
SMOP (Syndrome métabolique ovarien polyendocrinien)
Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement appelé SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) , est un trouble hormonal fréquent chez la femme. Il affecte l’ensemble de l’équilibre hormonal et métabolique. Irrégularité du cycle des règles, infertilité, acné, pilosité excessive ou troubles métaboliques en sont les manifestations les plus courantes, liées à une maturation anormale des follicules ovariens.
🔎Dans les grandes lignes🔍 L'essentiel sur le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien
- Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) est une pathologie hormonale.
- Il s'agit d'une affection relativement répandue, touchant 10 à 13% des femmes en âge de procréer.
- Ses symptômes les plus fréquents sont : troubles hormonaux (cycles irréguliers voire absence de règles), pilosité, acné, obésité, perte de cheveux, hyperandrogénie voire troubles de la fertilité.
- Ses causes exactes sont encore floues et probablement d'origine multifactorielle.
- Il existe des risques de complications : fausse couche, troubles du comportement alimentaire, surpoids, dyslipidémie, hypertension, diabète de type 2.
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫 L'essentiel sur le SMOP
| Thème | À retenir |
|---|---|
| Qu’est-ce que c’est ? | Un trouble hormonal fréquent qui perturbe les ovaires et l’équilibre général du corps |
| Types de SMOP | Classification sans reconnaissance médicale |
| Signes fréquents | Règles irrégulières, acné, pilosité excessive, peau grasse, fatigue |
| Fertilité | Peut entraîner des difficultés à ovuler et à concevoir |
| Pourquoi ? | Déséquilibre hormonal avec excès d’androgènes (“hormones masculines”) |
| Diagnostic | Basé sur plusieurs éléments (symptômes, bilan hormonal, échographie) |
| Traitement | Pas de guérison, mais des solutions pour contrôler les symptômes |
| Hygiène de vie | Alimentation, activité physique et sommeil jouent un rôle important |
| À long terme | Risque accru de diabète et de troubles cardiovasculaires |
Définition : qu’est-ce que le SMOP ou syndrome métabolique ovarien polyendocrinien chez la femme ?
Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement SOPK (syndrome des
ovaires polykystiques), est une pathologie hormonale et métabolique touchant les femmes en âge de procréer. Renommé de manière à mieux en reconnaître les impacts cardiovasculaires ou sur la qualité de vie et à corriger sa supposée présence de kystes, il rassemble, en tant que "syndrome", un ensemble de symptômes perturbant les ovaires et entraînant une absence d'ovulation.
En tant qu'organes reproducteurs féminins, les ovaires assurent la production d'hormones essentielles :
- les œstrogènes et la progestérone , qui régulent le cycle menstruel ;
- les androgènes, (testostérones), en très petite quantité.

Les ovaires fabriquent également des ovules libérés chaque mois à la fin du cycle menstruel, lors de l'ovulation. Or, cette dernière est pilotée par l’hypophyse, au niveau du cerveau, qui sécrète :
- L’hormone folliculo-stimulante (FSH), petite structure contenant un ovocyte immature ;
- L'hormone lutéinisante (LH), qui déclenche l’ovulation et participe à la maturation finale du follicule.
Mécanisme du SMOP
Lors d'un SMOP, l'ovulation est empêchée par l'hypersécrétion des androgènes (testostérone ; les hormones antimüllériennes sont souvent élevées et reflètent le degré d'immaturité), dont la prédominance bloque la maturation folliculaire . Les follicules immatures prolifèrent en effet sans qu'aucun ne devienne "dominant" et, par conséquent, ne produise d'ovocyte fécondable. Ce phénomène déclenche l'irrégularité du cycle menstruel.
Quels sont les différents types de SMOP ?
Sur le net, de nombreux contenus subdivisent le SMOP en quatre types distincts, discernables selon la cause associée :
- insulinorésistant,
- inflammatoire,
- post-contraceptif,
- dysfonctionnel des glandes surrénales.
Il convient de relever l'absence, au sein de la littérature scientifique et des sources officielles, de cette classification, qui ne fait actuellement l'objet d'aucun consensus médical. Seuls les critères de Rotterdam de diagnostic du SMOP, définis par l'ESHRE et l'ASRM et révisés en 2023, décrivant des phénotypes cliniques davantage que des causes distinctes de la maladie, permettent non pas de classifier le syndrome mais d'en identifier l'origine factorielle.
Quelles sont les causes du SMOP ?
En effet, les causes exactes du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien n’ont pas été identifiées à ce jour. Des facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux semblent favoriser son développement. Ainsi, des mutations sur des gènes paraissent expliquer un cas de SMOP sur 10, encore plus favorisés par de potentiels antécédents familiaux. Les perturbateurs endocriniens ont également été mis en cause, sans que la preuve de leur rôle n'ait encore été clairement démontrée.
Quels sont les symptômes du SMOP ?
Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien peut être asymptomatique, et découvert par les patientes uniquement lorsqu'elles ont du mal à tomber enceinte. D’autres ne sont diagnostiquées qu’en raison de leur prise de poids inexpliquée.
Parmi les symptômes visibles les plus fréquents figurent :
- Cycles irréguliers : absence, irrégularité et/ou retard des règles, saignements menstruels abondants, absence d'ovulation ;
- Pilosité importante sur le visage, les bras, la poitrine et l'abdomen (hirsutisme) ;
- Acné : surtout sur le dos, la poitrine et le visage, dont la peau devient plus grasse ;:
- Obésité ;
- Alopécie (ou alopécie androgénique ; chute des cheveux) ;
- Troubles de la fertilité : le SMOP est la première cause d'infertilité féminine d'origine ovulatoire ;
- Acanthosis nigricans : apparition de plaques de peau foncée, dans les plis du cou, des aisselles, de l'aine et sous les seins ;
- Fatigue ;
- Dépression, anxiété ;
- Apnée du sommeil , surtout en cas de surcharge pondérale.
👨🏫Vue d'ensemble👨🏫 Symptômes typiques et atypiques du SMOP
| Catégorie | Symptômes typiques | Symptômes atypiques ou secondaires |
|---|---|---|
| Cycle menstruel | Absence de règles (aménorrhée), cycles irréguliers, saignements abondants | Ballonnements, syndrome prémenstruel marqué |
| Aspect hormonal | Excès d’androgènes (hyperandrogénie) | Fatigue chronique, troubles de l’humeur (anxiété, dépression) |
| Apparence physique | Pilosité excessive (hirsutisme), acné, alopécie androgénique | Peau épaissie ou foncée (acanthosis nigricans), prise de poids localisée au niveau abdominal |
| Métabolisme | Résistance à l’insuline, tendance au surpoids | Hypertension, dyslipidémie, stéatose hépatique |
| Fertilité | Anovulation, infertilité | Fausses couches à répétition, complications de grossesse |
| Sommeil et énergie | Somnolence diurne, fatigue persistante | Apnée du sommeil (en cas d’obésité) |
Diagnostic : comment savoir si on a le SMOP ?
Pour poser le diagnostic du SMOP, le médecin ne peut pas s’appuyer sur un seul examen ou bilan hormonal. Il interroge d’abord sa patiente sur ses symptômes, ses traitements actuels et d'éventuels antécédents médicaux et familiaux. Le diagnostic est alors posé après élimination d'autres potentielles pathologies et si la patiente valide deux des trois critères suivants :
- troubles du cycle hormonal, notamment irrégularité des règles ;
- hyperandrogénie (excès clinique ou biologique de testostérone ou autres hormones androgènes) ;
- échographie montrant des ovaires "dystrophiques" ;
Compte tenu des symptômes décrits, il oriente ses questions sur les menstruations, l’éventuelle prise de poids. Grâce à un examen physique, il peut constater la pilosité excessive, la perte de cheveux et l’acné. Il oriente alors vers des examens complémentaires pour confirmer son diagnostic du SMOP :
- Une échographie pelvienne et/ou abdominopelvienne transvaginale, afin de visualiser si des follicules immatures sont présents en nombre.
- Un bilan hormonal en cas de suspicion de SMOP, pour mesurer les taux des différentes hormones en jeu. Cela permet d’écarter d’autres problèmes hormonaux.
- Un bilan sanguin, une fois le SMOP diagnostiqué. Il permet de déterminer si la personne présente un taux de cholestérol, de triglycérides ou de glucose excessif.
Comment traiter ou soigner le SMOP ?
Il n'existe, à l'heure actuelle, aucun moyen de guérir définitivement le SMOP. Sa prise en charge est donc strictement symptomatique et personnalisée, en fonction des signes visibles, des antécédents médicaux et des problèmes de santé éventuels. Dans tous les cas, le traitement vise à l'amélioration de la qualité de vie, la régulation du cycle menstruel perturbé et la prévention des complications métaboliques potentielles.
Traitement hormonal
Les femmes indisposées par l'hirsutisme, les éruptions acnéiques et la chute des cheveux et/ou ne souhaitant pas de grossesse se voient prescrire une pilule estroprogestative en première intention. Les effets à court terme sur la régulation du cycle menstruel sont alors visibles plus rapidement. En cas d'améliorations insuffisantes,
- de la spironolactone (diurétique) peut compléter le traitement ;
- de l'acétate de cyprotérone (anti-androgène), combiné à un œstrogène naturel, peut le remplacer.
La composante œstrogénique de la pilule contribue en effet à diminuer les androgènes circulants. Le traitement médicamenteux demeure toutefois prescrit au cas par cas, tenant compte du rapport bénéfice-risque et de l'évolution individuelle des symptômes.
Traitement contre l'infertilité
L’infertilité découlant de l'absence d’ovulation, en cas de grossesse envisagée par la patiente, le traitement aspire à la restimuler.
- En première intention : traitement médicamenteux (citrate de clomifène) ;
- Intervention chirurgicale : drilling par voie cœlioscopique abdominale (micro-perforations dans la couche superficielle des ovaires) ou vNOTES (vaginal natural transluminal endoscopic surgery) ;
- Fécondation in vitro : proposée en cas d'échec des traitements, avec une surveillance renforcée en raison du risque d’hyperstimulation ovarienne.
En cas de SMOP : prévention et hygiène de vie
Adopter une hygiène de vie saine est un élément essentiel de la prise en charge du SMOP.
Même si les causes du trouble sont multifactorielles et souvent génétiques, certaines habitudes permettent de réduire l’intensité des symptômes et de limiter le risque de complications métaboliques.
Habitudes de consommation
- Maintenir un poids de forme ou viser une perte de 5 à 10 % en cas de surpoids améliore la régularité des cycles menstruels et la sensibilité à l’insuline ;
- Privilégier une alimentation équilibrée, riche en fibres, en fruits, légumes, protéines maigres et graisses insaturées ;
- Limiter la consommation de sucres rapides, de produits ultra-transformés et de graisses saturées ;
- Envisager d'arrêter le tabac.
Activité physique
- Pratiquer une activité physique régulière : au moins 30 minutes par jour, cinq fois par semaine (marche, natation, vélo, yoga…).
- Le sport contribue à réguler les hormones, améliorer la sensibilité à l’insuline et renforcer le bien-être psychologique.
Gestion du stress et du sommeil
- Favoriser un sommeil réparateur et des horaires réguliers : le manque de sommeil peut aggraver les déséquilibres hormonaux.
- Intégrer des techniques de relaxation ou de respiration (méditation, cohérence cardiaque, sophrologie) pour réduire le stress, souvent corrélé à l’aggravation des symptômes.
Suivi médical et bilan hormonal régulier
- Consulter un gynécologue ou un médecin généraliste pour adapter le traitement en fonction de l’évolution du syndrome.
- Réaliser un bilan métabolique régulier afin de dépister précocement un diabète de type 2, une hypertension artérielle ou une dyslipidémie.
Quelles sont les complications possibles du SMOP ?
Le SMOP peut entraîner de nombreuses complications, variables selon les patientes. Outre l’infertilité, il est possible de citer :
- Des fausses couches ou des naissances prématurées en cas de grossesse ;
- Une surexposition intra-utérine à l'hormone antimüllérienne d'origine maternelle suggère, d'après certaines recherches, de potentielles anomalies de développement neuronal chez le fœtus.
- Des troubles du comportement alimentaire ;
- Un syndrome métabolique , qui associe le surpoids, la dyslipidémie, l’hypertension artérielle et un déséquilibre de la glycémie et décuple le risque de développer un diabète de type 2. Il s'agit d'un facteur de risque de maladies cardiovasculaires comme l' infarctus du myocarde.
- La stéatose hépatique non alcoolique, une inflammation du foie causée par l'accumulation de graisse dans cet organe.
- Le cancer de l’endomètre (paroi interne de l'utérus).
Pourquoi ai-je le ventre gonflé comme si j'étais enceinte ?
Plusieurs causes peuvent être à l'origine d'un ventre gonflé :
- digestion lente,
- stress,
- modifications hormonales,
- syndrome prémenstruel,
- syndrome de l'intestin irritable.
Cela peut également signifier un début de grossesse ! Le SMOP se manifeste surtout par les symptômes ci-avant listés... Cependant, le ventre gonflé peut aussi être la conséquence du syndrome métabolique, au cours duquel de la graisse s'accumule dans l'abdomen. En outre, un déséquilibre du microbiote intestinal peut en provoquer les troubles digestifs symptomatiques. Le ventre gonflé peut tout à fait avoir une autre origine. Consultez votre médecin généraliste ou votre gynécologue afin de poser le diagnostic précis de la cause.
Sources
-
Inserm, mise à jour 5/09/2024,
-
Assurance maladie, mise à jour 26/02/2025,
-
OMS, mise à jour 7/02/2025.
Cet article médical a été relu et validé par un médecin spécialiste en gynécologie au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.
Pour établir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage et avoir plus d’informations sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de prendre contact et de consulter un médecin.
Vous trouverez ci-dessous, les praticiens gynécologues au sein des hôpitaux privés ELSAN, qui vous reçoivent en RDV près de chez vous, dans l’un de nos établissements.
Auteur
Article écrit le 28/07/2023
Modifié le 07/11/2025, vérifié par Pierre Luton, journaliste expert en santé, social et référencement SEO (E-E-A-T)
💡SMOP : Questions fréquentes💡
Est-ce que le SMOP est grave ?
Le SMOP est un trouble fréquent, généralement sans gravité immédiate. En revanche, il peut entraîner une infertilité et augmenter le risque de complications à long terme (diabète, maladies cardiovasculaires), d’où l’importance d’un suivi médical.
Qu'est-ce qui déclenche le SMOP ?
Les causes exactes ne sont pas connues. Le SMOP résulte probablement d’une combinaison de facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux.
Pourquoi le SMOP provoque-t-il un ventre gonflé ?
Le gonflement du ventre ne figure pas parmi les signes courants du SMOP, et en serait plutôt un symptôme indirect. Ainsi, un cycle menstruel irrégulier peut entraîner une sensation de ballonnement. Certains cas de SMOP peuvent être nonobstant être confrontés à un surpoids localisé au niveau de l'abdomen.
Comment perdre du ventre quand on porte le SMOP ?
En cas de surpoids, une perte de 5 à 10 % du poids grâce à une alimentation équilibrée et une activité physique régulière peut améliorer les symptômes et la santé métabolique.
Quelles maladies sont similaires au SMOP ?
Plusieurs maladies peuvent provoquer des symptômes proches du SOPK (règles irrégulières, pilosité excessive, acné ou troubles de la fertilité). Parmi elles :
- hyperplasie congénitale des surrénales, maladie hormonale rare entraînant un excès d’androgènes ;
- troubles de la thyroïde ( hypothyroïdie ou hyperthyroïdie), perturbant les cycles menstruels ;
- hyperprolactinémie, excès de prolactine pouvant bloquer l’ovulation ;
- certaines tumeurs hormonales des ovaires ou des surrénales
Ces pathologies nécessitent des prises en charge différentes. C’est pourquoi le diagnostic du SMOP repose toujours sur l’exclusion d’autres causes possibles.
Comment le SMOP est-il pris en charge ? Est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Le SMOP ne fait pas partie des affections de longue durée (ALD) reconnues par l’Assurance Maladie. Les consultations, examens et traitements sont néanmoins remboursés selon les conditions habituelles. La prise en charge repose sur un suivi médical régulier et des traitements adaptés aux symptômes.
Quel est le rôle de l’hormone antimüllérienne (AMH) dans le SMOP ?
L’hormone antimüllérienne (AMH) est souvent élevée en cas de SMOP, car elle reflète un nombre important de follicules immatures. Elle constitue un indicateur utile dans le diagnostic du SMOP, sans être un critère suffisant à elle seule.
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