quelles sont les 4 phases d'évolution de la maladie de Parkinson ?
L'évolution du parkinsonisme est lente dans tous les cas, mais sa vitesse demeure variable d’une personne à l’autre. Quatre stades s'y observent :
Phase 1 : premiers symptômes de la maladie de Parkinson
La première étape de la maladie de Parkinson apparaît, comme évoqué plus haut, lorsque la moitié des neurones dopaminergiques ont été détruits et consiste en l'apparition des premiers symptômes. À partir du moment où le diagnostic est posé, une phase difficile d’acceptation de la maladie par le patient s'accompagne d'un plan d'action pour en optimiser la prise en charge et choisir le traitement le plus adapté à sa situation personnelle et sa qualité de vie.
Phase 2 : équilibre thérapeutique
Également appelée "phase de lune de miel" ou d'"équilibre thérapeutique", la deuxième étape du syndrome parkinsonien est la moins invalidante. Le traitement y stabilise les symptômes à un stade transitoire.
Phase 3 : invalidité exponentielle
S'y déclenchent les premières complications motrices sévères. L'efficacité du traitement y devient irrégulière : le patient alterne entre les phases de confort relatif, où les médicaments fonctionnent, et les phases "off", durant lesquelles les troubles moteurs reviennent en force sous des manifestations réellement invalidantes.
Phase 4 : stade final
Enfin vient la phase avancée d'intensification des symptômes. Les troubles axiaux comme la posture, la marche, l’équilibre, la parole et la déglutition s’aggravent. Même constat pour les troubles végétatifs (tension, rythme cardiaque, sudation, respiration…). Les troubles intellectuels (difficultés de concentration, de mémorisation, d’organisation, début de démence parkinsonienne) y deviennent particulièrement aigus.
Comment détecter la maladie de Parkinson ?
Le diagnostic de la maladie de Parkinson s'établit à partir d'un examen des signes cliniques. Le premier critère consiste à vérifier l'existence d’au moins deux des trois symptômes moteurs principaux (tremblements de repos, akinésie et hypertonie). Leur présence d’un seul côté du corps et celle de symptômes "optionnels" tendent à conforter les suspicions. Un neurologue peut, en complément, prescrire des examens ( IRM ou TEP DOPA) afin d'en valider le diagnostic par élimination d’autres causes potentielles (paralysie supranucléaire progressive, atrophie multisystématisée, dystonie…).
Quels sont les traitements et prises en charge du syndrome parkinsonien ?
La chronicité du syndrome parkinsonien ne permet pas d'en stopper l'évolution et son traitement n'est à l'heure actuelle que palliatif et se destine au ralentissement de sa progression. Ses symptômes sont, entre autres, soulagés grâce à :
- Des médicaments spécifiques, dont :
- les agonistes dopaminergiques (qui miment l’action de la dopamine),
- la L-dopa, qui en comble les déficits,
- les inhibiteurs de la maladie de Parkinson (qui en bloquent la dégradation).
- La chirurgie, en cas de handicap lourd et si l’état de santé du patient le permet. Elle repose sur la stimulation cérébrale profonde, impliquant l'implantation d'électrodes dans le cerveau.
- La rééducation orthophonique, permettant de pallier les troubles du langage et de la déglutition.
- La rééducation kinésithérapeutique, pour combattre les pertes d’équilibre et de motricité.
- La recherche d’un vaccin protéine α-synucléine est en cours.

Article écrit le 22/05/2023, vérifié par Pierre Luton
Modifié le 16/04/2026, vérifié par Lothaire Berthier
Ameli – Symptômes, diagnostic et évolution de la maladie de Parkinson
OMS – Maladie de Parkinson
Institut du Cerveau – La maladie de Parkinson
Manuel MSD – Démence à corps de Lewy et démence de la maladie de Parkinson
Vos questions fréquemment posées
Est-ce que la maladie de parkinson évolue vite ?
La vitesse d'évolution de la maladie de Parkinson peut varier d'une personne à l'autre. Dans certains cas, la progression de la maladie peut être relativement lente, tandis que dans d'autres cas, elle peut être plus rapide.
Comment se termine la maladie de parkinson ?
La maladie de Parkinson est chronique et progressive. Aux stades avancés (3 et 4), les symptômes s'intensifient, entraînant la détérioration de la fonction motrice, les troubles cognitifs, des freezings plus fréquents, et l'accélération des complications associées.
Quelle est l'espérance de vie avec la maladie de Parkinson ?
L'espérance de vie pour un patient atteint de la maladie de Parkinson peut considérablement varier d'une personne à l'autre. En général, les personnes atteintes de Parkinson ont une espérance de vie légèrement réduite par rapport à la population générale. Cependant, de nombreux facteurs, tels que l'âge au moment du diagnostic, la gravité des symptômes, les complications associées et la réponse au traitement, peuvent influencer l'espérance de vie individuelle. Un suivi médical régulier et une prise en charge appropriée peuvent contribuer à gérer les symptômes de la maladie sans sacrifier au bien-être du patient et en maîtrisant les effets secondaires
Comment débute la maladie de Parkinson ?
Les premiers symptômes de la maladie de Parkinson peuvent varier d'une personne à l'autre, mais ils sont généralement liés aux mouvements et à la coordination. Les symptômes courants comprennent le tremblement au repos (généralement dans une main), la raideur musculaire, la lenteur des mouvements (bradykinésie) et les problèmes d'équilibre et de coordination. D'autres signes précurseurs peuvent inclure une expression faciale figée, une diminution de l'amplitude des gestes, une démarche plus lente et des difficultés à parler, à écrire ou à effectuer des calculs mentaux.
Quels organes sont touchés par le syndrome parkinsonien ?
La maladie de Parkinson touche exclusivement le cerveau, en particulier la région appelée substance noire (ou substantia nigra).
Quels sont les différents types de maladie de Parkinson ?
On distingue principalement :
- La maladie de Parkinson idiopathique (la plus fréquente, sans cause connue),
- Les formes génétiques (plus rares),
- Les parkinsonismes atypiques, qui ressemblent à Parkinson mais évoluent différemment (ex. atrophie multisystématisée).
À quel âge peut-on avoir la maladie de Parkinson ?
La maladie débute le plus souvent après 60 ans. Cependant, elle peut apparaître plus tôt : chez environ 10 % des patients, elle débute avant 50 ans. Beaucoup plus rarement, ses manifestations peuvent être encore plus précoces : lorsque le diagnostic de l'acteur Michael J. Fox a été posé en 1991, il n'avait que 30 ans.
Quelle est la différence entre Parkinson et Alzheimer ?
La maladie débute le plus souvent après 60 ans. Cependant, elle peut apparaître plus tôt : chez environ 10 % des patients, elle débute avant 50 ans. Beaucoup plus rarement, ses manifestations peuvent être encore plus précoces : lorsque le diagnostic de l'acteur Michael J. Fox a été posé en 1991, il n'avait que 30 ans.
Combien de personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson ?
On estime qu’environ 270 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson en France et près de 12 millions dans le monde, un chiffre en forte augmentation avec le vieillissement de la population.
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