
Conisation
✅️ Résumé : L'essentiel sur la conisation
| Catégorie | Info clé |
| Définition | Ablation chirurgicale d'une partie du col de l'utérus, en forme de cône, pour retirer une lésion précancéreuse. |
| Indication | Dysplasie (lésion) de haut grade, CIN2 ou CIN3. |
| Anesthésie | Locale, locorégionale ou générale, selon l'étendue de la lésion. |
| Techniques | Anse diathermique (la plus fréquente), laser, bistouri froid. |
| Durée | 20 à 30 minutes, jusqu'à 45 minutes dans les cas complexes. |
| Douleur | Généralement peu ou pas douloureuse, gêne comparable à des douleurs de règles. |
| Arrêt de travail | 3 à 5 jours en général. |
| Précautions post-opératoires | Pas de rapports sexuels, de tampons, de bains ni de sport intense pendant 3 à 4 semaines. |
| Risques principaux | Hémorragie et infection, mais ces complications restent le plus souvent rares. |
| Résultats | Communiqués entre 2 et 6 semaines, précisant le grade de la lésion et l'état des marges. |
| Suivi | Test HPV à 6 mois, puis tous les 3 ans si négatif. |
| Impact sur la fertilité | Généralement préservée. |
| Impact sur une grossesse future | Léger risque accru d'accouchement prématuré. |
Définition : qu'est-ce qu'une conisation ?
La conisation est un acte chirurgical qui consiste à retirer une portion du col de l'utérus, en forme de cône, d'où son appellation. Le chirurgien prélève une zone où des cellules anormales ont été repérées, ainsi qu'une marge de tissu sain autour.
Cette pièce opératoire est ensuite envoyée en anatomopathologie, c'est-à-dire analysée au microscope par un médecin spécialisé. Cette analyse va alors avoir deux buts :
- un but diagnostique : la confirmation du type de lésion, de son stade de gravité (légère, modérée ou sévère), ainsi que son étendue ;
- un but thérapeutique : si on procède à l’ablation de l’intégralité de la lésion, on évite à la patiente de voir cette lésion potentiellement évoluer vers un cancer du col de l’utérus. Cela n’évite pas un suivi régulier ensuite pour détecter au plus tôt d’éventuelles récidives.

Pourquoi pratiquer une conisation du col de l'utérus ?
La dysplasie ou lésion de haut grade
Une conisation est généralement proposée lorsque des dysplasies de haut grade sont diagnostiquées. Il s'agit de lésions précancéreuses du col de l'utérus qui, en l'absence de traitement, peuvent évoluer progressivement vers un cancer.
Le plus souvent, ces lésions sont découvertes à la suite d'un frottis cervical anormal, puis confirmées par une colposcopie (un examen qui permet d'observer le col de l'utérus à l'aide d'une loupe grossissante) et une biopsie, qui permet d'en déterminer le grade.
Les dysplasies sont classées selon leur gravité en différents grades, appelés CIN (néoplasie cervicale intraépithéliale) :
- CIN1 (bas grade) : la lésion régresse spontanément dans la majorité des cas. Une simple surveillance est généralement suffisante.
- CIN2 et CIN3 (haut grade) : ce sont les lésions qui justifient le plus souvent une conisation, car leur risque d'évolution vers un cancer du col de l'utérus est plus significatif à long terme
Le rôle central du papillomavirus (HPV)
Dans la quasi-totalité des cas, la dysplasie est liée à une infection persistante par un papillomavirus humain (HPV). Le HPV se transmet principalement lors des rapports sexuels, avec ou sans pénétration, ce qui en fait l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente.
Dans la grande majorité des cas, le système immunitaire élimine spontanément le virus, ce que l'on appelle la clairance virale. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), cette élimination survient dans environ 90 % des cas, en général dans les 2 ans suivant la contamination. C'est uniquement lorsque l'infection persiste au-delà de ce délai que des lésions précancéreuses du col de l'utérus peuvent apparaître, en s'installant progressivement dans les cellules du col.
La vaccination contre les HPV, associée au dépistage régulier, reste le moyen de prévention le plus efficace. D'après l'INCa, elle peut prévenir jusqu'à 90 % des infections à l'origine du cancer du col de l'utérus.
Comment se déroule une conisation ?
Avant l'opération : la préparation
- L'intervention est généralement programmée en dehors de la période des règles.
- Dans la majorité des cas, elle est réalisée en ambulatoire, avec un retour à domicile le jour même.
- Une consultation avec un anesthésiste est nécessaire au moins 48 heures avant l'intervention
- Il est demandé d'être à jeun : ne pas manger, boire ou fumer depuis minuit la veille de l'intervention.
- Une épilation totale de la zone opératoire n'est généralement pas nécessaire.
Anesthésie de la conisation : locale, locorégionale ou générale ?
Trois options existent, et la décision se fait en concertation avec l'anesthésiste et le chirurgien :
- L'anesthésie locale, associée à une légère sédation, pour les lésions les plus limitées
- L'anesthésie locorégionale (péridurale ou rachianesthésie), qui endort la partie basse du corps
- L'anesthésie générale, la plus fréquente, notamment pour les lésions plus étendues
Les différentes techniques de conisation du col de l'utérus
Le choix de la technique dépend de la taille et de la localisation de la lésion, ainsi que des habitudes du chirurgien. Plusieurs possibilités existent :
| Technique | Principe | Particularité |
| Anse diathermique | Une fine boucle métallique chauffée par un courant électrique découpe le tissu. | La technique la plus utilisée, rapide et peu coûteuse. |
| Laser | Un faisceau laser vaporise ou découpe les cellules anormales. | Précision fine, adaptée aux lésions superficielles. |
| Bistouri froid | Découpe chirurgicale classique, sans chaleur. | Réservée à certaines situations particulières, notamment en cas de suspicion d'invasion. |
Dans tous les cas, l'objectif reste le même, retirer l'ensemble de la zone atteinte tout en préservant au maximum le col sain, en particulier chez les femmes qui envisagent une grossesse.
Pendant l'opération : déroulement et durée
L'intervention dure généralement entre 20 et 30 minutes, et peut s'étendre jusqu'à 45 minutes dans les situations plus complexes. Les étapes sont les suivantes :
- un relaxant est donné à la patiente avant qu’elle ne soit installée en position gynécologique sur la table d’opération ;
- un anesthésique est donné par perfusion ou péridurale ;
- le chirurgien passe par les voies vaginales, après insertion d’un speculum. Puis, il examine les parois vaginales et le col utérin à l’aide d’un colposcope (microscope de faible grossissement). Ce colposcope est placé à quelques centimètres de l’entrée du vagin et non à l’intérieur ;
- le chirurgien procède ensuite à la conisation, c’est-à-dire à l’ablation d’une zone lésée du col de l’utérus et cautérise en cas de saignement ;
- la patiente peut quitter l’hôpital quelques heures après l’intervention, à condition d’être accompagnée. Sauf cas particulier nécessitant une hospitalisation de 24 à 48 heures.
Après l'opération : cicatrisation, repos et arrêt de travail
Après une conisation, quelques jours de repos sont généralement conseillés afin de favoriser le début de la cicatrisation. Lorsqu'aucun autre geste chirurgical n'est associé, un arrêt de travail de 3 à 5 jours est le plus souvent prescrit.
Pendant les 3 à 4 semaines qui suivent l'intervention, il est recommandé d'éviter les rapports sexuels, les tampons périodiques, les bains et la piscine, afin de laisser le col de l'utérus cicatriser correctement. En revanche, les douches restent autorisées.
Quelles sont les suites opératoires d'une conisation ?
Saignements, pertes et chute d'escarre après une conisation
Après une conisation, il est normal d'observer certains symptômes liés à la cicatrisation du col de l'utérus. Ils disparaissent progressivement au fil des semaines et ne sont généralement pas inquiétants.
- De légers saignements vaginaux, parfois brunâtres, peuvent survenir dans les jours suivant l'intervention.
- Entre le 8ᵉ et le 15ᵉ jour, la petite croûte protectrice ( escarre) qui s'est formée sur le col se détache naturellement. Cette chute d'escarre peut entraîner un saignement plus abondant, parfois comparable à des règles.
- Des pertes vaginales jaunâtres, rosées ou brunâtres sont fréquentes pendant 3 à 4 semaines et correspondent au processus normal de cicatrisation.
- Si une compresse hémostatique a été mise en place à la fin de l'intervention, elle peut s'évacuer spontanément sous la forme d'un petit amas brunâtre, sans conséquence particulière.
Risques et complications possibles après une conisation
Même si les complications après une conisation sont rares, elles existent. L' hémorragie et l'infection sont les complications les plus importantes. Voici une liste des risques et complications qui peuvent survenir :
| Risque | Quand ? | Ce qu'il faut savoir |
| Hémorragie (saignement important) | Dès les premières heures jusqu'à environ 15 jours après | Un saignement qui devient abondant ou continu, à distinguer des saignements légers normaux de la cicatrisation. Peut nécessiter un tamponnement vaginal (mèche ou compresse), plus rarement une reprise chirurgicale. |
| Infection | Dans les jours ou semaines suivant l'intervention | Pertes malodorantes ou purulentes, fièvre, douleurs pelviennes qui s'intensifient. Nécessite une consultation rapide et un traitement antibiotique si l'infection est confirmée. |
| Sténose du col | Plus tardivement, parfois plusieurs mois après | Rétrécissement du canal du col, pouvant gêner les règles et compliquer les frottis de surveillance. Une simple dilatation suffit le plus souvent. |
| Impact sur une grossesse future | Lors d'une grossesse ultérieure | Risque accru d' accouchement prématuré ou de rupture prématurée des membranes, à signaler systématiquement à l'équipe obstétricale. |
À noter : ces complications restent des exceptions plutôt que la règle.
Comment interpréter les résultats d'une conisation ?
Le résultat de la conisation s'obtient après l' analyse anatomopathologique du fragment prélevé et il est généralement communiqué à la patiente entre 2 et 6 semaines après l'intervention, lors d'une consultation avec le chirurgien ou le gynécologue. Le compte-rendu précise alors plusieurs éléments :
- Le type de lésion : dysplasie légère, modérée ou sévère (CIN1, CIN2 ou CIN3)
- La taille de la lésion en surface, mesurée en millimètres
- La profondeur d'extension dans la paroi du col : on distingue une lésion non invasive, une lésion micro-invasive (une invasion inférieure à 5 mm de profondeur et 7 mm de largeur) ou une lésion invasive
- L'état des marges chirurgicales (les bords du fragment retiré) : saines ou non, avec la distance exacte entre la lésion et la limite de résection lorsque les marges sont saines
En cas de lésion précancéreuse confirmée et retirée dans sa totalité, avec des marges saines, un simple suivi par frottis et test HPV est nécessaire.
Lorsque les marges ne sont pas saines, une nouvelle intervention immédiate ("recoupe") n'est en général pas systématique. Une surveillance rapprochée est le plus souvent privilégiée, car certaines lésions résiduelles régressent spontanément au cours de la cicatrisation.
Dans le cas plus rare où l'analyse révèle un cancer invasif, la patiente est orientée vers une équipe spécialisée en oncologie gynécologique pour un bilan complémentaire et une prise en charge adaptée.
Quel est le suivi après une conisation ?
Le suivi post-opératoire repose principalement sur un test HPV de contrôle. Le calendrier de surveillance recommandé consiste à :
- 6 mois : un test HPV haut risque est réalisé. C'est l'examen clé, celui qui détermine le plus fortement le risque de récidive
- Si ce test est négatif : un nouveau test HPV est prévu à 3 ans, puis à nouveau 3 ans après si le résultat reste négatif
- Si ce test est positif : une colposcopie est réalisée, avec examen de la vulve et du vagin, complétée si besoin d'une biopsie
- si la colposcopie est satisfaisante et ne montre aucune lésion, un nouveau test HPV est prévu à 1 an
- si une lésion est retrouvée, elle est prise en charge selon les recommandations habituelles pour ce type de lésion
Ce suivi, même s'il demande de la patience, reste la meilleure garantie d'une prise en charge durable.
Cet article médical a été écrit et vérifié par le Dr Olivier Pape, médecin spécialiste en gynécologie-obstétrique au sein d’un établissement ELSAN, le CHPB Brest-Grand Large, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a été mis à jour le 17/07/2026 par Meryem Lamlih, rédactrice SEO spécialisée en santé. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.
Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.
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Sources
cngof.fr : Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français
- Fiche d'information des patientes : Conisation (Rédaction 1999, révision 2017)
ameli.fr : Assurance Maladie
- Traitement du cancer du col de l'utérus
- Prévenir le cancer du col de l'utérus : vaccination HPV et frottis de dépistage
has-sante.fr : Haute Autorité de Santé
cancer.fr : Institut national du cancer (INCa)
- Prévenir les cancers liés aux HPV
- Surveillance post-thérapeutique des lésions précancéreuses du col de l'utérus
elsan.care : ELSAN
Auteur
Rédigé par Dr Olivier PAPE le 22/11/2022, vérifié par PAPE Olivier le 22/11/2022, mis à jour le 17/07/2026
Auteur
Rédigé par Meryem Lamlih le 22/11/2022, mis à jour le 17/07/2026
Vos questions fréquemment posées :
Combien de temps de repos faut-il après une conisation ?
Un arrêt de travail de 3 à 5 jours est généralement prescrit lorsque la conisation constitue le seul traitement. Pendant environ 3 semaines à 1 mois, il est aussi recommandé d'éviter :
- les rapports sexuels
- les Tampons périodiques
- le Sport intense et port de charges lourdes
- les Bains, piscine et jacuzzi
La marche douce, elle, est autorisée dès les premiers jours.
Est-ce que la conisation est douloureuse ?
Non, la conisation n'est généralement pas douloureuse, ni pendant l'intervention ni après, la partie externe du col étant peu innervée. Une gêne comparable à des douleurs de règles est possible, soulagée par les antidouleurs prescrits à la sortie.
Combien de temps dure une conisation ?
Une conisation dure généralement entre 20 et 30 minutes et peut s'étendre jusqu'à 45 minutes en cas de lésion étendue, par exemple.
Peut-on faire plusieurs conisations ?
Il n'existe pas de limite fixe. En cas de récidive ou de lésion résiduelle, une nouvelle conisation peut être proposée au cas par cas, en tenant compte de l'impact cumulé sur le col, notamment chez les femmes ayant un projet de grossesse.
Conisation, laser ou autres alternatives ?
Le laser est l'une des trois techniques possibles pour réaliser une conisation, au même titre que l'anse diathermique ou le bistouri froid. Ce n'est pas une alternative à la conisation, mais l'un de ses outils.
Quel est l'impact de la conisation sur la grossesse ?
La conisation n'a généralement pas d'impact sur la fertilité. En revanche, elle augmente légèrement le risque d'accouchement prématuré ou de perte des eaux avant terme lors d'une grossesse future, car le col peut être un peu raccourci selon la quantité de tissu retirée. Mieux vaut donc le signaler à votre obstétricien en début de grossesse, afin d'adapter le suivi.
Le résultat d'une conisation peut-il être mauvais ?
Un résultat "mauvais" correspond en général à des marges non saines, c'est-à-dire des cellules anormales encore présentes sur le bord du prélèvement. Cela ne veut pas dire qu'une nouvelle opération est automatique. Dans la plupart des cas, une surveillance rapprochée par frottis et test HPV est mise en place, car la lésion résiduelle régresse souvent d'elle-même. Une reprise chirurgicale n'est envisagée que dans des cas particuliers.
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